Friedrich Nietzsche

L'État , c'est ainsi que s'appelle le plus froid des monstres froids et il ment froidement, et le mensonge que voici sort de sa bouche : « Moi, l'État, je suis le peuple. »

Maxime Gorki

Le mensonge est la religion des esclaves et des patrons

lundi 23 février 2009

Petit Manuel du Filoutage — en construction
(edit_3)

1- Une Rothschilade
En l'honneur de Mayer Rothschild, qui finança Napoléon avec l'argent de son adversaire le Prince William. Quelques années plus tard, c'est avec l'argent de Napoléon qu'il financera Wellington.

• IG Farben fournissant aux armées allemandes l'essence synthétique inventée par sa filiale états-unienne
• Averell Harriman employant le manganèse russe pour fondre l'acier de l'armée nazie
• Les Panzers allemands remplissant leurs moteurs GM de pétrole Standard (Exxon-Esso) pour foncer sur des soldats, ouvriers de Détroit dans le civil

2- Une Mayerade
Mayer Rothschild est encore à l'honneur pour ce filoutage monstre. Le petit Mayer laisse savoir à tous les spéculateurs de la bourse de Londres qu'il observe de près les batailles napoléoniennes. Lorsque la nouvelle du résultat de Waterloo lui parvient, il prend un air désespéré et fait mine de vendre tous ses bons du trésor britannique. Les spéculateurs en déduisent que Napoléon a remporté la bataille et que l'Angleterre vit ses dernières heures.
Une panique s'en suit, au cours de laquelle les titres chutent jusqu'à des valeurs avoisinant zéro. Des agents de Rothschild rachètent discrètement tout ce qu'ils peuvent en fin de journée. Voilà une conquête propre et joyeuse, l'État de l'Angleterre appartient désormais aux Rothschild.
• Le crash de 1929, grâce auquel la Federal Reserve s'empare des deux tiers des fermes du mid-west

3- Une Rockefellade

Consiste à détruire la concurrence en avalant son ennemi. Qui est placé devant deux possibilités, être détruit par la force, ou se joindre au trust… par la force. L'intégration est tenue secrète et la nouvelle molécule de l'organisme infiltre pernicieusement son réseau avant la prochaine attaque. À la fin, la pomme appartient au Trust dès l'apparition du bourgeon et ne change pas de mains entre la branche et la compote dans l'assiette du client.
• Les exemples sont innombrables, c'est devenu le tissu même de la haute finance

4- Une Stalinade
Ça commence par l'assassinat, idéalement sordide, d'un adversaire, ou même d'un ami. Dans un deuxième temps, on pleure la disparition de l'héroïque et courageux trucidé. Troisième étape, on procède à l'arrestation spectaculaire des alliés, amis et proches de la victime, qu'on parvient à faire avouer publiquement (sous la menace ou la torture) leur participation dans le meurtre original.
• Edwin Rommel
• John Fitzgerald Kennedy
• Saddam Hussein

5- Un Reichstag
Le parlement Allemand est incendié par les nazis, qui accusent leurs ennemis du méfait. Cet événement justifie la disparition de l'État de droit.
Le Lusithania
• Pearl Harbor
• Les bébés koweitiens
• Le 11 septembre 2001

6- Une Gamelinade
Il s'agit toujours d'un subtil coup d'état. L'état major français, mené par le général Maurice Gamelin (47 ans d'expérience de commandement), commet en 1940 une erreur défensive équivalente à oublier de baisser son pantalon avant d'aller à la selle. Il dispose ses troupes selon une formation qu'il convient d'appeler « canards à la fête foraine », en une longue ligne bien mince et étendue, sans réserves à l'arrière. Les blindés allemands foncent sur Albertville au Sud et sur la Manche au Nord avant prendre tout le front à contre-pied. La France est livrée pieds et poings liés à Hitler. Un million de soldats sont pris en souricière dans la plus invraisemblable, la plus fantastique, la plus stupéfiante gaffe militaire de toute l'histoire de l'humanité. Voyons le manuel Principes Fondamentaux de Stratégie Militaire de Carl Von Clausewitz. Dans la section Principes Généraux, en tout début d'ouvrage, le second point se lit comme suit : Ne pas engager toutes ses troupes dans le combat à la fois. Ce serait la fin de toute sagesse dans la conduite du combat ; car seules les troupes que l'on a en réserve sont encore à même de changer la tournure du combat. Ce principe défensif date de l'époque d'Alexandre Le Grand et quiconque voudrait prétendre que l'état-major français n'en avait jamais entendu parler nécessite une longue cure à l'ombre sans mojito. Une Gamelinade indique qu'une forte proportion de la direction militaire d'un front travaille pour l'adversaire.
• La défense farouche de Baghdad par les féroces et aguerris membres de la Garde Républicaine de Saddam Hussein en 200
7- Une Bernaysade
Consiste simplement à inventer un groupe d'« experts » dont le rôle sera de berner le public en lui disant exactement le contraire des faits ou en détournant ceux-ci de manière subtile, de façon à vendre un produit ou une idée. Edward Bernays avait compris que si un type en blouse blanche nous conseillait de mettre feu à notre chevelure, ça nous paraîtrait intelligent. Ce sont donc ses associations de médecins et de dentistes qui ont juré que telles ou telles cigarettes étaient encore meilleures pour la santé que les autres marques. Ce sont les mêmes groupes qui ont reçu ensuite la tâche de vendre le fluorure, il ne faut donc pas s'étonner de retrouver celui-ci dans nos dentifrices.

