Friedrich Nietzsche

L'État , c'est ainsi que s'appelle le plus froid des monstres froids et il ment froidement, et le mensonge que voici sort de sa bouche : « Moi, l'État, je suis le peuple. »

Maxime Gorki

Le mensonge est la religion des esclaves et des patrons

vendredi 9 octobre 2009

GAG :
Le Caniche des armuriers reçoit le Nobel de la paix

Vaut mieux apprendre ça que d'être fait cul-de-jatte !





Quelle époque, non, mais quelle époque ! Même dans mes cauchemars les plus sinistres, jamais j'aurais cru vivre un jour sur une planète devenue si réjouissante. Quel est maintenant la proportion de socioschizophrènes autour de nous ?

J'ai regardé CNN, l'autre soir. Une demie-heure. Les Marines parlent de leurs émotions en Irak. Obama va augmenter les troupes en Afghanistan. Tsahal patrouille courageusement à Gaza. Les gentils Marines soignent les pauvres Philipines et leurs bébés. Le vilain Polanski a dévoré dix-mille bébés et a fait cuire leurs organes sexuels en se masturbant dans le drapeau SS. Personne pour démanteler les antennes ? Personne pour dire « stop ». Personne (ou alors bien peu) pour crisser son sabot dans l'engrenage ? Avant que ça aille trop loin ?

J'ai parlé la semaine dernière avec la fille d'un ancien officier SS. Ben bouhi ! Dieter avait suivi ses potes, avait rejoint le club. Ensuite, il a passé sa guerre à obéir aux ordres de la manière la plus correcte possible, en respectant les procédures, en gérant les consignes, en accord avec cette bonne vieille valeur conservatrice qu'est le désir de ne pas trop secouer la barque. Il s'est dit pendant toutes ces années que s'il longeait la grosse ligne tracée d'en haut tout irait pour le mieux, qu'il ne pourrait jamais mal faire.

Dieter a tiré, oui. Il a fermé la clôture. Il a poussé la dame dans le camion. Il a tiré encore. Puis il a pris ses vacances, est allé faire du ski, ou des confitures. Au retour, il a paradé dans Krakow pendant une heure. Il a filé un coup de crosse à un bambin. Il a fixé sa baïonnette. Il a couru vers sa position. Il a été porter trois caisses de munitions. Il a nettoyé les latrines. Il a fait le guet. Il est retourné dans sa famille, boire des pils et manger des brotwurst. Ensuite on l'a muté en Vendée, il a coulé du ciment, joué aux cartes, torturé une paysanne. Il a reçu des décorations, des récompenses, a monté en grade. Puis son unité a été déployée à Kursk, où il a abattu plus de dix bougres de l'Armée Rouge et vu cent de ses confrères déchiquetés en direct. Il a ensuite pris part à la longue, maigre, interminable, malade, sèche, infinie retraite jusqu'à Berlin. Il a fait tout ça. Il a consenti. Il a cru. Il a obéi. Il a fait son devoir. Jusqu'au bout.

Encore aujourd'hui, des gens le désignent parfois dans la rue. « Un ancien officier SS ! Oouh ! » Il s'Est obstiné à demeurer dans le même quartier jusqu'à la fin de ses jours. Il refuse de nier son passé ou d'en fuir les conséquences. Il a décidé de boire jusqu'à la lie le breuvage infâme de ce siècle monstrueux. Pas d'Amérique latine, de Californie, ou d'université Laval pour grand-père Dieter. Il aimait ses potes et les a suivis. On lui a dit de se tenir en rang et il a su le faire. Je vous entends toutes et tous, vous qui réchauffez aujourd'hui cette réplique enfantine apprise par cœur dans les sermons de l'après-guerre : « Moi, je me serais révolté. Moi j'aurais dit non. Moi j'aurais pris le maquis. » Qu'on se réjouisse. L'heure est enfin arrivée de le prouver.

31 commentaires:

Mistral a dit…

Kestu veux que je fasse, que je grimpe en selle et que je pédale jusqu'à te retrouver en Europe dans ce Maquis dont tu es le centre? Keski faut faire afin de ne pas passer pour un zombie châtré à tes yeux? Que faut-il abandonner, qui faut-il massacrer?

Maudit baptême, tu serais jamais satisfait. Pourtant, la conscience et le sens moral d'un homme lui appartiennent en propre et doivent être défendus avant toute espèce de cause politique, la Polis peut attendre qu'on s'occupe de soi avant de s'occuper d'elle, parce que ceux qui négligent cette étape attendent de la putain de Polis qu'elle s'occupe d'eux d'abord, puis pendant, puis toujours, et c'est pas d'hier que ça dure, et c'est pas près de changer non plus sans un nouveau jeu, du jus neuf and that old basic joy of living fucking free.

Misko a dit…

Je pense que nous avons besoin d'une culture de résistance afin de démanteler globalement les structures de pouvoir, et renouveler localement des relations saines et égalitaires entre nous, tous, humains et non-humains.

