Friedrich Nietzsche

L'État , c'est ainsi que s'appelle le plus froid des monstres froids et il ment froidement, et le mensonge que voici sort de sa bouche : « Moi, l'État, je suis le peuple. »

Maxime Gorki

Le mensonge est la religion des esclaves et des patrons

jeudi 26 juillet 2007

Le Mauvais Siècle, chapitre 10 ; Sir Winston Churchill






Je n’admets pas qu’on dise qu’un crime grave ait été commis contre les Peaux Rouges en Amérique ou contre les peuples Noirs d’Australie. Je n’admets pas qu’il soit considéré néfaste de traiter ces peuples comme ce fut le cas, par le fait qu’une race plus évoluée, une race d’un niveau supérieur, une race plus sage et avancée soit venue pour prendre leur place

L’Histoire sera tendre à mon égard, parce que c’est moi qui l’écrirai

L’objectif de la Seconde Guerre Mondiale était de ressussiter le statut de l’Homme



— Sir Winston Churchill


Image de bon papa potache

Sir Winston Leonard Spencer-Churchill !
Comme beaucoup de gens de ma génération, j’ai été élevé dans une moite admiration de cet homme d’état qu’on m’a présenté, tant à l’école que dans la culture populaire, comme une sorte de héros bênet, homme du peuple à la bonne bouille, oncle ventru blindé de gros bon sens, et surtout, ennemi juré du fascisme et vainqueur triomphant des forces du mal au cours des deux premières guerres mondiales. Comme moi, le bon Winston aimait les havanes, le whisky, et les fins mots : « Une pomme par jour éloigne le médecin ; lorsqu’on sait viser ».

La réalité, une fois dégagée de la sauce PR qui la nappe des graisses onctueuses de l’hagiographie sportive (la vie des champions), est quelque peu plus prosaïque. Je dois tout spécialement remercier Daniel Yergin pour les mensonges et omissions qu’il a a publiés sur le sujet, puisqu’en peignant une carte aussi précisément erronée du territoire, il m’a presque permis par inversion de recomposer une fresque plus buvable de l’histoire du pétrole, et donc, spécifiquement, une image plus claire d’un de ses plus importants valets, le bon msieur Winston.

Primo, abandonnons tout de suite cette notion de Churchill l’homme du peuple. Je n’ai aucune idée du genre de moquette que les élaborateurs de notre système d’éducation avaient fumé en nous jetant cette blague, mais il a toujours été clair de son vivant que Winston Churchill était un aristocrate, membre d’une grande famille de nobles anglais, de la maison des Marlborough. Son papa Lord Randolph Churchill était politicien lui aussi et son grand-papa était nul autre que le Duc de Marlborough. Sa maman, Jennie Jerome, était la fille du millionnaire Leonard Jerome, surnommé le Roi de Wall Street. Il devait sa fortune à la spéculation et aux chemins de fer. On ne servait sans doute pas de sandwiches au beurre de pinotte pendant les partys de noël.


Ludwig, Alfred, Robert, Alphonse et Edmond ; Histoire grossièrement accélérée du Pétrole British

En mars 1873, Robert Nobel arrive à Baku et y fonde littéralement l’industrie pétrolière Russe. Son frère Ludwig possède une gigantesque entreprise de munitions, tandis que l’autre frangin Alfred dirige l’empire florissant de la dynamite, invention de leur célèbre papa venu de Suède pour armer le Tsar. À l’époque, le pétrole sert essentiellement à l’éclairage et est vendu sous forme de kérosène. Les habiles frères Nobel rivalisent très vite avec le gigantesque monopole états-unien de Standard Oil, la compagnie de Rockefeller. En dix ans, ils parviennent même à le surpasser et au cours des années 80 (pas celles de Thompson Twins, mais celles de Franz Liszt), sont assez puissants pour se frotter à Standard dans une guerre de prix. En 1884, la production pétrolière de Baku atteint les 11 millions de barils. Une des banques faisant partie du consortium Nobel est le Crédit Lyonnais. D’autres Français vont également se joindre à l’aventure.

La branche parisienne de la banque des Rothschild érige une immense raffinerie à... Fiume (!) sur l’Adriatique. Ce sont eux qui vont construire le chemin de fer reliant Baku à la Mer Noire, en échange de quoi ils reçoivent des concessions pétrolières russes. Leur entreprise, Bnito, et celle des Nobel, vont rapidement développer une frutueuse collaboration et transformer la ville de Batum sur la mer Noire en métropole pétrolière.

