Friedrich Nietzsche

L'État , c'est ainsi que s'appelle le plus froid des monstres froids et il ment froidement, et le mensonge que voici sort de sa bouche : « Moi, l'État, je suis le peuple. »

Maxime Gorki

Le mensonge est la religion des esclaves et des patrons

dimanche 2 septembre 2007

Tolérance


Une veille dame que je connaissais avait un bel amoureux, un riche d'Atlanta. Randy. Un jour, dans le chalet de la vieille dame, Randy a rencontré Ginette, la blonde d'un mes potes. Quand elle a entendu Randy déblatérer contre la « race » des french-canadians, elle s'est mise à capoter. Elle lui a dit :
— C'est toi, l'immigrant, icitte, esti d'Anglais.
Il a répliqué, d'un air rusé :
— I'm not English, I'm an American. And we own the world.
— Pis, parle en français, colisse, t'es chez-nous, icitte.
Il a ajouté que les Québécois formaient une race inférieure, parce qu'incapables de fabriquer une bonne confiture aux fraises (il trouvait nos confitures pas assez sucrées). Je jure que c'est vraiment ce qu'il a dit. Elle pantelait, savait plus quoi ajouter. Il a sorti un billet de 20$ de sa poche, l'a mis à plat sur la table de cuisine. On voyait la Queen of England. Ginette est partie faire un tour de char. Un char américain, bourré de pétrole américain, dans lequel elle écoutait un CD de BonJovi en plastique dérivé de pétrole américain. Défoulée, elle est revenue.

Ils ont fini par s'entendre, cette fin de semaine-là, parce que Randy a quand même eu la gentillesse de placer notre « race » bien loin au-dessus de celle des « niggers ». Et les « niggers », c'était la grande cause de Ginette. Depuis qu'elle en avait au bureau... sa grande tragédie ! Et puis tous les deux, Randy et Ginette, partageaient le dégoût des mélanges raciaux, qui créaient des milliers de petits batards, futurs drogués-BS-criminels. Elle en voyait de plus en plus sur la Rive-Sud, songeait à déménager.

À partir de là, ça a été l'harmonie dans le chalet. La vieille dame chez qui on était, l'amoureuse de Randy, rayonnait. C'était important, pour elle, l'harmonie. Pour elle, ce qui comptait, c'était que tout le monde respecte tout le monde, il importait de TOLÉRER les opinions de chacun. J'ai échappé une toute petite phrase, le soir suivant. Ça a brisé l'harmonie. Tout le monde m'engueulait. On m'a bien expliqué que mon problème était que j'étais en colère contre toute l'humanité. Que je manquais d'amour. Que je me complaisais dans la haine, alors qu'eux, les gens ordinaires, n'avaient envie que de vivre en paix ! Mes quatre vérités ! On m'a fait ma fête !… J'avais trop lu de livres, aurait fallu que je cotoie le vrai monde, que j'arrête de péter de la broue, j'avais plus d'amour pour mes livres que pour les vrais gens, c'est pour ça que j'étais incapable de respecter les autres, que je passais mon temps à partir des chicanes... alors que tout allait bien... Des tempêtes dans des verres d'eaux.

On a fait nos sacs, je me souviens, à 2h du matin, en plein coeur du Nulle-part québécois. On a marché des heures sous la lune, dans les chemins de campagne, les dents serrées. Ça faisait du bien, de s'éloigner. Les grandes remorques sortaient les troncs d'arbres vers le Maine, à tombeau ouvert. Finalement, à l'aube, près d'un Tim Horton, quelqu'un nous a fait monter jusqu'au premier village désservi par l'autobus.

On dormait dans le fond du car, fourbus.

9 commentaires:

rwatuny a dit…

Bon, c'est quoi la phrase que t'as laissé échappée ??

Le peuple veut savoir !!

atikpo !!

& a dit…

Assis à la table de cuisine avec Doodle, en arrageant des légumes, nous parlions de la ptite Jade, la fillotte de mon grand pote Ady (kebla) et d'Isabelle (cheblan), si mignonne, si éveillée. Randy a répondu que ces couples de races différentes cherchaient les ennuis (lookin' for trouble). Qu'il n'y avait pas que lui qui en voyant ça sur le trottoir, passant dans sa voiture, était pris de hauts-le-coeur, avait des pulsions violentes, une envie de protéger sa race de la dilution.

Alors, j'ai juste dit, tout bas, tout calme, bien serein (Doodle peut témoigner, elle était là) :
— So the Nazis did win the war in 45.

& a dit…

J'oublie toujours de te demander, amigo. C'est quoi, ces messages codés à la fin de tes courriels ?!

rwatuny a dit…

Tu aurais pu dire "les Harrimanites ont gagné".

Evidemment, ils n'auraient pas compris.

vwbbe !!

p.s. les petits codes, c'est ces chaines de caractères qui aident à vérifier que je ne suis pas un bot.

meth a dit…

Trop excellent. Je la prends en note.

& a dit…

Meth !
Ressucitée dans le Crachoir !
Rebienvenue.

É.

Mistral a dit…

Primo, kestu faisais avec la blonde de ton pote. Deuxio, pourquoi tu persistes à reconnâitre aux États-uniens la qualité d'Américains, à l'exclusion de nous autres péquenots. Troizio, j'ai soif. On s'en cale une?

wymlc

Big Sista a dit…

Yeah didn't you know? The Nazis really DID win the fucking war in 45

& a dit…

Arg. J'avais pas vu tous ces coms ! Stie. Mist ! Faut qu'on en prenne une avant que je décrisse ! Je t'appelle.

Sista, no hablo ingles. Yavol. Mais t'as raison.

É.