Friedrich Nietzsche

L'État , c'est ainsi que s'appelle le plus froid des monstres froids et il ment froidement, et le mensonge que voici sort de sa bouche : « Moi, l'État, je suis le peuple. »

Maxime Gorki

Le mensonge est la religion des esclaves et des patrons

dimanche 21 septembre 2008

Des Valeurs familiales

Considérez les conséquences d'un second Onze Septembre :
[...] Nos droits constitutionnels pourraient disparaître des tribunaux et la torture réapparaître dans les cellules. Le pire est que le gouvernement n'aurait pas à imposer la tyrannie, le peuple l'exigerait pour sa propre protection. [...] Il y a une tradition de lynchage dans notre pays (ndlr : les É-U) et lorsque la peur et la paranoïa s'installeront au creux de nous, nous pourrions répéter les pires épisodes de notre passé, et assassiner nos anciens voisins, nos amis de jadis.


- Michael Ignatieff, New York Times, 2 mai 2004
Petit-fils du Comte Paul Nikolaevich Ignatyev, ministre du Tsar Nicholas II de Russie et arrière-petit-fils du Comte Nicolay Pavlovich Ignatyev , ministre du Tsar Alexander III


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Quelques extraits dans la langue de Mountbatten :


May 2, 2004 ; New York Times Magazine.


Consider the consequences of a second major attack on the mainland United States — the detonation of a radiological or dirty bomb, perhaps, or a low-yield nuclear device or a chemical strike in a subway. Any of these events could cause death, devastation and panic on a scale that would make 9/11 seem like a pale prelude. After such an attack, a pall of mourning, melancholy, anger and fear would hang over our public life for a generation.

An attack of this sort is already in the realm of possibility. The recipes for making ultimate weapons are on the Internet, and the materiel required is available for the right price. Democracies live by free markets, but a free market in everything — enriched uranium, ricin, anthrax — will mean the death of democracy. Armageddon is being privatized, and unless we shut down these markets, doomsday will be for sale. Sept. 11, for all its horror, was a conventional attack. We have the best of reasons to fear the fire next time.

A democracy can allow its leaders one fatal mistake — and that's what 9/11 looks like to many observers — but Americans will not forgive a second one. A succession of large-scale attacks would pull at the already-fragile tissue of trust that binds us to our leadership and destroy the trust we have in one another. Once the zones of devastation were cordoned off and the bodies buried, we might find ourselves, in short order, living in a national-security state on continuous alert, with sealed borders, constant identity checks and permanent detention camps for dissidents and aliens. Our constitutional rights might disappear from our courts, while torture might reappear in our interrogation cells. The worst of it is that government would not have to impose tyranny on a cowed populace. We would demand it for our own protection. And if the institutions of our democracy were unable to protect us from our enemies, we might go even further, taking the law into our own hands. We have a history of lynching in this country, and by the time fear and paranoia settled deep in our bones, we might repeat the worst episodes from our past, killing our former neighbors, our onetime friends.


L'article original dans son contexte

16 commentaires:

Daniel a dit…

Ça sort de quel endroit au juste ce commentaire de Igniatieff, lui un partisan des grands empires ?

É. a dit…

Merci de me signaler mon omission. C'est réparé.

:0)

Mistral a dit…

Y a pas d'hyperlien! Pas d'hypersource!

É. a dit…

Ma référence à moi était de papier et d'encre comme dans l'ancien temps, mais bon dieu de bonsoir de vishnou, je l'ai trouvé en-ligne et j'aurais crissement du le faire dès le départ.

Marci, Mist.

Mistral a dit…

Marci à toi. Je pigeais pus rien en tout. C'était ça ou je retournais au Quid 1991.

Gomeux a dit…

Je trouvais pas ce qui clochait dans cet article, je pense que je l'ai.
C'est un romantique le Michel.
Pas besoin d'une autre attaque terrorisse pour que les droits constitutionnels crisse le camp, pour que le monde demande plus de fourches et de lances.
C'est déjà comme ça.