Les Rothschild, accessoirement, sont d’origine juive, et c’est autour de 1882, au moment même où ils arrivent sur place, que commencent les grandes manifestations antisémites dans le Sud-Ouest de la Russie. Aucun historien n’a jamais cru bon de faire le lien entre les pratiques habituelles de Standard Oil, l’antisémitisme de son propriétaire Rockefeller, et l’apparition des pogroms dans le Caucase, au moment précis où une pétrolière concurrente y prolifère, propriété de banquiers juifs. À mon avis, quand ça a l’air d’un rat, que ça sent le rat, que ça goûte le rat et que c’est écrit “rat” sur l’emballage, il y a de bonnes chances pour que ça soit Rockefeller.

Au moment où le chemin de fer Baku Batum est complété, en 1886, la domination outrancière mondiale de Standard Oil est officiellement terminée, et l’ère des véritables hostilités commence. Les installations du consortium sont constamment la cible de saboteurs « antisémites », qui vont même jusqu’à incendier et dynamiter (ô ironie) les puits de pétrole.

En 1888, Ludwig Nobel meurt d’une crise cardiaque au beau milieu de ses vacances sur la Côte d’Azur. Les journaux comprennent par erreur qu'il s'agit d'Alfred et font l’annonce de son décès. Cela donne lieu à un déchaînement d’articles négatifs sur cette industrie de mort que celle de la dynamite. C’est en lisant ces papiers qu’Alfred Nobel, sain et sauf, mais écorché par tant de haine, décide d’injecter un grande part de sa fortune dans la création des Prix portant son nom, espérant laisser une image plus noble et dynamique que celle de Nobel le dynamiteur.

Après quelques passionnantes péripéties, acquisitions, fusions et combinaisons, le consortium des Nobels-Rothschilds finit par porter deux noms, Royal Dutch Shell d’un côté et Anglo-Persian de l’autre. Ce sont deux compagnies « concurrentes », mais comme Standard New Jersey et Standard Indiana, elles sont contrôlées par les mêmes actionnaires majoritaires, les Rockefeller dans le cas de Standard, les Rothschild dans le cas de Shell, Royal Dutch, Anglo-Persian, British Petroleum (étonnamment propriété de la Reichbank allemande, elle-même contrôlée par les Rothschild germaniques, puis achetée par Anglo-Persian au moment où le gouvernement britannique en fait l’acquisition partielle), Bnito et caetera. Ce sont eux, les Rothschild, qui vont réellement mettre Winston Churchill au monde et l’employer tout au long de la première moitié du siècle pour faire avancer la cause du pétrole, donc pour déposer des sous dans leurs caisses.


Formation du petit Winston



En sortant du collège militaire de Sandhurst, Winston reçoit une commission de second lieutenant des Hussards de la Reine. Il devient correspondant de guerre au cours de ses campagnes et commence ainsi une longue et fougueuse carrière littéraire. Évidemment, l’objectivité des reportages d’un journaliste impliqué personnellement dans les combats pourrait être compromise, mais la grande tradition de justice et de grandeur d’âme des soldats de Sa Majesté nous interdit de soupçonner le moindre biais. Les historiens aiment prétendre que c’est par manque d’argent que Churchill se lance dans cette activité et ça, c’est quand même pas mal rigolo. Cherchons peut-être plutôt du côté de l’ambition politique.

Malgré sa haute naissance, Winston Churchill exige d’être déployé au front, et ça, c’est vrai. Cependant, comme l’a démontré Lord Dedes à la Société Royale d’Histoire, ce n’était pas vraiment par héroïsme, mais surtout en raison du fait que l’alcool était permis dans les zones de combat, alors que l’arrière était maintenu au sec. Personnellement, j’aurais fait pareil.


Passion Naissante pour l’Étripage

En 1895, Churchill se rend à Cuba comme observateur du Daily Graphic pour y décrire la guerre révolutionnaire cubaine. Il se présente comme un ardent défenseur des droits coloniaux Espagnols, notant au passage que sous l'héritage gauchiste de Jose Marti, la révolution cubaine est constituée aux deux tiers d'esclaves libérés, combattant aux côtés des blancs. Il dit craindre la naissance d'une seconde république Noire (après Haïti). Les Cubains vont effectivement vaincre l'Espagne, finalement, mais les États-Unis occuperont l'ïle aussitôt et s'empresseront de remettre leurs chaînes aux combattants noirs. Ouf ! La civilisation l'a échappé belle, encore une fois. Note amusante, c'est à cette époque que les États-Uniens installent leur fameuse base navale de Guantanamo à l'extrême Est de l'île.