8- Une Double-bernaysade
Ce phénomène de plus en plus répandu survient quand, faute d'opposition, un panel d'« experts » payés par un groupe se retrouve opposé à un autre panel d'« experts » payés par le même groupe. Ça devient compliqué, mais voici un exemple : La compagnie Croque-Mitaine-Corp. kidnappe les petits enfants et les donne à manger à ses grosses machines assoiffées de sang. Un panel d'experts est chargé de prétendre que c'est sans danger, tandis qu'un autre panel d'« experts » est chargé de lutter contre cette pratique en prônant de jeter plutôt les personnes âgées devant le métro. Lorsqu'ils se retrouvent à la télé, les deux groupes font semblant de se détester copieusement et le « groupe protestataire » tâche d'avoir l'air d'une bande de dingues extrémistes et mal renseignés. Une double-bernaysade très réussie peut fonctionner à plein lorsque certains membres du groupe protestataire sont si stupides qu'ils ignorent pour qui ils bossent et sont tout bonnement convaincus des arguments invraisemblables qu'on leur a fait apprendre par cœur.

9. Une Zaharoviade
Le rôle historique de Zaharov a été grandement exagéré par certains. Il n'était en somme qu'un simple filou spécialisé dans la vente de machines meurtrières. Mais il faut bien lui donner le nom d'une manœuvre spectaculaire accomplie pour la première fois au début du siècle, mais reprise depuis à des centaines d'occasions avec un franc succès. C'est donc en 1880 que Zaharov débute vraiment sa carrière de marchand d'armes. Il représente alors le fabricant d'armes Thorsten Nordenfelt, pour le compte duquel il vend un des tous premiers sous-marins de l'histoire. Il convainc le gouvernement grec d'en acheter un. Il court ensuite voir les voisins les Turcs, qu'il prévient du danger que représente cette menace pour leur flotte. Ils en achètent deux. Il repart aussitôt voir les Russes, à qui il brandit le spectre d'une armée invisible prête à pulvériser leur flotte dans la Mer Noire. Le Tsar en achète deux pour ne pas être en reste. En fin de compte, ces sous-marins ne fonctionnaient pas et le seul test de tir effectué par les Turcs a fait instantanément couler le vaisseau. Victor Ostrovski raconte une manœuvre israélienne absolument identique impliquant le Sri-Lanka, l'Indonésie et l'Inde, dans son livre Mossad.
• La crise des missiles Scud et des Patriots
• La Ligne Maginot et la Siegfried
• La guerre froide

25 commentaires:

Misko a dit…

Une autre perle.


:¬)
Miss Co.

É. a dit…

:0)
Je vais lentement perfectionner cette section… Jour après jour.

Daniel a dit…

En ce qui concerne ce sacré Gamelin, tu avances sur un terrain glissant. Fonciérement tu avances des éléments circonstantiels, mais sans plus. Nous nous entendons sur l'incompétence de l'état major français en juin 1940, mais de là à conclure à la trahison de Gamelin c'est autrte chose. C'est De Gaulle qui était l'homme de la situation. Il avait compris de quoi serait fait la guerre nouvelle, tandis que fonciérement les dirigeants militaires français de l'époque en étaient encore à l'esprit de la guerre de 14.

É. a dit…

Cher Dan, c'est l'explication officielle et elle est farfelue. Disposer d'un million d'hommes et ne pas garder quelques divisions pour colmater les brèches, ça ne s'est pas vu depuis l'antiquité.

Daniel a dit…

Ok mais encore là ce sont des éléments circonstantiels. La drôle de guerre avait ramolli le front militaire français qui se voulait résolument défensif. Ils n'avaient pas réalisé à l'époque la nécessité d'employer les chars en des unités compactes appelées division blindée, ni non plus imaginé l'impact dévastatewur des opérations combinées char-aviation. La ligne Maginot a englouti des sommes colossales alors qu'elle était stratégiquement dépassé. Elle a fourni un temps une illusion de sécurité. Autre détail, cette stratégie défensive à outrance a amener l'État major français a refuser d,attaquer l'Allemagne alors que l,essentiel de ses troupes se trouvait occupée à envahir la Pologne. L'offensive par les Ardennes est une idée brillante de Von-Manstein. Le passage par les ardennes était considéré impensable par les hauts gradés militaires français. Ce fasisant les allemands ont pris un énorme risque, leurs forces blindées étant disposées en longues colonnes vulnérables aux attaques aériennes à l'orée des ardennes. Mais comme nous le savons le risque à payé.
Si vraiment il y a un traître à trouver c,est Pétain, qui a demandé avant même la signature de l'armistice et sans directive politique claire en ce sens: ' C'est le coeur serré que je vous ordonne de cesser le combat'. Alors que encore une fois De Gaulle souhait poursuivre le combat à partir d'outre mer s'il le fallait. D'ailleur l'appel de juin 1940 fait par De Gaulle est d'une lucidité inouie considérant la grande confusion qui régnait dans les esprits en France et à cette époque et l'ampleur de la raclée infligée par l'armée allemande à l'armée française.

Poisson Pêcheur a dit…

moi, j'ai entendu dire que plus ou moins directement, Hitler était arrivé au pouvoir, ou plutôt, avait pu le conforter grace à l'influence de la banque de France de l'époque, et que la non-intervention française en espagne au temps du front populaire, avait elle aussi été influencée par cet organisme. pour aller plus loin, l'armée républicaine espagnole, qui était pourtant supérieure en nombre au départ, aurait été affamée parce que la banque de france avait refusé de lui donner accès a ses réserves d'or. c'était pourtant les réserves de la république espagnole, et donc, du peuple espagnol républicain qui était entre ses mains. j'arrête là, parce que j'ai l'impression que mes efforts ne servent à rien, et qu'en plus, vu la tronche du mot de passe qu'on me demande afin de pouvoir valider mon commentaire, et qui me parait plutôt explicite, ça devient sacrément ardu de penser qu'en voulant ne pas faire de conneries, pour une fois... ben c'est comme si j'étais sam lowry dans brazil, là. paumé dans le vert-rouge.

