Friedrich Nietzsche

L'État , c'est ainsi que s'appelle le plus froid des monstres froids et il ment froidement, et le mensonge que voici sort de sa bouche : « Moi, l'État, je suis le peuple. »

Maxime Gorki

Le mensonge est la religion des esclaves et des patrons

jeudi 15 novembre 2007

La Guillotine réhabilitée !




Le gars est un noble descendant de Louis XIV. Proche parent des familles royales britanniques, d'Autriche, etc. Cependant, ce n'est pas par généalogie qu'il s'est retrouvé Roi d'Espagne. Non mes amis. C'est son grand pote Franco, qui lui a légué le trône, à sa mort, après l'avoir désigné comme successeur. Franco, lui, avait gentiment remplacé les amigos au pouvoir dans les années 30, assassinant le gouvernement, et détruisant par les armes la démocratie espagnole, au cours d'une (plutôt) amère et (quand même) sanglante guerre civile. On ne fait pas de tortilla sans casser des couilles. Malgré les apparences, Franco n'était pas un bandit ni un voyou ! Il avait l'appui de gens bien. Il était directement et ouvertement soutenu par la généreuse Italie fasciste de Mussolini, la joviale Allemagne nazie de Hitler, la bienheureuse junte despotique de Salazar, etc., donc Ford, donc Morgan, donc Rockefeller. Que du bon pain.

Juan a bien colmaté les trous, dans les années soixante-dix. Il a invité les petits collabos de gauche au château (ça les a bien impressionné - le chef du parti communiste a même hurlé «Vive le Roi»). Le doux Carlos a été jusqu'à permettre des élections, et tout. Chouette et confortable système à la britannique, où le peuple a l'impression de pouvoir changer la couleur du fond d'écran de temps à autres. Comme au Canada, quoi ! Tout le monde est satisfait. C'est stable. Respectable.

Donc, ce bon monsieur Juan Carlos a vociféré cette semaine, au cours d'un sommet international (utilisant le «tu» et non pas le «usted») :

« Toi, pourquoi tu fermes-pas ta gueule !? »

À qui s'adressait-il ? À un clochard ? À un serveur dans un bar ? À sa boniche ? Euh…

À ce détestable et vilain Hugo Chavez, président du Vénézuela, élu trois fois (récement à 65%), vainqueur d'un référendum sur sa présidence, ayant triomphé d'un coup d'état, mais malgré tout, euh, un dictateur non-démocratique et non-bon, pas bien, super-méchant. Chavez est vraiment un vlimeux fieffé personnage.

Primo, il n'est pas un leader socialo-gougoune, du type commerce équitable, business-goes-on, comme on les aime en occident du Nord, et comme les approuvent les banquiers de la World Bank et du FMI (dont le Venezuela s'est retiré l'an dernier, après avoir épongé sa dette jusqu'au dernier centime - oh le diabolique pas gentil mauvais Chavez, caca pouah !).

Son gouvernement, en plus de se montrer coupable de proximité avec la populace puante et crasseuse des zones, est en voie de gâcher de nombreux aspects positifs de la réalité de l'Amérique Latine.

On construit des écoles, ce qui rend les pauvres malheureux, lorsqu'ils prennent conscience de leur condition ! On multiplie les ouvertures d'hôpitaux dans les quartiers pauvres, ce qui contrevient aux programmes de l'ONU de réduction de la population. On remplace les cabanes de carton des bidonvilles par des habitations, ce qui décourage les pauvres de travailler et leur donne des raisons de plus pour tirer au flanc. Affreux !

Ces fous terroristes ont même aidé l'Argentine à régler sa dette extérieure, qui est aujourd'hui de zéro (vous vous rappelez, l'Argentine ? le miracle argentin ?). Idem pour la Bolivie, le Nicaragua, l'Équateur. Y a pire! Le Vénézuela est proche de ces dangereux communistes non-démocratiques Cubains ! Ceux-là même qui ont poussé la méchanceté et le non-respect de la démocratie jusqu'à planter les USA (et le Canada) au baseball olympique. Des barbares ! Même qu'ils fument !

Mais secundo, et surtout, si vous permettez que je donne mon petit avis personnel, Hugo Chavez a un problème plus grave. Je n'irai pas par quatre chemins. Je trouve qu'il a un certain culot d'oser parler en public en présence du bon Roi d'Espagne. Il a accusé Aznar (ex-premier ministre de l'Espagne) de fascisme. Bon, c'est un truc évident, et pas une raison pour s'énerver, là n'est pas le problème. Il est bien gentil, ce Chavez, mais il a l'air d'oublier parfois sa place dans le monde ! Il n'est pas, euh... Il est... Sa race, euh... Bon. Chavez n'est pas blanc. Il est un sale peau rouge, voilà ! Alors, c'est bien beau, les élections, les référendums, et tout et tout, mais quand même, ces inférieurs ont intérêt à la boucler en présence du Roi et des bons bwanas ! Quelque soit le nombre d'électeurs qu'ils représentent. Chacun sa place.