Winston est ensuite transféré à Bombay, en Inde, où il devient un des meilleurs joueurs de polo de tout son régiment. Il entend parler d’une bonne bagarre en Grèce et décide de s’y rendre, mais l’armistice est signée avant son arrivée. Qu’à cela ne tienne, trois brigades Britanniques se préparent à aller bouffer du Pashtoune au Pakistan. Il se joint à eux et bing et bang, Winston écrit de jolis articles.

Et hop, au Soudan en 1898 pour participer à la dernière grande charge de la cavalerie britannique à la bataille d’Omdurman. Le courage et la ténacité des troupes impériales aura raison de la paresseuse traîtrise et de la faiblesse de caractère des fourbes Arabes d’Abdullah al-Taashi. En plus de leur supériorité morale et de la grandeur de leurs objectifs civilisateurs, les britanniques profitent d’un léger avantage technique sur leurs adversaires, l’usage de l’artillerie et de la mitrailleuse, contre un ennemi surtout armé de lances et de pétoires. La majorité des sauvages est écrabouillée d’une distance de 3 kilomètres par la flotte postée au milieu du Nil. Les quelques survivants ont malgré tout le panache de se laisser déchiqueter par les mitrailleuses Maxim, mais aucun ne se rend suffisamment près des Anglais pour faire usage de sa lance ou de sa grossière arme à feu. Le nom du glorieux général Britannique sera adoubé d’honneurs et on renomme même une ville canadienne en souvenir de ses exploits : Kitchener. La petite bourgade Ontarienne s’appelait jusque-là... Berlin ! Winston Churchill publie un livre racontant cette passionnante campagne soudanaise, intitulé The River War. « L’Histoire de l’humanité, c’est la guerre »


Winnie Tenté par le Pouvoir Civil

En 1899, après une première tentative électorale infructueuse, il retrouve son bon ami Kitchener et son cousin le Duc de Marlborough en Afrique du Sud où les blancs s’entretuent pour savoir qui aura le droit de régner sur la terre des Africains. Fait prisonnier, il parvient à s’évader, publie le récit de ses aventures et devient enfin célèbre. Les camps de concentration dans lesquels les britanniques enferment les paysans Boers resteront, eux-aussi, célèbres, mais tristement. Winston Churchill publie deux livres sur cette guerre, London to Ladysmith via Pretoria et Ian Hamilton’s March. Le but est atteint, il parvient à se faire élire au parlement en 1900. Plutôt que de siéger en chambre, Churchill part en tournée de conférences et réussit à se faire un petit pactole de dix mille livres, histoire de traire la vache de ses exploits militaires. En dollars de 2007, ce montant équivaut à près de 3 millions.

Churchill change quelque fois d’allégeance, au cours de sa carrière politique, passant des Conservateurs aux Libéraux, puis allant siéger comme indépendant avant de retourner chez les Tories. Quoi qu’il en soit, il monte rapidement en grade dans les gouvernements successifs de ces années agitées. Une chose est claire, cependant, Winston Churchill est et restera pour toujours, à compter des années 10, l’ami intime, fidèle et indéfectible... du pétrole.

Il devient en 1905 le sous-secrétaire d’État aux colonies. C’est en cette qualité qu’il imposera sa constitution à l’Afrique du Sud (vaincue) et qu’il s’occupera de la question des esclaves chinois dans les mines d’Afrique Australe. Churchill devient au cours de ces années un des premiers et des plus forts partisans du libre échange.


Montée Fulgurante

En 1910, Winston devient Ministre de l’Intérieur (Home Secretary), ce qui constitue une sacrée promotion. Au cours de son mandat, il se fera remarquer entre autres par son idée de faire intervenir l’armée contre des révolutionnaires anarchistes lors du Siège de la rue Sidney. Il interdit ensuite aux pompiers d’éteindre l’incendie faisant rage dans les bâtiments, et l’affaire se termine en méchoui à la Waco Texas. La même année, Churchill fait encore déployer les militaires (contrairement à ce que prétend l’article confus de Wikipedia) contre des mineurs grévistes à Tonypandy.