Daniel a dit…

Bien essayé monsieur le poisson-pêcheur. La veûlerie des puissances occidentales européennes dans cette guerre civile est bien connue. Ils en ont récolté plus tard le fruit amer. Hitler n'a pas hésité à y tester de son matériel de guerre et certaines de ses tactiques, notamment le bombardement de masse. N'oublions pas aussi que le Comité international olympique a accordé les jeux de 1936 à l'Allemagne nazie. Ce qui devrait suffire à discréditer ce mouvement aux yeux des esprits lucides jusqu'à la fin des temps. Mais là on s'éloigne de ce sacré Gamelin....

É. a dit…

On dit que Gamelin n'a pas bombardé l'Allemagne par crainte d'une riposte. Je me marre.

On dit que Gamelin, qui fut considéré comme un des plus brillants officiers tactiques d'Europe, a mal coordonné la défense des plats pays, où personne ne savait qui commandait. Je me bidonne.

On dit que Gamelin et son état-major étaient techniquement dépassés alors même que Leclerc faisait partie des principaux inventeurs de la stratégie blindée et que les constructeurs français détenaient une forte avance au niveau du tout-terrain. Je me fends la gueule.

On dit que les Français avaient du retard au plan de l'aviation, oubliant par le fait même qu'ils en sont essentiellement LES INVENTEURS, des faucheurs de marguerites à l'aéropostale et que leurs forces aériennes étaient d'une efficacité au moins égale à celles de la Luftwaffe et de la RAF. Je me tape les cuisses.

On dit que c'est la syphilis qui lui a coûté sa lucidité. Laissez-moi remettre mon dentier.

Gamelin est d'ailleurs relevé le 9 mai, mais son remplaçant (Weygand grand stratège de la reddition) n'est désigné que le 19. Pendant 10 jours, en plein blitzkrieg, la France ne sait pas qui commande l'armée. Comment ne pas croire à un marché ? Hitler ne profite pas de l'occasion pour écrabouiller les troupes encerclées. À part quelques raids aériens très inefficaces, on permet à 400 000 soldats alliés de prendre le chemin de l'Angleterre.

Puis, la droite est terrifiée par le prolétariat français. La banque centrale fait sa part en détruisant le franc… Mais Blum, socialiste et juif, exacerbe les pires giclées de bile réactionnaire :

Charles Maurras écrit dans L'Action française du 15 mai 1936 : « C'est en tant que juif qu'il faut voir, concevoir, entendre, combattre et abattre le Blum. Ce dernier verbe paraîtra un peu fort de café: je me hâte d'ajouter qu'il ne faudra abattre physiquement Blum que le jour où sa politique nous aura amené la guerre impie qu'il rêve contre nos compagnons d'armes italiens. Ce jour-là, il est vrai, il ne faudra pas le manquer. »

Les Ligues, les Croix-de-feu, le Faisceau, le parti Solidarité Française, copie du NSDAP de Hitler (dont le leader est justement chef du gouvernement au moment de la capitulation).
Non. Une grande partie du sommet de la pyramide sociale franchounette sympathisait avec les nazis et c'est avec une complaisance et un cynisme condescendant à la limite du supportable qu'ils ont envoyé leurs troupes à la boucherie de manière si éloquente. Quelques heures après la capitulation, le président de Ford France atterrissait à Berlin, triomphant, et envoyait un télégramme réjoui à la maison mère.

Daniel a dit…

Il est clair que cette défaite cinglnnte est attribuable au fait que la société française était profondément divisée au moment du conflit. Ce malaise social est trés parceptible dans un film comme Quai des brûmes. Et qu'il s'est trouvé des français pas trop malheureux de cette défaite. La compétence des généraux français à cette époque était largement surestimé. Nous pouvons continuer à débattre longuement sur ce sujet. Ce sera sans fin....

É. a dit…

OK.
Coupons court.

Voici mon building 7 sur la question : Un traité défensif d'assistance mutuelle liait la France et l'Angleterre à la Pologne. DEUX pays envahissent la Pologne en septembre 1939, l'Allemagne et la Russie. Comment se peut-il que les alliés entrent en guerre en invoquant le traité défensif, mais ne déclarent pas la guerre à la Russie ?

Daniel a dit…

Allons y...
Nous savons qu' un tel traité d'assistance mutuelle existait aussi entre la Tchéchoslovaquie, la France et l'Angleterre. Nous savons aussi ce qu'il en est advenu. Ce traité était dirigé contre l'Allemagne et non pas contre la Russie. L'invasion de la Pologne par l'Allemagne était l'action devant laquelle désormais la France et l'Anglterre ne pouvaient plus reculer. Aussi bien avant cela, la France n'a pas bougée quand Hitler a réoccupé la Rhénanie.
L'invasion de la Pologne par l'URSS est venue aprés la déclaration de guerre faite par la France et l'Angleterre à l'Allemagne. Ça crevait les yeux que le pacte Ribbentrop-Molotov ne tiendrait pas la route. Dans les guerres, il arrive que les amis de nos ennemis ne soient pas nécessairement nos ennemis aussi. Le cas des italiens dans les Balkans est révélateur à cet égard, parce qu'ils ne massacraient pas les juifs ou quelque autre population opposée à l'allemagne nazie, même si cette derniére était en principe l'alliée de l'italie mussoilinienne. Est-ce que par exemple les alliés ont déjà été en guerre contre la Finlande, alors qu'elle a éré l'alliée de l'Allemagne pendant 4 ans.
Il arrive aussi qu'en cours de conflit il y a des renversements d'alliance comme nous le savons. Dans les guerres tout n'est pas d'une logique arithmétique...