C'est pourquoi les médias mondiaux se paient un peu sa tête, à ce gros Sioux. Voyons, que les rastaquouères dansent, c'est une chose, mais faut pas exagérer. Pas un, nulle part en Europe, pour s'indigner des propos colériques et justifiés du bon Roi d'Espagne. Où est Ségolène ? Même pas Zapatero. C'est bien la preuve. La rupture est proche entre nous, blancs de la civilisation démocratique, et eux, peuples barbares, tous-nus et sauvages du tiers-monde.

Le réveil sera peut-être brutal. Faudra sans doute les écrabouiller jusqu'au dernier ! On les remplacera par des machines dans nos usines d'espadrilles ! Ne gardons que les jolies jeunes filles et les travelos ! Pour le tourisme !

En attendant... Vive le roi ! Vive la monarchie ! Vive le droit divin ! Heureusement que nous, les bons, les démocrassies, avons gagné la guerre contre la tyrannie en 1945 ! Les 60 millions de morts sont justifiés !

Les potes des potes d'Hitler sont nos amis. Les monarques sont démocrates. Les élus sont dictateurs. Les vaches polluent. Les missiles garantissent la paix. Les obus démocratisent les nanas afghanes. Sourions, tous et toutes, la Noël approche. White Christmasssss ! J'entends chanter ! Noëëël !

MAGASINAGE !!
Sapins. Jésus. Cadeaux. Coca-Cola.

Tchingtchingtching.




Fluor, prozac, agent orange,

É.

5 commentaires:

rwatuny a dit…

J'avais vu un entrefilet, mais je n'ai pas le contexte.

Qu'est-ce qui a amené ce coup de gueule du bon monarque ?

Et la réaction de Chavez ?

Anonyme a dit…

Chavez a dit d'Aznar qu'il était un fasciste. Zapatero a défendu... Aznar !! Le bon Roi en a rajouté.

Sur Arte hier, ils appelé Chavez le commandante, d'un ton ironique, puis, le maître de caracas, sur musique sinistre et archives de manifs violentes.

L'émission d'après, c'était une téléréalité de pitounes à poil du Crazy Horse ! I shit you not ! Un peu plus tard en soirée, un spécial Congo. Les femmes et les enfants sont torturés, violés, par milliers ! Par qui ? Les vilains Hutus génocidaires ! Il en reste encore ! Arte, comme les reste, c'est de la crisse de marde. Z'auront beau enrober ça de films de Stanley Kubrick tant qu'ils voudront.

TV sucks. TV's got to die.

Marie-Elaine a dit…

reviens, nigaud.

Gomeux a dit…

Entendu que l'humain occidental a cessé d'être citoyen il y a de cela belle lurette. Ressource humaine, capital humain, client.

Le client de 2007 à une incroyable faculté d'indifférence face à tout ce qui ne concerne pas le matériel, le capital donc naturellement, l'histoire.
En outre, le client n'est plus un citoyen asservit, il est satisfait ou non.
Ainsi, les dénociateurs sont accusés de casser le party.

Un président élu majoritairement ne peut donc plus dans ce bizarro world critiquer un "roi" et son valet d'avoir tenté de le renverser en 2002.

Un président jugé radical au moins 300 fois en sept minutes par Radio-Canada n'a t'il justement pas le choix d'être radical face au fascisme généralisé, accepté, digéré, renouvelé de l'occident?

Ces mêmes fascistes ont tellement galvanisé le terme "fasciste", que le client ( en autant qu'il écoute encore ) ne peut plus accepter ce terme que s'il est associé à une chambre à gaz.
C'est un terme "radical".
Le client n'en a que faire du dictionnaire.
Lorsqu'on l'informera, il répondra invariablement: "jle savais, spa surprenant, jm'en calisse anyways"

Voilà ce qui fait de moi un client insatisfait, j'exige un nouveau fond d'écran.

& a dit…

Bonjour Rwa, Anonyme, Marie-É, Gom. C'est une sale histoire et une sale époque. Y a tellement de collabos, cette fois-ci, ils sont prémunis contre les exactions de fin de règne.

Où aller ?

É.