Récompensé pour sa poigne de fer, Churchill est bombardé Premier Seigneur de l’Amirauté en 1911. Dans un empire maritime comme celui du Royaume-Uni, ce poste est d’une importance énorme. Une fois en place, Churchill ne perdra pas de temps à accomplir son boulot de valet du pétrole. Il propose une série de réformes et de modernisations, préconise le développement de l’aviation, des blindés, etc. Principalement, il force la Marine de Sa Majesté, le symbole et l’incarnation même de la puissance impériale britannique, à changer les systèmes de propulsion de la flotte du charbon vers le pétrole. Initialement, l’idée est reçue comme une imbécilité de premier ordre, puisque l’île Britannique regorge de charbon, alors qu’on y a pas encore trouvé une seule goutte de pétrole. Cependant, Churchill et ses amis de Shell et d’Anglo-Persian vont réussir à convaincre tout le monde que les ressources pétrolières ne manqueront pas. À cet effet, des effectifs de l’armée sont dépêchés en Perse, où des champs de pétrole immenses sont en voie d’être mis en production. La suite prouvera que cette tranformation était plus qu’hasardeuse et ses conséquences presque fatales pour la souveraineté anglaise. Mais comme la couronne profitera économiquement dès le début de l’exploitation pétrolière et que la fortune royale demeure jusqu’à aujourd’hui intimement liée à ces ressources et à leur exploitation, tout s’explique.

Les Allemands aussi, passent au pétrole ! Ça y est, amis banquiers ! La marine britannique et sa contrepartie allemande se lancent dans la première vraie course à l’armement de l’ère moderne. Les journaux sont mis à contribution et tapissent leurs pages des exploits de l’adversaire, exagérant la force ennemie, comme ça se produira ensuite tout au long du siècle. Quoi qu’il en soit, l’idée est que l’argent passe de la poche des gens aux coffres des industriels, et à compter de 1911, dans les voutes des pétrolières. Selon Churchill, la joute pour l'Or Noir a comme enjeu la prévalence sur l’échiquier mondial : « La domination représente le butin de l’aventure. »

Daniel Yergin s’extasie, dans The Prize : « Au cours de la première grande guerre, le pétrole et le moteur à combustion allaient changer toutes les dimensions de la guerre, jusqu’à la notion même de mobilité sur terre, sur mer et dans le ciel. »


La Route des Grands Massacres

Le Kaiser Wilhelm a lui aussi le pétrole Perse en vue, et il construit depuis quelques années une ligne de chemin de fer destinée à relier Berlin (l’Allemande, pas la Canadienne) et Bassorah, dans ce qu’on appelle aujourd’hui l’Irak, ou... le Merdier. Cette même ligne doit en principe être connectée également aux ressources immenses de la mer Caspienne, à la suite d’une entente avec le Tsar Nicolas, qui voit d’un très bon oeil l’idée de se voir relié à la grande et moderne Europe, riche de capitaux. C’est donc un peu beaucoup pour couper l’herbe sous le pied du Kaiser que la première guerre mondiale est déclenchée, quelques mois avant la complétion de la ligne de chemin de fer.
— Quoi ? C'est pas parce qu'un anarchiste des Balkans a tué le Duc Franz Ferdinand et que par le jeu inextricable des alliances toute l'Europe a été forcée d'entrer en conflit ?
Euh... ben... C'est fort plausible. Une autre explication assez solide implique un complot entre les habitants de l'univers Dgszub-25 et les Soldats-lutins du Royaume des Esprits, ceux qui dansent dans la cafetière, les vendredis 13. Tout ça reste mystérieux.


Première Guerre Mondiale

Churchill est aux premières loges de la course aux armements entre l’Allemagne du Kaiser Willhelm et l’Angleterre. Le premier ministre de l’époque le décrit comme « cherchant la bagarre, belliqueux, portant constamment ses peintures de guerre. » Dès le déclenchement des hostilités, et au mépris de la loi britannique et des conventions de l’époque, il met en place un blocus alimentaire, minant les ports, faisant classer les denrées et la nourriture comme « articles de contrebande ». 750 000 Allemands meurent de malnutrition durant le conflit. Les survivants ont une petite dent contre l’Angleterre, disons.

