Friedrich Nietzsche

L'État , c'est ainsi que s'appelle le plus froid des monstres froids et il ment froidement, et le mensonge que voici sort de sa bouche : « Moi, l'État, je suis le peuple. »

Maxime Gorki

Le mensonge est la religion des esclaves et des patrons

vendredi 18 janvier 2008

Petit mot de la Rédaction

Amies, amis, lecteurs, lectrices, commentateurs, commentatrices,


J'aurais pu me douter que ce billet sur Abu Ghraib causerait bien des remous. Mais je ne mesurais pas l'effet traumatique de la fréquentation assidue de la chose durant quelques jours. Ça m'a personnellement rendu complètement dingue hier soir. C'est inquiétant. Pourtant, j'ai précisément créé cette note en raison de l'apathie endémique de mes contemporains sur ce sujet, et de la réaction inexistante face à l'utilisation de ces horreurs à des fins promotionnelles par des amis et collègues à nous, ce qui me semble indiquer le début d'une nouvelle étape dans la descente socio-schizophrénique de notre culture.

Quand une télévision publique démontre son engourdissement en acceptant de diffuser pendant une éternité une émission culturelle légère baptisée Les Choix de Sophie, certains, rares, s'en étonnent, en conçoivent du chagrin, ou déchaînent leur colère, ce que fit avec une extrême justesse et une acuité douloureuse le dramaturge Ian Lauzon dans ses Monologues Mutants en 2003. Mais lorsque l'étourderie (je ne peux pas envisager un calcul) est l'œuvre de confrères et d'amis, que l'on sait intelligents, cultivés, même… engagés, et que le contexte de diffusion n'est plus celui, totalement niais, distrait et factice de la télé, mais celui de l'édition… Il y a de quoi tomber en bas de sa chaise.

Je prends ici la peine de remettre encore une fois les points sur les I et les barres sur les T :

Je n'ai pas un mot à dire contre le contenu du livre Prisons de Poupées de mon pote Ed Bond. Je n'en ai lu qu'un seul chapitre, et je n'en ferai ici aucune critique. Ce n'est pas mon rôle. Ce que je trouve indigne est ceci :

Que dans un message promotionnel on fasse une allusion « sexy et comique » à Abu Ghraib. Parce qu'en banalisant et en invalidant la torture, on ankylose la révolte. Ce faisant, on soutient par inadvertance la manifestation la plus visible et la plus révoltante du fascisme.


...

Par ailleurs,

Par respect pour le sujet, je voudrais qu'on baisse le ton. Je sais qu'on a déconné ferme dans les comms hier. J'ai relu, je me suis trouvé à l'extrême limite. Mais j'assume. Le but est de démontrer l'horreur du procédé. Me semble que ça le fait. Par contre, les injures personnelles et anecdotiques, boah, non. Ailleurs, s'il vous plaît. Je regrette rarement quoi que ce soit, du moins, j'essaie. Mais je regrette vraiment que certains propos aient été échangés sur mon blog la nuit dernière. Après une courte réflexion qui pourrait se préciser plus tard, je maintiens ma position face à la censure. Je ne toucherai rien. Mais pour la première fois, j'en ai eu l'envie.

J'aimerais demander de façon générale aux lecteurs et commentateurs du Crachoir de ne pas se livrer à des empoignades intimes et démesurées, dont la source principale serait autre que l'indignation en rapport direct avec le sujet abordé. Après, tout se barre en couille et on perd la concentration du faisceau.


Amour, apprentissage, œuvre,
&.

25 commentaires:

rwatuny a dit…

Je seconde.

Je dois dire que ça m'a laissé un petit malaise dans les trippes.

La ligne est mince entre le discours sur la réalité de l'horreur et le spectacle de notre propre révulsion fasse à cette même horreur. À plus forte raison quand il y a démonstration de bons mots.



zqjmcnkm!

Anonyme a dit…

Slaquez sur la boisson aussi, crisse. Ça vous évitera de sortir des "fuck you" trop souvent.