Musael a dit…

Cet article pue la propagande à plein nez. En effet, il est destiné à entretenir la psychose collective, Ce que les maîtres du jeu cherchent - et ils y parviennent- c'est de créer une telle suspicion que personne n'aura plus confiance en personne. Ce qui est paradoxale c'est que les tenants du complot (et j'en fait partie) participent à la création de cette paranoia. C'est pas beau ça?

Ultimement, cette paranoia conduira (aux USA) à une guerre civile ou des menaces sérieuses de guerre civiles. Ce sera le prétexte ultime à l'établissement d'un système totalitaire.

Musael a dit…

Democracies live by free markets, but a free market in everything — enriched uranium, ricin, anthrax — will mean the death of democracy.

Voici, une petite phrase aux apparences anodines qui aurait dû vous mettre la puce à l'oreille. Non?

Le plus hilarant dans tout cela, c'est que ce système aussi totalitaire soit-il pourra toujours prétendre être une démocratie (et même la championne des démocraties) en disant : c'est vous, citoyens, qui avez demander ces mesures, en parlant de la suppression des libertés individuelles.

Musael a dit…

Concernant la citation de Nietzsche.

L’État n’en demeure pas moins une création humaine et si cette création est froide et monstrueuse, c’est peut-être que l’homme, collectivement parlant, crée des choses froides et monstrueuses, du moins en notre époque

Musael a dit…

La question que je me pose est celle-ci : qui sont ceux réellement derrière cela et que cherchent-ils? En effet ce ne peut qu’être des gens qui ont déjà un pouvoir incommensurable, au-delà de tout désire, ce me semble. Alors pourquoi, lorsqu’on jouit d’un tel pouvoir, vouloir le pouvoir absolu?

Musael a dit…

Veuillez noter que c’est la première fois que je daigne donner mes commentaires sur un bloque (ou presque) et c’est parce que son auteur nous fait la promesse solennelle de tout conserver, ce qui est d’une grande présomption de la part d’Éric. Néanmoins, je compte sur lui pour tenir sa promesse.

P.S. : excusez les nombreuses coquilles que renferment la plupart de mes messages ; je suis d'un naturel distrait.

Musael a dit…

L’Amérique est dores et déjà entrain d’accoucher du plus grand goulag qui n’ait jamais existé, du moins en ce point de la galaxie et nous la regardons faire, impuissants. Nous sommes non seulement impuissants mais nous y participons tous, même toi Éric, lorsque tu publies un livre. Car pour ne pas participer, il faudrait non seulement ne pas consommer, mais également ne pas produire. Mais alors il nous faudrait renoncer à se nourrir, avoir un toit, etc. Qui est prêt? Hélas! Nous avons tous besoin de l’Amérique. C’est pourquoi, le temps venu, nous accepterons tous la servitude.

É. a dit…

Ce n'est ni aussi simple, ni aussi compliqué. Les quelques sous qui transitent entre la poche d'un lecteur et celle d'un éditeur (de surcroît un petit éditeur comme Triptyque ou un éditeur de gauche comme Autrement) ne nourrit pas suffisamment l'Ogre pour qu'il se maintienne.

Je soutiens toujours qu'il suffit d'affamer la bête en lui refusant l'accès à ses sources principales de nutriments. Armes, drogue, pétrole. L'Ogre ne mange pas de fromage de chèvre et ne boit même pas de vin.

Musael a dit…

­>>Je soutiens toujours qu'il suffit d'affamer la bête <<

J'espère que tu as raison mais je crains que ce ne soit de la complaisance de ta part.

>>en lui refusant l'accès à ses sources principales de nutriments. Armes, drogue, pétrole.<<

Non! Ne me dis pas que je devrai renoncer à mon petit joint quotidien? C'est pourtant ce qui me joint encore à la vie, c'est ma religion.

Notez le jeu de mot : joindre = religar = religion.

Musael a dit…

Trêve de plaisanteries. J’ai parlé de l’Amérique que tu assimiles à la bête, mais la bête c’est bien plus que cela. La bête se cache sous les oripeaux de l’Amérique mais elle n’est pas l’Amérique : elle est l’homme! Du moins une part de lui-même.

É. a dit…

Musael, bienvenue dans le Crachoir. Il y a quelques autres billets, ici. Je t'invite cordialement à les lire.