Une semaine avant l’attaque meurtrière du Lusitania, Churchill écrivait dans une lettre à Walter Runciman, le président du Conseil du Commerce : « il est impératif d’attirer des navires neutres près de nos rivages, dans l’espoir spécifique d’entortiller les États-Unis dans la guerre contre l’Allemagne. »


Gaffe majeure en Turquie

En 1915, une des premières grandes missions à tomber sous sa gouverne, le débarquement de Gallipoli, dans les Dardanelles, tournera au cauchemar et reste encore aujourd’hui un des pires désastres de l’histoire militaire. Du côté franco-britannique, les pertes sont évaluées à 252 000 morts ! Oui, vous avez bien lu, un quart de million de cadavres. Pour la marine, c’est un désastre encore plus épouvantable (l'acier vaut plus cher que le cartilage) avec six vaisseaux de guerre détruits, trois endommagés, un croiseur hors d'état, un destroyer coulé et huit sous-marins perdus. Sir Winston sera plus ou moins forcé à prendre la porte à la suite de cette campagne funeste. Tout en restant député, il va purger sa honte en rejoignant les troupes cantonnées sur le front Ouest en tant que Commandant du 6e bataillon des Fusilliers Écossais. Son second durant cette campagne est Archibald Sinclair, qui deviendra plus tard le chef du parti Libéral anglais.


Balles, Obus, Explosifs !

Les chats ont neuf vies, mais les aristocrates sont éternels. C’est en 1917 que Winston Churchill est rappelé au pouvoir. Il devient Ministre des Munitions, poste logique pour un petit-fils de Wall Street, puisque c’est la Rue du Mur qui contrôle presque 100% de la production de l’armement mondial de l’époque, comme le lecteur attentif (et la lectrice aussi, bien sûr !) l’a vu dans les chapitres précédents. La guerre se termine à peine que Churchill est nommé Secrétaire de la Guerre, ainsi que Secrétaire de l’Aviation. C’est donc lui qui commandera la partie Britannique de l’agression alliée contre la jeune République Socialiste Soviétique de Russie. Churchill est un des plus forts partisans de l’intervention et déclare que le Bolchévisme doit être « écrasé au berceau ». Cependant, malgré ces dures paroles, ladite intervention sera menée très, très, très mollement. Pourquoi ? On y reviendra, à cette prétendue révolution bolchévique. Que la lectrice (et son fiancé !) se contentent pour l’instant d’apprendre avec stupeur que dès 1918, les livraisons de pétrole Russe reprennent vers l’empire Britannique.

Churchill devient le Secrétaire d’État pour les Colonies en 1921 et fait partie des signataires du traité Anglo-Irlandais. C’est donc sous son égide que se crée l’Ulster, cette partie du Nord de l’Irlande qui devient une simple province du Royaume... Uni. Il s’avère que la partie industrialisée et riche de l’Irlande s’y trouve. Cette idée de la partition de l’Irlande, comme on l’a vu au cours du Mauvais Siècle, était particulièrement juste, avisée et efficace ! Peut-être pas autant que la campagne des Dardannelles, mais tout juste. Encore aujourd’hui, personne ne sait véritablement comment résoudre cet inextricable noeud de souffrances et d'horreurs.

C’est en sa qualité de Président du Conseil de l’Aviation que Sir Winston Churchill propose dans les années 20 l’utilisation des gaz toxiques contre les populations tribales Arabes et Kurdes des régions qui allaient s’appeler bientôt... L’Irak. C'est une région névralgique dans le développement de la production pétrolière et ses potes de Shell y ont un monopole. « Je suis fortement en faveur de l’emploi des gaz toxiques contre les tribus non-civilisées... dans le but de semer une vive terreur ». My name is Churchill. Sir Saddam Churchill. En fait, comme les tacticiens allemands du Troisième Reich et les états majors États-Uniens de toutes les époques depuis, Sir Winston Hussein avait un goût prononcé pour les bombardements aériens. Surtout pour protéger des derricks !

C’est sous sa gouverne que furent établies les dynasties des Faisal en Irak et des Abdullah en Jordanie. Il s’agit essentiellement de régimes guignols censés approuver les activités des pétrolières britanniques sur leurs territoires, sourire pour la photo, et tenir de temps à autres des propos terribles contre l’occident, le capitalisme, ou le chewing gum.

