Friedrich Nietzsche

L'État , c'est ainsi que s'appelle le plus froid des monstres froids et il ment froidement, et le mensonge que voici sort de sa bouche : « Moi, l'État, je suis le peuple. »

Maxime Gorki

Le mensonge est la religion des esclaves et des patrons

lundi 14 avril 2008

Encore nos amis de Barrick

L'entreprise multinationale derrière Stephen Harper, Jean Charest et Mario Dumont montre son attachement à la liberté de la presse. Personne pour éteindre la flamme, cette fois ?

L'article original, perdu dans le coin Affaires de l'empire Power. Comme ça risque de disparaître rapidement, je colle tout le texte ci-bas.

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Barrick Gold tente d'empêcher la publication d'un livre
13 avril 2008 - 22h04
La Presse
Violaine Ballivy

La compagnie minière Barrick Gold veut empêcher la diffusion d'un ouvrage québécois dénonçant les «horreurs» et les «nombreux abus qualifiables de crimes» qui seraient commis par des sociétés minières et pétrolifères canadiennes en Afrique. Les auteurs crient à la censure.

Une mise en demeure envoyée aux éditions Écosociété a forcé l'annulation vendredi soir à Montréal, du lancement du livre Canada Noir, pillage, corruption et criminalité en Afrique.

Selon la compagnie canadienne, il ne fait aucun doute que le livre «véhicule des allégations fausses et grandement diffamatoires à l'endroit de Barrick». Elle menace d'exiger, en Cour supérieure, des «dommages-intérêts substantiels» si «ne serait-ce qu'un seule copie du livre», dans sa version actuelle, est mise en circulation.

Barrick a été piquée par un résumé du livre publié sur le site web d'Écosociété et qui fait état de rumeurs au sujet de travailleurs qui auraient été enterrés vifs dans une mine en Tanzanie en 1996 alors qu'ils étaient au service de la société Sutton, rachetée deux ans plus tard par Barrick.

Barrick a exigé qu'Écosociété efface de son site web et de tout matériel promotionnel les mots «abus», «crimes» et toute référence à des «mineurs enterrés vivants en Tanzanie» en lien avec le nom de Barrick.

«Si Écosociété refuse de se plier à ces demandes, ce sera à ses risques et périls», a confirmé samedi à La Presse Vince Borg, porte-parole de Barrick.

La mise en demeure a eu l'effet d'une bombe dans les bureaux de la petite maison d'édition - un organisme sans but lucratif qui a notamment publié les livres de Laure Waridel Acheter, c'est voter.

La sortie du livre en librairie, prévue pour mardi, est sur la glace. Les avocats d'Écosociété évaluaient toujours hier les conséquences possibles pour les sept personnes nommées dans la mise en demeure (les trois auteurs et les quatre membres du conseil d'administration d'Écosociété).

Demande d'intervention

Le groupe compte demander l'intervention du ministre de la Justice Jacques Dupuis, qui s'est engagé la semaine dernière à légiférer pour limiter les poursuites-bâillons - ces recours qui sont généralement menés par une grande société contre un groupe de citoyens pour atteinte à sa réputation, le but étant de faire taire les opposants en les écrasant avec des frais judiciaires considérable.

«C'est ce qui nous arrive. Nous n'avons pas les reins assez solides pour affronter la Barrick», a dit hier Alain Deneault, principal signataire du livre.

Recensement de cas

Le site d'Écosociété présente Canada Noir comme un «thriller économique» qui recense plusieurs cas de crimes qui auraient été commis par des sociétés privées canadiennes, et déjà rapportés dans le monde par des journalistes d'enquêtes et diverses ONG.

La liste des prétendus méfaits est longue: ingérence politique et contrats outrancièrement avantageux, partenariats avec des vendeurs d'armes et des mercenaires, collusions mafieuses.

«Nous avons voulu porter à l'attention du public ces informations parce qu'il se trouve lui-même à financer, indirectement, une partie de ces sociétés cotées en bourses à Toronto, soit par ses investissements dans des portefeuilles d'actions privées, ses REER ou ses cotisations à des fonds de retraite», a indiqué Alain Deneault.

Mais au passage, Canada Noir écorche aussi le système politique canadien. «Il est extrêmement difficile, voire impossible de poursuivre une société canadienne pour ce qu'elle a fait ailleurs. Si les moyens existent, le gouvernement ne s'en sert pas», dénonce M. Deneault.

Au début des années 2000, le London Observer a été condamné à verser plusieurs milliers de dollars en dédommagement à la Barrick à la suite de la publication d'allégations de mineurs enterrés vifs en Tanzanie similaires à celles reprochées aux auteurs de Canada Noir.

9 commentaires:

rwatuny a dit…

Bon, il ne reste plus à écosociété qu'à "couler" le document sur le web.

Pensent-ils vraiment que le gouvernement actuel va lever le petit doigt pour eux ? Peut-être celui du milieu !!

trphgi !

Mendelien a dit…

Allo

Je m'en allais dire qu'à tous le moins, à Désautel, cet après-midi, ils ont parlé de cette histoire en ouverture et que le journaliste a fait un topo assez nuancé. Je suis donc aller sur le site de Radio-Cadenas pour avoir le nom du journaliste et, surprise, pas de trace de l'affaire sur le site, et incapable de télécharger quoi que ce soit, là-dessus...

Il se peut que je paranoïe, mais si quelqu'un peut éclairer ma lanterne...

Voyons voir. si les médias vont en parler. M'a tout l,air qu'ils vont se faire Slapper en bonne et due forme...

rwatuny a dit…

Écosociété ont des tripes, ils vont publier quand même :

Le livre Noir Canada sera distribué malgré les menaces de Barrick Gold

Presse Canadienne, le 14 avril 2008

OTTAWA — Les Editions Ecosociété ont décidé de distribuer comme prévu le livre "Noir Canada: pillage, corruption et criminalité en Afrique", en dépit des menaces de poursuite de la société aurifère Barrick Gold.