É. a dit…

Tu pars du point de vue dix-neuvièmiste qui considère les pays comme des entités dotées de volonté et de personæs propres. Dans cette optique, tout est explicable selon les décors de carton de l'histoire officielle. Mais il n'en est, à mon avis, rien. Les deux guerres mondiales ont été des affrontements de classe, des guerres mettant aux prises des joueurs d'échecs milliardaires dont les pions de chair et d'os étaient la population mondiale, prise au piège, comme aujourd'hui.

Daniel a dit…

Je me doute bien que tout n'est pas si simple et que les pays en question ne sont pas des entités homogénes, mais il y a une régle de base qui demeusre: c'est la volonté de puissance des États. Ne doutons pas un seul instant de la saloperie de ces guerres. Des hommes ont été "entrappés" par millions et envoyés à la mort. C'était pour eux d'un désespoir absolu. Vous êtes dans l'armée stalinienne sous-équipée et sous entraînée en août 1941. Vous avez ordre d'attaquer l'ennemi qui vous faûchera presque à coup sûr dans les prochaines heures. Et si vous refluez des mitrailleuses situées dans votre propre camp vous zigouilleront. Et ainsi de suite. La CSST est contre de telles pratiques....
Les guerres sont des situations extrêmes dans lesquelles les sociétés se révèlent telles qu'elles sont. J'ai sur mon mur de cuisine une photo en apparence anodine. Elle date de Noêl 1914. On y voit des soldats anglais et allemands qui ont improvisés localement une tréve. Il est touchant de voir ces hommes fraternisér en considérant que la plupart de ceux qu'on voit sur la photo seront morts ou sévèrement blessés au cours des prochaines semaines. Et que ce sont ceux qui fraternisent qui vont se tirer dessus.
Voir aussi le trés beau film de Stanley Kubrick: Path of Glory.
Bien de saloperies quoi....

louisp a dit…

"Mais il n'en est, à mon avis, rien. Les deux guerres mondiales ont été des affrontements de classe, des guerres mettant aux prises des joueurs d'échecs milliardaires dont les pions de chair et d'os étaient la population mondiale, prise au piège, comme aujourd'hui."

Marx sort de ce corps!
L'histoire n'est pas que luttes des classes.
De toute façon si c'était vraiment le but de riches milliardaires d'appauvrir le "prolétariat" avec les deux guerres mondiales...et bien ils se sont fourrés le doigt dans l'oeil. À ce que je sache les "ouvriers" ne sont pas plus pauvres qu'ils l'étaient au début du XXe siècle(j'inclus également la pauvreté relative). Les gouvernements ont des lois qui protègent les travailleurs et leurs donnent des "avantages" que des gens en 1914 auraient probablement jamais imaginés. Donc...ils ne sont pas très efficaces tes milliardaires pour contrôler les gouvernements...surtout quand leur but était de nuire aux travailleurs.

Solidairement vôtre ;-p

ps. Je suis d'accord avec toi pour Barrick Gold...une première!!

Misko a dit…

É., me permettrais-tu d'afficher ta citation sur mon blog?:

"Les deux guerres mondiales ont été des affrontements de classe, des guerres mettant aux prises des joueurs d'échecs milliardaires dont les pions de chair et d'os étaient la population mondiale, prise au piège, comme aujourd'hui."

louisp, je fais peut-être chier en disant ça, mais tout ce que cette citation implique est vérifiable. Et en cherchant, on ne peut, à mon avis, qu'en arriver à cette même conclusion.


-Misko

É. a dit…

Misko, j'en serais honoré, évidemment.

Cher Louis, je ne dis pas que TOUTE l'histoire est lutte de classes. Mais les deux guerres mondiales du vingtième siècle l'ont été à 100%. Googlez donc « British in Baku », juste pour commencer. Si vous n'avez pas encore compris que les dettes des États viennent de là, vous allez devoir réorganiser vos loisirs pour faire place à un programme de lecture intensif. Laissez tomber l'Actualité et le Reader's Digest. Je propose une douche de Sutton (puisque vous êtes de droite et lui aussi), suivie d'un petit voyage chez Quigley. Ensuite, je vous brancherai sur du stock plus lourd.

Marx ? Martineau, sors de ce Louis ! Ce genre de gag confine à la démagogie, et surtout, prête le flanc à toutes les répliques.

On peut accuser Karl Marx de beaucoup de maux (et de myopie socio-politique), mais à ce que je sache, personne n'a encore réussi à réfuter l'analyse économique de Das Kapital. Qu'en faire, voilà la question. Qu'en faire.

Par contre, ce qui me crisse le feu dans votre commentaire, mon cher Louis, et je ne me retrouve pas souvent le feu au cul ainsi, moi qui pourtant consomme du harrissa comme d'autres du lait dans leurs cérérales, c'est cette asti de câlisse de connerie cent quatorze mille fois répétée chaque heure dans les grands médias patronaux, selon laquelle les gains arrachés par deux cent ans de lutte ouvrière sont attribuables à la bonté des capitalistes. Je n'en dis pas plus, je ne pourrais que regretter mes propos. #&#%@&#%&%@#&%&%&*#!$!*#&&*!