En 1923, Shell propose à Churchill un petit boulot de lobbyiste. Leur projet ? Racheter la partie gouvernementale d’Anglo-Persian. Ça tombe bien pour le petit Winston, qui vient de se faire mettre à la porte du parlement et se cherche du boulot, n’importe quoi pour déjouer l'inéluctable mendicité ! Il promet publiquement à sa femme, la gorge serrée : « Je ne nous laisserai pas crever de faim ». Par Vishnu, ces moments émouvants de l’Histoire peuvent parfois m’évouvoir tellement que j’en suis tout ému. Winston avait réussi au cours de la décennie précédente à faire acheter des millions de barils de pétrole par l’armée, la marine et l’aviation de Sa Majesté. Il était également parvenu à faire investir par le parlement les sous de la Couronne, à même les impots et le trésor public, dans une compagnie dont les profits et le contrôle revenait à une banque privée. Tout ça, Winston l’avait fait par amour ! Par amour du pétrole, suivant de sincères élans de tendresse pour cette industrie, pour sa substance si limpide, si humaine, si touchante ! C’est pourquoi lorsque ses amis de Shell lui offrent un boulot de consultant, en cette année tranquille de 1923, il se contente d’une somme symbolique pour ses heures, la dérisoire pitance de... 50 000 livres sterling (8 millions de dollars d’aujourd’hui). Robert Cohen, un des dirigeants de Shell déclare : « On ne pouvait pas tellement discuter son prix ». Ah bon ? Encore un de ces impénétrables mystères...


Chancellier du Trésor Public


Tous ces désatres mènent Winston Churchill à perdre plusieurs élections consécutives. Qu’à celà ne tienne ! Nommé ministre des finances en 1924 sous le premier ministre Stanley Baldwin, il pousse l’établissement de l’étalon Or, ce qui précipite le pays dans une récession, cause une vague de chômage sans précédent et entraine une épidémie de conflits de travail. Sir Winston fait vraiment chanceler le trésor public ! Churchill avouera plus tard qu’il s’agissait de la pire erreur de sa vie, déclarant candidement ne rien connaître à l’économie, et s’être fié aux bons conseils de son ami le gouverneur de la Banque d’Angleterre, le milliardaire Montagu Norman. En 1926, l’Angleterre fait face à une gréve générale.


Le gentil Baron Norman

Il a la particularité d’être l’ami intime du banquier allemand Hjalmar Schacht. Il sera aussi le directeur de la Banque des Règlements Internationnaux, la banque fédérale des banques fédérales, qui sera créée en 1930 pour répartir le pillage des ressources allemandes organisé sous le Traité de Versailles. C’est à ce titre qu’en 1939, Montagu vole 6 millions de livres aux Tchécoslovaques et remet la somme à ses potes de la Reichsbank. On multiplie par 42.51 pour avoir le chiffre en livres d’aujourd’hui ? Ça fait 255 million de livres, un joli milliard de dollars. L’Allemagne avait besoin de liquide, en 1939. Les détails de cette épouvantable crosse ne sont pas encore éclaircis.
Eh beh. Rien ne presse.
Norman, qui travaillait beaucoup, sera également un des fondateurs et principaux promoteurs de la très oubliée Fraternité Anglo-Allemande (Anglo-German Fellowship), établie à Londres sous les auspices de Ernest Tennant et de Joachim von Ribbentrop en 1935, deux ans après l’arrivée d’Hitler. Cette organisation, dont de très importants personnages de la société anglaise et allemande feront partie (ministres, généraux, amiraux, banquiers, etc.), se déclarait ouvertement fasciste et pro-nazie.


La Grande Rigolade des Années Folles

Revenons à notre cher Winston, aux prises avec une grève générale. Il déclare en 1926 : « ou bien le pays brise cette grève générale, ou c’est la grève qui brisera le pays. » C’est pourquoi Sir Winston préconise dès lors l’utilisation des mitrailleuses pour convaincre les grévistes de retourner au boulot. Après tout, ça avait bien si bien fonctionné au Soudan. Cette même année, Winston Churchill confie que « le fascisme de Benito Mussolini a rendu service au monde entier, en montrant la façon de combattre les forces subversives ». Il ajoute plus tard au sujet du gros Duce : « c’est un génie Romain, le plus grand législateur d’entre les hommes ».

C’est en 1928 que Churchill pilote finalement cette fusion des pétrolières Anglo-Persian et Shell, ce qui mène à la création d’un nouveau monopole de facto, lorsqu’à Achnacarry en Écosse, les petits amis de Standard Oil sont invités à se joindre à la danse. Le prix du baril monte !


Étonnantes Sympathies

En 1929, Sir Winston se fâche avec les Conservateurs, qui proposent une légère ouverture face aux revendications de l’Inde. Il s’éloigne alors de toute la classe politique anglaise, mais se rapproche d’autant de la petite clique des barons de la presse, des banquiers et du monde de la finance. Il se consacre en même temps à l’écriture et publie entre autres en 1932 un receuil d’essais intitulé Pensées et Aventures (Thoughts and Adventures) dans lequel il propose d’abandonner le suffrage universel. Il demeure un grand admirateur de Mussolini jusqu’à la fin des années 30.