& a dit…

Uuhm… Un anonyme. Chouette. Non, je vais pas slaquer la boisson, chose. J'ai failli utiliser le mot que tu crois endiguer, mais c'est tellement fort, dans ma bouche à moi, que… Non. Mais c'est drôlement pas de tes oignons, ce que mon lectorat boit.

Je dirais plutôt, buvez plus, buvez meilleur, et faites l'amour, et le moins possible du reste. Donc : « Fuck thy prochain (with douceur, concentration et fermeté), pas yourself. »

rwatuny a dit…

Le moins possible ou le mieux possible ?

hatlqhu!

& a dit…

J'ai mal écrit.

L'amour, le plus possible.
Le reste, le moins possible.
Genre.

rwatuny a dit…

Cher anonyme, vous semblez mélanger impolitesse et ébriété.

Vous noterez que les malpolis le sont à jeûn, et que les bienpolis le restent même soûls.

Ceci dit, il y a des impolitesses qui sont parfois nécéssaires.

yolir!

'nique a dit…

Comme j'aime dire; "les emails, c'est pas pour les chiens."

Mais bon, dans l'emportement parfois on pense avec un autre organe que son cerveau.

C'est compréhensible, bien que regrettable.

Pis m'semble que ça fait un bout que je ne t'ai pas envoyé de l'amour et du sucre à toi très cher Éric.
Alors, voilà, prends tout ce dont tu as besoin! :)

& a dit…

Attends, là… avant que je me fasse des idées, avec quel organe tu penses à moi, alors ?

Je peux avoir double dose du premier ? Le second ne me convient guère !

:0)

PatB a dit…

Rwatuny : Des impolitesses nécessaires? J'vas t'en faire, des impolitesses nécessaires, si tu aimes.

L'anonyme, c'est moi. J'ai voulu éviter les préjugés favorables en mon endroit mais je ne suis pas à l'aise sous un masque.

Donc je réitère, et en connaissance de cause : slaquez sur la boisson, crisse. Tu te souviens comment j'ai envoyé valser ta chère amie Doodle, Mac? Le lendemain, dégrisant, je m'en mordais les doigts, ce n'était tellement pas moi.

Je ne voudrais pas porter d'intentions à Christian, je sais qu'il déteste cela, et j'imagine qu'aujourd'hui il est peu fier, comme je le serais, d'avoir été si dur avec notre bonne Lady.

Nique : Oui, les courriels... Mais l'affaire est publique, là.

rwatuny a dit…

PatB : Non, je n'aime pas les impolitesses et vous noterez que j'en suis rarement l'auteur.

Mais je comprends que quelques fois, sous le coup de l'émotion (et c'est là peut-être que l'éthanol agit comme catalyseur), les mots jaillissent, brutes, coupants ou contondants.

uuwumr!
ilosn!
vemzc!
fdftueiq!

'nique a dit…

Éric: J'ai dit de prendre tout ce dont tu as besoin. Je réitère; prends tout ce dont tu as besoin.

Patrick: Si tu relis mon commentaire, tu verras que je parlais qu'il vaut mieux s,envoyer des courriels AVANT d'étaler le caca sur la place publique. Mais le caca, ça arrive.

Gomeux a dit…

Ca me rappelle étrangement une chicane que j'ai eu en 1985.
Jvnais d'installer mon premier CIBI dans mon premier Power Ram 1973.

Jtallé mparker dans lparking dla Place Sybrel, pis j'ai commencé à jaser su mon CIBI.
Un ment dné, me su pogné ek Ti-Nouère, y traitait ma blonde de chienne, jtraitais sa mère de trainée.
Ça fini par virer sua job, j'y ai dis que lui pis sa gang de crottés du moulin pouvait ben continuer dlicher lcul du boss si y voulait, j'en voulais pas de papeterie dans Vallée, câlisse.

Le lendemain lboss m'a callé dans son bureau, té douor qu'y mdit, "jt'ai pogné sul canal 4 hier au souère, pack té ptit pis décrisse..."