Daniel a dit…

La guerre.... puisque nous y sommes.
En ce qui concerne la premiére guerre mondiale nous pouvons dire que la paix a été mal faite et il y en aurait vraiment long à dire la-dessus. Disons que les germes de la seconde guerre ont été plantés par le traité de Versailles de 1919. Encore une fois je vais simplifier à outrance. L'Allemagne perd la guerre. Il y a chez beaucoup de ses militaires de tous rangs non pas l'impression d'une véritable défaite, mais plutôt l'impression d'avoir été trahi, par les juifs par exemple, comme le veut la démagogie nazie. Ils sont des millions de militaires démobilisés à avoir le cerveau "scrappé" qui se ramassent dans les années 20 dans une économie en ruine et avec l'hyper inflation. Ils sont la base de ce qu'on a appelé les Corps francs. Ce sont eux qui zigouilleront le soulévement spartakiste de 1919. Fait général, nous tendons à oublier à quel point le fait de faire la guerre scrappe les cerveaux. Passer 4 ans à tuer d'autres hommes n'est pas sans laisser de sérieuses séquelles psychologiques. Cette folie, ce mal de l'âme non guérie chez des miullions d'hommes est un des causes de la montée du nazisme.
J'y reviendrai...

É. a dit…

Les trois prochains chapitres du Mauvais Siècle vont ébrécher pas mal de tes certitudes, mon cher.

louisp a dit…

"On peut accuser Karl Marx de beaucoup de maux (et de myopie socio-politique), mais à ce que je sache, personne n'a encore réussi à réfuter l'analyse économique de Das Kapital. Qu'en faire, voilà la question. Qu'en faire."

En fait oui...et ça fait même très longtemps que l'analyse économique de Das Kapital a été réfuté. Je vous suggère de vous renseigner sur les "marginalistes". Bref, le gros problème de l'analyse de Marx est la "valeur"(c'était également un problème de l'analyse de Adam Smith…donc ce n'est pas nécessaire de me parler d'Adam Smith...il était dans le champ aussi). La "labor theory of value" de Marx est erroné. D'un point de vue de l'analyse économique, elle n'est même pas très bonne pour prédire les prix moyens des biens et services. Et comme guide moral sur le capitalisme, elle n'est d'aucune utilité car cette théorie ne peut distinguer entre ce qui est réellement de l'exploitation et l'accroissement de la valeur par ingéniosité, travail, sacrifice (investissement personnel). Tout accroissement de la productivité moyenne du travail au dessus du salaire réel est nécessairement de l'exploitation selon Marx...ce qui est logiquement ridicule et un très mauvais outil d'analyse pour répondre à des questions d'ordres morales, du moins sur le capitalisme. (si vous voulez une petite illustration de ceci, je vous invite à regarder cette page: http://delong.typepad.com/sdj/2005/04/lire_le_capital.html )
Également, notre ami Marx ne connaît pas le principe des rendements marginaux décroissants. Une grosse partie de son analyse est basé sur un rendement constant du capital. Ce qui est faux en général et ne pas l’inclure dans l’analyse du système capitalisme induit en erreur l’individu qui utilise un cadre « marxiste ».

Je ne dis pas que tout de Marx est inutile. Sa contribution à l’histoire de la pensée économique est énorme. Par contre son cadre d’analyse économique n'est pas très bon pour l’application que l’on veut en faire.

``Par contre, ce qui me crisse le feu dans votre commentaire, mon cher Louis, et je ne me retrouve pas souvent le feu au cul ainsi, moi qui pourtant consomme du harrissa comme d'autres du lait dans leurs cérérales, c'est cette asti de câlisse de connerie cent quatorze mille fois répétée chaque heure dans les grands médias patronaux, selon laquelle les gains arrachés par deux cent ans de lutte ouvrière sont attribuables à la bonté des capitalistes."

Je n'ai jamais dit ça. C'est complètement ridicule d'affirmer ceci. Ce que j’ai dit est que si votre hypothèse que le but de ces milliardaires était d’affaiblir le prolétariat par les guerres mondiales du XXeme siècle et bien… c’est un échec retentissant pour les milliardaires.
Mais affirmer que tous les gains des travailleurs sont uniquement dus aux luttes ouvrières relève également de la pure naïveté. Bien sûr ces luttes ont contribué à l’accroissement des conditions de vie des travailleurs, mais il ne faut pas oublier le rôle qu’ont joué le processus politique (bref, les gens, même non-syndicaliste, trouvait que l’assurance-emploi était une bonne idée), la concurrence et les gains de productivité.
Je pense d’ailleurs que c’est ça le problème lorsque l’on tente d’expliquer quoique ce soit part le prisme de la lutte de classe. Ça simplicité aveugle et c’est la vérité qui en souffre.

Mendelien a dit…

Cher Monsieur Louis.

Votre intervention a eu le mérite de me faire réfléchir toute la journée avant d’intervenir sur ce blogue.

Je ne suis pas économiste et ne connais de Marx que les grandes lignes, ayant lu des extraits du capital et des résumés. Je suis allé voir l’argumentaire des « marginalistes ». Donc je cite.

“Marx's labor-theory-of-value-schema makes no distinctions between profits on capital that have their origins in luck, theft, and choosing the right parents on the one hand; and profits on capital that have their origins in sacrifice, industriousness, or flashes of genius on the other. They are all, to Marx, "exploitation," "unjust enrichment," "extraction of surplus value." They are all, to Marx, signs of evil. But in this particular example the proprietors are, in reality, not evil. The proprietors are, in reality, public benefactors. The effect of their savings and investment is to raise not just their own incomes (after an extended period of sacrifice) but everyone else's incomes as well.

Thus the labor theory of value category of "exploitation" does not map onto what either ordinary language or our moral intuitions call "exploitation."

If you want to make a compelling criticism of economic and social relationships, you cannot do so by saying that there is Marxian "exploitation"--which exists wherever workers are paid less than the average product of labor. You have to, instead, inquire into the origins of the wealth and property rights on which the proprietor class's income is based.