En 1935, Winston Churchill mène l’opposition contre l’octroi à l’Inde de sa souveraineté. Il dit alors de Ghandi que « ce fakir à demi-nu mériterait d’être étendu pieds et poings liés aux portes de Delhi et écrabouillé par un énorme éléphant monté par le Viceroy ». Il fonde la Ligue de Défense de l’Inde, dont le projet est d’empêcher son accession à la souveraineté.

Churchill a longtemps été une des seules voix à craindre la montée d’Adolf Hitler. Le fait que ses grands amis aient été au même moment en pleine campagne de financement de l’effort de guerre allemand diminue peut-être un peu le panache à posteriori de ses qualités de visionnaire.


Seconde Guerre Mondiale

Lorsqu’éclate la seconde guerre, Winston Churchill est de nouveau désigné Premier Seigneur de l’Amirauté, ainsi que membre du cabinet de guerre. L'Allemagne nazie vient d'envahir la Pologne ! Un allié Britannique ! Winston propose immédiatement d’intervenir avec vigueur avec une invasion de... la Norvège et de la Suède ! Le premier ministre Chamberlain s’y oppose, ainsi que tout le reste du cabinet. Churchill décide d’attendre l’invasion Allemande pour procéder et l’opération, une fois mise en route, est un retentissant désastre qui coûte son poste à... Chamberlain !... Ce sont les scandinaves qui jubilent ! Occupés par le Reich au Sud et agressés par l’Empire de Sa Majesté au Nord. Ce petit détail est parti tout au fond de la trappe à gras du restaurant de l’Histoire, mais je vous en fais cadeau aujoud'hui, parce que je vous aime.

Quant à la Pologne, elle, il lui faudra attendre 1944 pour recevoir « l’aide » (sous la forme bénigne de 40 ans d'occupation totalitaire) que les fameux traités internationaux lui garantissaient et en vertu desquels tout le monde et son canari entre en guerre en septembre 1939. Pendant que l’Angleterre envahit foireusement les innocents scandinaves, la nation polonaise sera divisée en deux, l’Ouest à l’Allemagne et l’Est aux Soviétiques.

Trois mois avant le début de la guerre, Franklin Delano Roosevelt, le président des États-Unis, promet au Roi Georges VI de constituer un blocus naval de l’Atlantique et de s’employer à créer un incident maritime dont il ne resterait plus qu’à attendre les conséquences. Puis, disjonctant toutes les voies de communication normales, dès la nomination de Churchill à la tête de la marine, le même FDR entreprend avec lui une active correspondance, gardée secrète même du cabinet et du premier ministre britannique. Puis il assigne un certain Averell Harriman à titre d’envoyé personnel auprès de Churchill, qui à l’époque n’est pas encore Premier Ministre, mais bien simple Lord de l’Amirauté. Certains messages font référence à une promesse d’intervention États-Unienne donnée par FDR avant même le début du conflit, ce qui contredit toutes les versions officielles et laisse supposer une sorte de danse chorégraphiée par tous les partis impliqués. Si on se rappelle que les banquiers supportant les deux leaders sont les mêmes qui ont monté la machine de guerre nazie (et la soviétique), il devient pratiquement évident que le monde s’est fait arnaquer de quelques trillions de dollars et de 54 millions de vies humaines.

Totalement dépassé par les évènements, Chamberlain, qui avait toujours cru dans la bonne foi d’Hitler (!) et avait cédé devant toutes ses exigences, caprices et gémissements... est forcé de démissionner. Le bon Roi George VI demande à Winston Churchill d’accepter le rôle de premier ministre. Il jouera parfaitement son personnage de celui qui ne cèdera jamais et les Britanniques s’identifieront à sa résolution et à sa détermination.

Tout de suite après un des tout premiers bombardements allemands contre Londres, alors que la capitale est à feu et à sang, le directeur de la boutique de cigares Dunhill téléphone d'urgence à Churchill pour lui annoncer que son stock de Hoyo Monterey Double Corona est sain et sauf.