M'en calissais ben dans ltemps de sa job de cul, pis m'en calisse encore ourd'hui, y l'ont pas eu leu papeterie.

Pis j'ai câlissé mon CIBI dins vidange.

Gomeux a dit…

Huh?

Cil a dit…

T'é drôle Gom.
Sourire...
Cil

& a dit…

Merci à tout le monde pour ces commentaires. Je vous envoie plein d'amour tout tendre et rutilant, et oui, je suis crissement paqueté. Spa à veille de changer, désolé pour ça.

rwatuny a dit…

En train de déguster un Huntley Yellow Wood Reserve, que j'ai fait importer directement d'Afrique du Sud, via mon dépanneur.

Je commence à être rondelet itou !


nhxndj!

Mistral a dit…

Nikki: si j'avais voulu utiliser le courriel, tu penses pas que je l'aurais fait?

T'as raison, Paddy: ne pas présumer de mon état d'esprit.

Les commentaires légers sur une question aussi grave, voire tous ceux qui n'évoquaient pas de réaction face à l'idée d'AI, m'ont tous indigné et je ne regrette strictement rien.

Je constate encore une fois cependant que si je réponds à une fille, je passe pour l'agresseur. «Votre chère Lady» est une vieille amie précieuse, et je ressens sa perte, mais faut pas tâter de l'ours, point final.

François Bertrand a dit…

bah, si les militaires jetaient comme moi leur dévolu sur des cadavres, tout cela serait bien bénin.

salutations,

F.B.

& a dit…

Allons bon. Aucune confusion ne nous sera épargnée.

Anonyme a dit…

Bonjour

Je suis le retardataire.

Primo, Juste un p'tit mot pour vous dire que je suis inscrit à Amnestie. Ça fait au moins vingt ans que je me dit que je vais le faire. Alors,voilà, c'est fait.Mais c'est un geste purement égoiste,aujourd'hui, car je pense à sauver ma propre peau, à défaut d'y trouver ma rédemption.


Deuxio

Webmaitre, tu fais une bonne job. Dommage que ce soit arrivé, mais on peut dire qu'à date, ça n'est pas fréquent.

Tertio

Je veux juste dire que j'ai entendu du Bernays pendant 5 bonnes minutes à Homier-Roy un matin. Et que les journalistes n'en finissent plus de commencer leur papier par "Je sais, vous allez dire que je travaille pour les services secrets, mais quand même, blablabla...

Le travail sous-terrain n'est peut-être pas si inutile qu'on le croit parfois...

Courage

J-F

Anonyme a dit…

Oups j'ai oublié un quatro.

Mercì à Mistral pour cette super-initiative.

J-F

& a dit…

Merci, dji !
Toujours chouette de t'avoir ici !

& a dit…

@ Bertrand : Je l'aime bien, en passant, Lautréamont. Je suis juste pas certain de l'intérêt de le traîner ici, dans ce débat qui se craint lui-même comme c'est à peine croyable. On manque pas de charognes, ni de blabla. Si je comprends rien, explique. À moins que tu sois juste venu "linker".

François Bertrand a dit…

&: C'est bien de ma confession, et non de l'épisode du bouledogue, dont il s'agissait.

Mettons tout de suite les choses au clair: François Bertrand est mort il y a bien longtemps. Mais son histoire est digne d'intérêt, surtout en ce qui concerne la cruauté dont vous nous avez fait part. Il jetait son dévolu sur des cadavres, ce qui est à mon sens beaucoup mieux que de le faire sur des vivants.

Consultez à ce propos l'excellent ouvrage de Michel Dansel, «Sergent Bertrand, portrait d'un nécrophile heureux» (Albin Michel, 1991).

J'avais juré de ne plus remettre les pieds dans les blogs. Mais le vôtre me semble une entreprise digne d'intérêt. C'est pourquoi j'emprunte ce corps.

F.B.

& a dit…

Chouette. Vous y êtes plus que bienvenue.