Dans ma grande naïveté, j’ai du mal à comprendre la raisonnement. La théorie de Marx ne fonctionne pas parce que dans son assertion : « Tout accroissement de la productivité moyenne du travail au dessus du salaire réel est nécessairement de l'exploitation» il ne tient pas compte du facteur de privatisation pour accumuler le capital de départ ni ne rend compte du coup de génie individuel, qui, si je comprends bien, doit nécessairement être récompensé unilatéralement au dessus du salaire réel et sans plafond. Tout cela dans un contexte où le capitalisme fonctionne avec le principe d’externalisation des pertes dans l’environnement et dans la communauté. Bien d’accord avec le questionnement sur l’origine du capital de départ. Mais n’y a-t-il passe lieu de se poser « aussi » la question sur le fonctionnement de cette roulette russe d’exploitation exponentielle ? En quoi, les prétendue lacunes dans son raisonnement en font un outil de compréhension si innéficaces qu’on ne puisse s’en servir comme base de discussion? Tout ceci après 50 ans de schizophrrénie planêtaire sous les injonctions quasi-bibiliques de la bonne parole de Milton Friedman et de ses tristes sbires de Chicago qui nous ont donné les bulles spéculatives à répétitions, les faillites de tous les états et les dictatures les plus « nihilistement » sanguinaires de l’histoire.

Quand au phénomène des « facteurs marginaux décroissants » dont Marx ne tiendrai pas compte, c’est du même acabit, dans mon esprit simpliste, à savoir que le retour proportionnel à la communauté étant absent dès le départ, le fait que le modèle est totalement anthropique, le capital cherche à faire payer les salariés d’autant plus que le facteur marginal est décroissant.

Bref toute cette discussion eu pu être très stimulante, si dès le départ, vous n’aviez pas commencé votre diatribe par cet horrible « Marx, sortez de ce corps ».Quand bien même l’argumentaire tiendrait la route, le seul fait de badiner sur Marx en ces temps d’apocalypse économiqu , comme il est à la mode de le faire , encore, chez les les intellectuels en frappant sur un cheval mort, a de quoi me faire dresser les cheveux sur la tête.

En tout cas, pour ma part, malgré nos différends, je n’aurais jamais le mauvais goût de vous sortir un « Milton Friedman » sortez de ce corps. J’essaie de ne pas être en colère mais je refuse de m’attrister de ce genre de discussions.

louisp a dit…

Vous auriez pus me traiter de Milton Friedman…j’ai déjà été traité de bien pire. Mais si, j’ai brusqué quelqu’un, je m’excuse. J’ai également eu un épisode d’érection capillaire lors de la lecture du commentaire de É. Bref, c’est incroyablement réducteur d’affirmer que la cause des deux guerres mondiales est la lutte des classes. Y-a-t’il eu des intérêts qui ont profités de ces guerres bien sûr…ceci n’équivaut pas à la causation. Probablement comme chaque événement, il y a une multitude de causes et généralement celles-ci ne sont pas tous indépendantes. Mais bon…mes références historiques sont probablement trop officielles.

Pour ce qui est de Milton Friedman, il faut un peu démanteler l’épouvantail que certains, dont cette chère Mme Klein, ont brillamment construit autour du personnage. Son importance au sein de la profession(économiste) vient de sa réussite à expliquer la crise économique des années 70. Bref, des choses que le modèle keynésien ne faisait pas très bien. Il était également un excellent vulgarisateur scientifique et a trouvé un auditoire à l’époque ou les gouvernements accumulaient les échecs. En général, on associe Milton Friedman au désengagement de l’état. Ce qui est amusant, c’est qu’il accordait pourtant beaucoup d’importance au rôle de l’état. Selon lui, la crise des années 30 était due en partie à la trop petite intervention de la banque centrale américaine (à l’époque les règles de la banque centrale étaient plus contraignante…je suis sûr que c’est la faute des Rockefeller si elles ne sont plus là…ok d’accord… je suis sarcastique). Également notre cher Friedman était un grand promoteur de l’idée du revenu minimum garanti…ce qui est une intervention étatiste assez importante. Mais peu importe. Il sera bien sûr toujours associé au message que le gouvernement est rarement bien placé pour faire des choix à la place des individus(ou à Pinochet pour la gauche..guilty by association) pour la simple et bonne raison qu’elle ne pas l’information nécessaire et ne pourra jamais faire un bon travail dans ce sens. Ce qui n’est pas nécessairement faux.

Par contre, je vais peut-être vous rassurer en vous affirmant qu’académiquement il reste très peu de l’influence de Milton Friedman en science économique. Peu après l’apparition des monétaristes(Friedman et autres), il y a eu la « Lucas critique » et bref d’autres branches de la macroéconomie ont été développées. Dès la fin des années 80 la théorie monétariste a perdu beaucoup de son influence et est devenu quasiment inexistante au moment où l’on se « parle ». Ce qu’il reste de Milton Friedman est ce qu’on appel le « permanent income hypothesis ». L’idée est que les gens vont tenter de lisser leur consommation à travers le temps (ce qui a, bien sûr, été confirmé empiriquement). Bref, si je vous donne 1 millions de dollars maintenant, il y a de bonne chance que vous l’épargniez. Par contre, la théorie originale de Keynes affirmait que si je vous donne de l’argent vous allez la dépenser entièrement immédiatement. C’est pour cela que généralement, les économistes vont rarement suggérer une immense baisse d’impôt ou un transfert monétaire aux ménages si vous voulez stimuler la demande car en général les gens vont épargner une partie de ce montant. Ce qui va réduire l’effet de l’intervention. En fait, seulement ceux qui sont excessivement endettés et avec très peu de revenu agiront de la façon que Keynes avait prévu.