Mistral a dit…

Une culture de résistance, oui, mais plantée et arrosée et engraissée en chaque individu.

Relations égalitaires, Misko, non, j'y crois pas: humanitaires, oui.

Avec les non-humains, là, y a toujours un crisse de boutte, déjà que la plupart du monde donne envie à la plupart du monde de tirer dans le tas, on va pas commencer à jouer au bridge ek des poulets.

É. a dit…

L'avantage de jouer aux cartes avec des poulets, c'est qu'à la fin de la soirée on peut faire des sandwiches.

Mistral a dit…

LYES!

Chicken chicken...

Cactus homme lézard a dit…

Je sais , c'est dingue ! ( merci à Vinosse )

É. a dit…

Parlant de polis, voici un jeu !

Un groupe fait son apparition dans les années 80, portant le nom The Police. Trouvez le lien très direct reliant cette calamité culturelle à la crise Iranienne.

Je peux vous donner des indices si c'est trop dur.

:0)

Mistral a dit…

Float like a butterfly, sting like a bee!

MUHAMMAD ALI

Misko a dit…

Hahaha!
Mistral!
Crisse! Si ç'avait pas l'air fifon, je dirais que j't'adore! Hahahahaha!...aheum!...Bon! Je suis d'accord, la résistance origine en chacun, et elle s'épanouit en chacun aussi.

De ce que j'ai appris, dans bien des mouvements de résistance, c'est seulement environ 2% des résistants qui s'attaquent physiquement aux structures de pouvoir. Les autres les appuient et participent à cette culture de résistance selon leurs talents, par exemple: d'orateurs; de jardiniers; de docteurs; d'artistes; et ainsi de suite.

Autant que je sache, des cultures non-hiérarchiques et non-anthropocentristes, il y en a eu des tonnes ces derniers trois-quatre millions d'années. Et, encore relativement récemment, ici même, en Amérique du Nord - avant l'assaut de la civilisation - il y en avait encore plusieurs.

J'ai été quelques fois comme cette plupart du monde à qui la plupart du monde donne envie de tirer dans le tas. J'ai cru, à l'occasion, ce mythe civilisé qui dit que l'humain est fondamentalement fucké. Mais maintenant je pense que c'est cette monoculture mondiale qui occupe et siphonne la biosphère qui est fuckée et qui clone des fuckés.

Mistral a dit…

Ben du bon sens, Misko.

Suis tout réjoui de te rejaser. It's been too long.

Misko a dit…

Yeah, too long indeed!
:¬)

Sophie K. a dit…

Salut, cher Eric.
Plaisir de voir que tu semble aller bien, et que tu râles avec raison et de façon toujours aussi réjouissante sur les hypocrisies du monde.
T'embrasse avec amitié !
;-)

É. a dit…

Sof ! Je serai à Paris dans quelques semaines. On refait le match ?!

Gomeux a dit…

Moi, à part dedoudou-dedoudouda, je vois pas le lien entre The Police et l'Iran.
Je vais prendre l'indice, et inévitablement, je vais avoir l'air cruche, j'assumerai ma cruchitude.
Possible que je demande même un autre indice.
Enfin, une chose à la fois, n'est-ce pas.

É. a dit…

Indice : Copeland.

Gomeux a dit…

Bon.
Côlasse.
J'ai bien pris mon temps, fait la vaisselle, changer deux couches, tralala, pis je trouve pas d'autre chose que ce qu'y m'est venu en tête quand j'ai lu Copeland: État policier.
Ça fait pas de sens, vu que l'Iran est pas plus un état policier que Cleveland, Ohio, eh?
Faque.
Bon.
Tout se déroule tel que prévu.

s.gordon a dit…

Si c'était en français, je pourrais comprendre quelque chose.

Gomeux a dit…

Beau boulot, Agent Gordon.
Si je m'étais donné la peine de chercher comme du monde, aussi...

Jean-François Thibaud a dit…

Bien d'accord Éric, pour Barrack, c'est de la provocation pure.

Je viens de voir le show de Laliberté. C'est du même type de schyzophrénie.

Malgré de louables efforts, on sent que la rhétorique ne convainc pas à faire oublier les actes...

Dans le cas du space clown, au moins, y va dans l'espace au lieu de construire un casino à Montréal. C'est une nette amélioration.

Pour Baracks, hélas, encore une fois malgré la rhétorique, ça s'annonce assez laid avec la deuxième phase de la crise et la guerre totale en Afpak.

É. a dit…

Bouah… Monsieur Obama rejoint des pointures telles que Kissinger, Churchill, Wilson, Himmler… Euh… Non. Pas Himmler. Mais tout juste ! Je crois que la même année où il a été considéré, les votes ont été divisés entre lui et Goebbels.