La maison montréalaise a pris cette décision lundi, après en avoir discuté avec les auteurs Alain Deneault et le Collectif Ressources d'Afrique. Le lancement aura lieu ce mardi à Montréal. Le livre devrait être disponible en Europe d'ici quelques semaines.

Pour le groupe, le moment est venu de tenir un débat "légitime et nécessaire" sur le comportement des entreprises canadiennes à l'extérieur du pays.

M. Deneault rappelle que plusieurs citoyens financent sans le savoir des abus, par l'entreprise de leurs placements ou de leurs régimes de retraite. "Les Canadiens ont le droit de savoir ce qu'il advient de leurs actifs", a-t-il insisté.

Le collectif et son éditeur refusent en outre de se laisser intimider par un géant minier qui dispose de ressources quasi-illimitées et n'hésite pas à déployer son arsenal pour défendre sa réputation.

"Pour nous, ce livre-là, c'est un test pour la démocratie canadienne et la liberté d'expression", a insisté l'auteur, qui est docteur en philosophie et auteur d'un autre ouvrage sur Paul Martin et les paradis fiscaux.

En entrevue à la Presse Canadienne, M. Deneault a souligné que l'ouvrage s'appuyait sur des sources crédibles, dont des experts mandatés par le Conseil de sécurité de l'ONU ainsi que plusieurs organisations non gouvernementales dont Human Rights Watch et Amnistie internationale.

Le chercheur, ses collègues du collectif ainsi que les membres du conseil d'administration d'Ecosociété ont tous reçu la semaine dernière une mise en demeure de Barrick Gold (TSX:ABX), qui promet de les traîner en cour s'ils distribuent ne serait-ce qu'une seule copie du livre.

Les avocats de Barrick n'ont pas pris connaissance de l'ouvrage de 350 pages, qui n'est pas encore disponible en librairie. Ils affirment néanmoins que toutes les allégations qu'il contient au sujet des activités de la société en Afrique sont "fausses et grandement diffamatoires".

Ils préviennent que la société réclameront une injonction ainsi que des dommages et intérêts "substantiels" si elles sont rendues publiques.

Les avocats ont été mis au courant lundi après-midi de l'intention d'Ecosociété de distribuer "Noir Canada" dès cette semaine. Me William Brock, qui signe la mise en demeure, n'a pas rappelé pour commenter cette décision.

De l'avis du Collectif Ressources d'Afrique, la démarche de Barrick laisse présager un SLAPP, c'est-à-dire une poursuite visant à réduire au silence les participants à un débat public en les enterrant sous les poursuites et en les épuisant financièrement.

"Quand on voit que des gens sur un ton tout à fait intimidant, envoient une mise en demeure à propos d'un livre qui n'a pas été lu à un nombre extraordinaire de destinataires, on ne peut pas voir autre chose dans une telle méthode qu'une mesure d'intimidation", a fait valoir M. Deneault.

Le gouvernement du Québec a laissé savoir la semaine dernière qu'il entendait légiférer d'ici quelques mois pour empêcher ce genre de tactique, souvent dénoncé par les groupes communautaires et environnementaux.

Barrick Gold est la plus grosse société aurifère du monde. Elle exploite actuellement 27 mines d'or, d'argent et de cuivre, sur les cinq continents. L'entreprise est inscrite à la Bourse de Toronto, comme 60 pour cent des sociétés minières du monde.

Pour une revue de presse :
ledevoir.com/2008/04/14/185047.html
cyberpresse.ca/article/20080413/CPARTS02/804130646/1050/CPARTS02
dominionpaper.ca/weblogs/dawn/1800
alternatives.ca/article3558.html
ledevoir.com/2008/01/19/172471.html


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Petite note : l'article sur cyberpresse semble être disparu.

zbdhx !

Gomeux a dit…

Un timide bouclier qui se lève.
Ça fait du bien.

& a dit…

Je suis fier d'eux, alors.
Je leur envoie même un message d'appui.

Gomeux a dit…

Première page du site de radio-can!
Entrevue à RDI, que je n'ai pas vu.
Si Tout le monde en parle était vraiment une émission intelligente, on les verrait là itou.
Attendons voir...

& a dit…

C'est un défi au gros méchant loup. Voyons voir ce qui va se produire. Dernier sursaut d'opposition avant le 4e Reich ?! C'est maintenant que ça se trame !

Guillaume Lamy a dit…

À ce sujet, voici une entrevue avec Alain Deneault, auteur de Noir Canada, disponible sur le site des publications universitaires :

Ici pour l'entrevue

il y explique en détails la nature des concepts utilisés dans l'essai et prend bien soin de mentionner les sources auxquelles se réfèrent ses allégations.

Bonne écoute.
(entrevue qui s'insère bien dans le lecteur MP3)

& a dit…

Merci Guillaume.
Je viens de réussir à réunir les conditions pour écouter la chose (pas de voisins qui dorment, suffisamment de batterie, vitesse de connexion adéquate). Malgré qu'il emprunte pour ses passage médiatiques une petite voix insupportable de radio-canadien universito consensuel, ça fait toujours plaisir de l'entendre. Malgré tout, cette émission est ratée, parce qu'elle tente trop de calmer le jeu alors qu'elle aborde des sujets qui nécessitent presque qu'on hurle. Enfin. Puis, cette bouillie sur les fiducies, les investissements, gnagna, la responsabilité sociale des spéculateurs… Ça ressemble à du plancton qui discute interminablement sur les droits et obligations des baleines. Enfin.

À écouter quand même.