Je reviendrais sur Marx et la privatisation plus tard(1 jours ou 2).

Poisson Pêcheur a dit…

la base du changement commence par soi. restant fidèle au "you'd better free your mind instead" stipulé par john lennon dans le tube des beatles sorti en 1968 sous le nom de "revolution", je persiste dans la voie du pinar-fromage-de-chèvre + user-de-ses-membres-inférieurs-au-moins-dix-minutes-par-jour, pour le moment. les mots de passe restant toujours autant "interprétables".

Mendelien a dit…

J'aime bien la phrase : "Par contre, je vais peut-être vous rassurer en vous affirmant qu’académiquement il reste très peu de l’influence de Milton Friedman en science économique."

Je suis vraiment super rassuré. Premièrement que l'expression "science économique" soit encore utlisée. (Il faut dire qu'au moyen-âge on appelait science de la médecine l'art de pratiquer la saignée.) Et deuxièment de savoir que l'existence des chicagos boys de Milton Friedman, ce n'était qu'une illusion, une histoire de bonne femme de gogoche à la Naomie Klein.

J'aime bien aussi la phrase qui associe Milton au "désengagemnet de l'état". Ce n'est pas du désengagement dont on parle, mais de la déréglementation. Les chicagos boys sont les champions du BS de riches comme on dit familierement.

J'aime aussi

Il sera bien sûr toujours associé au message que le gouvernement est rarement bien placé pour faire des choix à la place des individus (...) Ce qui n’est pas nécessairement faux.

Ce qui n'est pas "nécéssairement vrai" non plus quand ces "individus" en sont rendu qu'ils financent l'effacement de leurs dettes toxiques des dérivatifs de trillions de dollars (crée par les couches de bulles spéculatives successives) à même les impôts futurs des citoyens (Mais à court termes par les prêts des banques centrales aux gouvernements qui leur prêtent en retour dans un mouivement circulaire surréalsite) et en créant des bad banks où ces produits toxiques seront garanties par le gouvernement.
Milton Friedman, désengagement de l'état !!! Laisses-moi rire.

Je termine avec une citation de Michael Hudson

For Wall Street, free markets are “free” of public regulation against predatory lending; “free” of taxing the wealthy so as to shift the burden onto labor; “free” for the financial sector to wrap itself around the “real” economy like parasitic ivy around a tree to extract the surplus.

É. a dit…

Sans compter le fait que juridiquement, Blackwater et Carlysle sont des « individus » dont les droits et libertés sont garantis et inaliénables…

Land of ze free, home of ze brave.

louisp a dit…

"Je suis vraiment super rassuré. Premièrement que l'expression "science économique" soit encore utlisée. (Il faut dire qu'au moyen-âge on appelait science de la médecine l'art de pratiquer la saignée.)"

Ce commentaire illustre beaucoup plus votre ignorance sur ce qu'est un économiste ou qu'est-ce que les sciences économiques que d'autres choses. Y-a-t’il un aspect normatif à la science économique? Bien sûr, mais ce n’est généralement pas ce que font les économistes. En fait c’est probablement la science sociale qui utilise le plus les méthodes empiriques pour valider ou démolir des hypothèses qui proviennent de modèles théoriques. La formation en économie est très axée sur les méthodes quantitatives et elles sont un des outils les plus utilisées par les économistes. C’est en effet amusant que vous souleviez la médecine, car sur les méthodes quantitatives la médecine n’a pas la meilleure des réputations. Un exemple amusant de ceci est un médecin, un peu exaspéré de sa profession, a fait une étude en utilisant les mêmes méthodes que certains de ces collègues et a prouvé que votre signe astrologique augmentait votre chance d’avoir une fracture de l’humérus (http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/16895820) . Ce qui est amusant, c’est qu’une erreur comme celle-ci ne passerait jamais l’étape du « peer-review » en économie car n’importe quel étudiant de première année de bacc en économie(2eme pour nos amis anglais) sait très bien ce qu’est-ce qu’un « joint test ».
De plus, d’autres branches se sont rajoutées aux cours des années dont l’économie béhaviorale( bref psychologie+économie) et la neuro-économie( bref biologie du cerveau+économie) pour en nommer quelques unes. Bien que les résultats de l’économie béhaviorale ne semblent pas nécessairement être présents à l’échelle d’une société mais plutôt confinés aux laboratoires(voir l’article dans Science de Steven D. Levitt), cela permet de peaufiner les modèles théoriques.
Bref, si vous ne trouver pas que la science économique ne correspond pas à votre définition de science, et bien cela est également vrai pour toutes les autres sciences sociales. Alors libre à vous d’imaginer que la science économique est une discipline de charlatan, c’est votre droit le plus stricte.


"Et deuxièment de savoir que l'existence des chicagos boys de Milton Friedman, ce n'était qu'une illusion, une histoire de bonne femme de gogoche à la Naomie Klein. "


Est-ce que j’ai dit que c’était une illusion? Non! Mais le personnage de Friedman que la gauche a créé est particulièrement amusant (Shock Doctrine est un bel exemple). Je ne dis pas que Friedman n’a pas eu une influence importante sur la droite américaine(ou la droite en général), mais ce n’est pas un gourou d’un culte économique non plus. Comme je vous dis, le nom de Friedman sort en général lorsque l’on parle de consommation à travers le temps d’un individu(je parles, ici, de discours entre économistes). Si vous cherchez les individus qui ont eu le plus d’influence chez les économistes en termes de réglementations et « policy analysis » durant les 20 dernières années, regardez du côté des Stiglitz et Akerlof.

« J'aime bien aussi la phrase qui associe Milton au "désengagemnet de l'état". Ce n'est pas du désengagement dont on parle, mais de la déréglementation. Les chicagos boys sont les champions du BS de riches comme on dit familierement.”

