Friedrich Nietzsche

L'État , c'est ainsi que s'appelle le plus froid des monstres froids et il ment froidement, et le mensonge que voici sort de sa bouche : « Moi, l'État, je suis le peuple. »

Maxime Gorki

Le mensonge est la religion des esclaves et des patrons

lundi 23 février 2009

Le Mauvais Siècle 11
Armand Hammer



Son père, médecin juif d’origine russe émigré aux États-Unis, était un leader du Socialist Labor Party of America (parti socialiste des travailleurs des États-unis). Le petit Armand fait fortune durant la prohibition en vendant un « médicament » contenant de l’alcool.

En 1921, Armand Hammer part en Russie, sous le couvert d’une mission humanitaire, avec l’intention de récupérer une petite fortune que les Soviétiques doivent à la pharmaceutique familiale. Les connexions de son papa lui permettent de rencontrer Lénine, en pleine phase de NEP. Lénine donne sa bénédiction à Hammer, qu’il surnomme « le petit sentier menant au monde des affaires états-unien. » Hammer obtient dès lors une concession d’amiante bidon (servant à blanchir de l’argent), un business d’importation de blé, une agence de camions Ford, le monopole national des crayons de plomb et des concessions de fourrure en Sibérie. On lui permet également de piller les musées russes de leurs tableaux précieux. Le chef du FBI, Jay Edgar Hoover, écrit sur son dossier au FBI : « un tas de pourris » (a rotten bunch). Il reste toute sa vie proche du pouvoir soviétique. Il est ami de Nikita Khrushtchev et sert d’intermédiaire entre cinq leaders soviétiques et leurs vis-à-vis états-uniens, jusqu’à Michaïl Gorbatchev.

En 1956, il achète une petite pétrolière ruinée, la Occidental Oil. Armé de ses nombreux contacts politiques et financiers il transforme vite son entreprise en géant tentaculaire. Occidental connaît une croissance miraculeuse, montrant des ventes de 700 millions de dollars dès 1966. C’est cette année-là qu’il décroche le gros-lot avec une concession en Libye, qui s’avérera un des plus grands gisements d’or noir du monde, évalué à trois milliards de barils. La pétrolière reste en place après le coup d’état de Khadafi, le premier septembre 1969.



Malgré ses évidentes sympathies pour les élites de l’Union Soviétique, Hammer est resté toute sa vie un fervent membre du parti Républicain. Il a été un des grands supporteurs de Richard Nixon. Condamné pour des contributions électorales illégales à ce dernier, il est éventuellement gratifié du pardon présidentiel de George H.W. Bush. Il est également parmi les proches souteneurs de Al Gore, dont le père, Al Gore Sr., comptait parmi ses associés. Al Gore Sr., le papa du grand leader écolo, a fait sa fortune et son influence en tant que président de la division du charbon chez Occidental Petroleum. Au cours de la campagne de Bill Clinton, Ray Irani, pdg d'Occidental Petroleum, soutient le Comité National Démocrate à la hauteur de 470 000 $, en plus d'offrir directement 35, 550 $ à Al Gore lui-même. En 1995, il est invité à passer la nuit à la Maison Blanche, dans la chambre à coucher de Lincoln. Puis, Al Gore s'arrange pour que la réserve pétrolière fédérale de Elk Hills soit cédée à Occidental.

Hammer se vante à la fin de sa vie d’être le seul humain de l’Histoire à avoir été l’ami de Vladimir Lénine et Ronald Reagan.




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Sources

* Staline agent du Tsar, Roman Brackman
* Dossier: The Secret History of Armand Hammer, Edward Jay Epstein
* Hammer, Armand Hammer
* Wikipedia
* The Prize, Daniel Yergin
* http://www.theforbiddenknowledge.com/hardtruth/armand_hammer.htm

9 commentaires:

chien de paille a dit…

on se demande encore pourquoi hollywood engage des écrivains pour écrire des scénarios de fiction quand la réalité offre déjà des monuments historiques pareil. ça ferait un peu "gros" peut-être. comme l'histoire des crevettes dans forest gump.

É. a dit…

Attends, ce qui s'en vient, c'est un véritable conte de fées, mais qui se passe dans un charnier cyclopéen.

chien de paille a dit…

et on doit faire quoi, à ton avis, pour éviter cette horreur ? prier ?

É. a dit…

Cette réponse est ici.

chien de paille a dit…

rapport à dantec, y'a un truc que j'ai capté, un "détail" ou il avoue son humanité, sa "faiblesse", et qui disait, en gros, qu'il avait "pris la ville dans la gueule" en aterrissant à paris quand il était ado. et je repense à ça par association d'idées, entre autres, mais toujours dans un but désespéré d'arranger les choses dans l'espoir d'une réconciliation ultime, afin de sauver tout le monde (blablabla biensur, mébon, pas non plus tout à fait...)
et pour en revenir à ce que tu dis de la vile, sur quoi chuis d'accord, étant moi même un fruit (pourri) de la campagne, ben j'ai une illustration artistique à te proposer :
http://www.youtube.com/watch?v=-OY2eBbZQD4
j'ai survolé ta biographie, et j'ai lu que tu étais issu d'un "quartier difficile" du canada. alors j'aimerais bien savoir comment t'en es arrivé à aimer la campagne... parce que la plupart des gens des ville que je connais sont tellement absorbés par le NIHILISME de leur environement, il me semble, qu'ils en viennent à ne plus pouvoir s'en passer, souvent, comme dépendants d'une DROGUE.
poète, mon petit pote du 91 avait la "chance" d'habiter égly, un truc un peu à part en banlieue de paris, qui s'ouvrait sur des champs de blé. il avait grandi là. le blème, c'est qu'il avait à rejoindre la ville pour assoir une position sociale, et qu'il était tellement MAL, qu'il a fini par saturer.
alors voila. me semble que j'ai des pensées, encore, un fond. et que j'ai un lien avec le vivant.
en écoutant ce titre, une fois, je me suis fait peur. j'ai réalisé la terreur que ça finissait par engendrer :
http://www.youtube.com/watch?v=fwgZCtFbKvU

le schizo, tueur, et séparé, l'enfant de la ville, une brique

chien de paille a dit…

dantec a tout renversé, il prétend combattre le nihilisme en devenant une machine. il a peur.
c'est malheureux.
carcasse métallique. risperdal.
je suis un con. merci.
j'espère que j'ai pas détérioré marie. elle avait de l'amour. elle a fait son CHOIX. j'étais pas là.
bon allé, byebye.

Mendelien a dit…

Vraiment j'en aurai pris plus sur ce hammer. Je crois que je vais relire Sutton. Mais je sens qu'on approche du chapitre-noeud sur Staline...Celui qui nous a privé de la suite depuis si longtemps..

É. a dit…

Tu ne crois pas si bien dire. En fait, faut maintenant parler des chapitres sur Staline. Question d'heures. Je bosse 15h par jour là-dessus, je veux me libérer de lui.

Gomeux a dit…

Un autre sympathique oublié...
Bien content de poursuivre la lecture du MS.