Sophie K. a dit…

Chouette ! On refait le match, bien sûr, avec plaisir ! :-)
(Tu contactes Franswa ?
Sinon, t'as toujours mon mail ?)
A vite de tes nouvelles !
Biz, évidemment.
;-)

É. a dit…

;0)

Anonyme a dit…

js suie heuruexu dv eoir de céroulement. Oui facile, et après.

un yuppie punk rock plein de cash

Daniel a dit…

Dans l'écrasante majorité des cas ce sont les conditions politques, économiques et culturelles qui font les hommes tels qu'ils sont. Quand on étudie l'histoire il faut faire attention au "présentisme" Les hommes agissent dans les conditions de leur temps et à cet égards les allemands ne sont pas pires que les autres.

É. a dit…

Les Allemands ?! Mais, mais, mais… Je les adore, moi, les Allemands. Non, ce ne sont pas des humains, qui m'irritent le colon. Ce sont des ogres.

Daniel a dit…

Moi en tout cas j'ai adoré l'Allemagne et les allemands l'été dernier. J'ai beaucoup apprécié la grâçe et la beauté des femmes allemandes. Les villes allemandes sont le plus souvent adaptés forts bien à l'usage du vélo, qui est beaucoup profondément dans la culture populaire comme moyen de transport qu'en France. Et puis vue du train, la campagne allemande m'a semblé fort belle et m'a donné le goût de l'explorer en vélo. Et puis des médias écrits du Canada anglais comme le Globe and Mail et The National Post, tout comme The Gazette, ont salué le "virage à droite" de l'Allemagne avec l'élection de Angela Merkel. Il se sont bien entendu mis un doigt dans l'oeil, puisque dans la politique canadienne cette dame se rapproche beaucoup plus du NPD que de Stephen Harper, mais bon...

É. a dit…

Et encore ! Les chouettes pistes cyclables de France, en Bretagne, Vendée et Aquitaine, ont été élaborées par les Allemands… Quand ils étaient chez eux. C'est apparemment dans le cadre de l'érection du Mur Atlantique qu'Edwin Rommel a fait tracer le réseau. La très puissante Wermacht employait effectivement tout une panoplie de deux roues dans ses communications, au-delà de la moto side-car qu'Hollywood aime nous montrer. Vélos, vélos à moteur, mobs, etc. Les sentinelles pouvaient rouler en silence sous le couvert des arbres pendant leur ronde, sans gaspiller le précieux pétrole dont les Panzers étaient assoiffés.

Daniel a dit…

Oui tout à fait oui. Je reviens encore sur le sujet de la femme allemande... J'étais à Stuttgart, le soir dans la noirceur vers 11 heures. Je regardais de près des vélos barrés, car je me suis intéressé à la technologie des vélos allemands dans ce voyage, lorsque une femme trés charmante se pointe derrière moi. J'étais sans le savoir tout juste devant son vélo. Pas parano le moins du monde et belle comme un coeur, elle m'a souri et parlé de choses et d'autres pendant quelques minutes. Je me suis dit ah ben c'est pas une femme québécoise qui ferait ça...
Les français... c'est frappant à quel point on pense que la culture des français pour le vélo est développée alors quelle l'est si peu en comparaison des allemands. Je me souviens que lors de ma visite à Metz et à Strasbourg j,avais été frappé par les aménagements cyclables réalisés et par l,absence des cyclistes...

É. a dit…

Essaie de trouver un porte-bagage avant dans une boutique de vélo en France. En fait, c'est marrant, parce que Belgique, Pays-Bas, Allemagne, Autriche, Suisse et même Pologne sont toutes beaucoup plus vélo que la France. On a pas cette image, vu du Québec, mais faut dire aussi qu'en dehors de l'île de Montréal, nous ne sommes pas très vélo non plus !

Daniel a dit…

Au Québec et même à Montréal nous nous surfaisons une bonne réputation par rapport au vélo. Il y eu du progrès depuis les 40 dernières années, mais tout de même Montréal est encore largement une ville de char. Et puis je me souviens de ce voyage en vélo entre Montréal et les Lac-Saint-Jean en passant par La Tuque ( la ville qui interdit l'usage du vélo en hiver sur son territoire...) J'y ai croisé plus ou moins 6 cyclistes.. au retour entre Montréal et Québec sur la route de la rive sud qui longe le fleuve, j'en ai croisé plus ou moins 5 encore...

Daniel a dit…

Au Québec et même à Montréal nous nous surfaisons une bonne réputation par rapport au vélo. Il y eu du progrès depuis les 40 dernières années, mais tout de même Montréal est encore largement une ville de char. Et puis je me souviens de ce voyage en vélo entre Montréal et les Lac-Saint-Jean en passant par La Tuque ( la ville qui interdit l'usage du vélo en hiver sur son territoire...) J'y ai croisé plus ou moins 6 cyclistes.. au retour entre Montréal et Québec sur la route de la rive sud qui longe le fleuve, j'en ai croisé plus ou moins 5 encore...