Encore une fois, on peut voir une certaine confusion que vous avez vis-à-vis ce que disait Friedman. Au contraire, Milton Friedman s’opposait au BS de riche. Il était tout sauf corporatiste. En fait, vous ne trouverez pas beaucoup de « fan » de subvention pour maintenir des entreprises obsolètes qui ne remplissent plus leurs rôles chez les « fidèles » de Friedman pour employer votre jargon. Il serait beaucoup plus de l’avis de mettre la clé dans la porte et d’offrir une aide temporaire aux travailleurs (ici, je ne porte pas de jugement sur ce qui est bien ou mal, c’est par contre probablement ce qu’il aurait suggéré).
Pour ce qui est de la déréglementation, il y a eu des bons et des mauvais coups. Un des bons exemples est l’industrie de l’aviation. La concurrence à fait en sorte que le prix des billets sont restés sous l’inflation depuis les 20 dernières années. Et les profits des entreprises dans ce domaine ne sont pas particulièrement élevés (souvent inexistants) en considérant la taille de l’industrie. Ne pas confondre avec les constructeurs aériens (Bombardier, Boeing et compagnie), c’est une autre question. En effet ces compagnies reçoivent beaucoup de BS de riche…mais ceci est dû à la politique beaucoup plus qu’à Milton Friedman. Les firmes sont mobiles, elles le savent, et les gouvernements préfèrent jouer leurs jeux au lieu d’arriver à un accord pour éliminer le chantage des firmes. L’AMI était un bon exemple d’une entente pour limiter ce type de chantage, mais la société civile n’aimait pas beaucoup. En fait, je suis d’accord que traiter l’éducation comme une simple marchandise était une idée un peu douteuse(c’était un des détails de l’AMI).
Autre exemple de la déréglementation qui n’a pas été négatif est la limite officielle de réserves que les banques canadiennes devaient maintenir. Elles ne l’avaient plus et cela fonctionnait très bien. Aux États-Unis, l’inverse c’est produit, mais ceci relève du modèle de l’ « investment bank » plus qu’autres choses. De toutes façon, les systèmes bancaires entre les deux pays est si différent qu’il est excessivement difficile de faire une inférence utile en se concentrant sur un aspect précis et le généraliser à tout les systèmes bancaires.

« Ce qui n'est pas "nécéssairement vrai" non plus quand ces "individus" en sont rendu qu'ils financent l'effacement de leurs dettes toxiques des dérivatifs de trillions de dollars (crée par les couches de bulles spéculatives successives) à même les impôts futurs des citoyens (Mais à court termes par les prêts des banques centrales aux gouvernements qui leur prêtent en retour dans un mouivement circulaire surréalsite) et en créant des bad banks où ces produits toxiques seront garanties par le gouvernement.
Milton Friedman, désengagement de l'état !!! Laisses-moi rire. »

Je suis d’accord avec vous. Le bail-out incroyable n’aurait probablement pas du avoir lieu…sauf peut-être AIG. La dernière bulle spéculative aurait probablement été évitée si Greenspan avait laissé l’économie ralentir au lieu de pomper une quantité énorme d’argent dans le système. Mais bon…c’est ce qu’on attend de la Fed qu’elle intervienne dans l’économie.(et après les gens se demandent pourquoi les économistes préfèrent que les banques se concentrent sur l’ « inflation targeting » et qu’elles soient indépendantes). Il est vrai que le problème actuel est une incroyable chaîne de stupidité et d’avarice. Mais ceci est également lié aux faits que l’on peut déduire l’intérêt des impôts aux USA ce qui vous donne un joli incitatifs pour l’endettement et également que l’administration Clinton avait réduit les standards de prêts hypothécaires pour augmenter l’accès à la propriété pour les individus plus pauvre. D’ailleurs si vous fouiller un peu, les économistes en 1999 avaient prévu la crise immobilière causé par les sub-primes et l’intervention de Clinton (mais bon…il est préférable de répéter le mantra que les économistes se trompent toujours) . Clinton aurait pu essayer d’une autre façon d’augmenter l’accès à la propriété en utilisant les coffres de l’état…et il a préféré la voie facile…pas d’opposition car le coffre de l’état n’était pas touché. Mais comme on dit « there is no free lunch ».

Mais tout ceci ne change en rien avec le fait que les gouvernements ne pourraient savoir la quantité de pâtes à dents que vous allez utiliser cette année. Le gouvernement est mal placé pour faire les décisions de production par le fait qu’il manque énormément d’information pour arriver à une allocation que les gens estiment souhaitable. Le système des prix est, pour l’instant, un des meilleurs mécanismes que nous avons trouvé pour résoudre le problème d’information. Ceci ne veut pas dire qu’il n’existe pas un meilleur moyen…nous l’avons par contre toujours pas encore trouvé.


“Sans compter le fait que juridiquement, Blackwater et Carlysle sont des « individus » dont les droits et libertés sont garantis et inaliénables…”

C’est une question de droit plus qu’économique. Je comprends la nécessité de donner un statut juridique aux firmes, mais je ne sais pas si la meilleure façon était d’offrir les mêmes droits que les citoyens. Ceci me semble plus une question historique et juridique. Elle a bien sûr des répercussions économiques, mais je ne peux vraiment me prononcer. Remarque que le lien qu’ils font dans « The Corporation » entre un individu psychopathe et la firme est particulièrement bidon.
De toute façon, je ne connais personne qui est particulièrement attaché au statut juridique actuel des firmes. C’est une excellente question, comme la question de la place des brevets et la propriété intellectuelle aux 21eme siècle. Il y a maintenant le problème des « anti-commons ».