Roosevelt et Churchill se rencontrent en août 1941 pour la conférence Atlantique. Les deux leaders y discutent avec légereté des beaux grands principes d'autodétermination de tous les peuples de la Terre. Ils avaient manifestement bu. Peu importe ces balivernes, l'essentiel est que la guerre se poursuive. Sir Winston déclare ensuite à son cabinet que « le président a promis de se lancer en guerre sans déclaration et qu’il augmenterait sans cesse le niveau de provocation. Si les Allemands n’aiment pas ça, ils n’auront qu’à attaquer les forces américaines. Tout sera fait pour créer un incident. »
Ce sont par contre finalement les Japonais qui lui permettront de fanfaronner, en attaquant Pearl Harbor. « Nous venons de gagner la guerre », s’esclaffe-t-il, vraisemblablement éploré par la tragédie.


Petits Crimes de Guerre entre Amis

Churchill a la main heureuse en financant les activités subversives des partisans et des résistants dans les territoires occupés par le Reich et en créant des unités de commandos, sur lesquels sont calquées les Forces Spéciales d’aujourd’hui. Il est à noter que de nombreux éléments des unités de résistants ont été dénoncés et assassinés par les Allemands juste avant l’arrivée des forces Alliées. Certains autres, comme les partisans helleniques ont carrément été écrasés ensuite par les forces britanniques, aidés par 400 millions de dollars d'aide États-Unienne (10,772,000,000 U$D de 2006). Une dictature militaire d'extrème-droite est établie en Grèce et les milices qui avaient lutté contre les nazis sont écrabouillées, dispersées, emprisonnées. En France, les leaders les plus à gauche de la résistance sont trahis et presque tous liquidés par la Gestapo avant le jour J.

Churchill participe aux négociations de partage du butin nazi en compagnie de Franklin Delano Roosevelt et de Staline, qui se réunissent deux fois à Québec et une à Yalta. Je n'ai jamais visité Yalta, mais si je me fie à ce que je connais de Québec, le Monde avait de quoi trembler. Heureusement, par contre, il semblerait que la municipalité n'avait pas encore fluoré son eau et qu'en fait, avant le but refusé à Alain Côté, Québec ait été une ville normale, entièrement peuplée d'habitants sympathiques.

Les trois grandes marionnettes vont donc négocier le bout de gras comme s’il s’agissait du résultat d’un vol de banque, se disputant les « pourcentages d’intérêt ». L’ambassadeur États-Unien en URSS de l’époque s’appelait Averell Harriman (oui, encore lui !). C’est Churchill qui proposera les immenses déportations comme solutions aux problèmes ethniques causés par les frontières redéfinies des pays de l'Est. Les déplacements de 15 millions de personnes d’origine germanique par l’URSS de Staline causeront en définitive un peu plus de deux millions de morts. Sir Winston s’oppose aussi à l’annexion de la Pologne par Staline, mais il ne fera rien pour l’empêcher.


Le Plan Morgenthau

À Québec en 1944, les Alliés s’entendent pour ce qu’on appelle le Plan Morgenthau, c’est-à-dire le projet de destruction de l’Allemagne après sa reddition. Le plan prévoit la division de l’Allemagne en trois zones, Nord, Sud et ‘internationale’. De plus, la Saar serait rattachée à la France, la Silésie du Nord à la Pologne et la Prusse Orientale à l’URSS. Toutes les industries seraient démantelées et les équipements divisés entre les alliés victorieux. Les restes de cette grande nation seraient maintenus pour toujours en une vaste plaine agricole et pastorale. On prévoit également larguer des super-bombes à l’anthrax sur les six principales villes, ce qui devrait, selon le plan, entraîner la mort immédiate par inhalation de plusieurs millions de citoyens, suivie par la lente agonie de millions d’autres.

Le plan Morgenthau, « ultra-secret », est coulé aux médias et Joseph Goebbels ne manque pas de le diffuser et de s’en servir dans les derniers mois de la guerre, pour empêcher tout mouvement de reddition. Il est évident que le but du projet Morgenthau est d’allonger la guerre le plus longtemps possible. Un autre point en faveur de cet argument est l’incroyable histoire de ce général génial George Patton, que les Allemands craignent comme la peste. On lui retire son commandement pendant la campagne d’Italie, parce qu’il a dépassé plusieurs fois les objectifs fixés sans s’arrêter lorsqu’on le lui ordonnait. La raison invoquée ? Il a gifflé un soldat pour couardise. Patton passe ensuite une bonne année à se tourner les pouces dans un camp d’entraînement en Angleterre (!). Bradley, son ancien protégé devenu général en chef du front Ouest, le ramène au front, tout empêtré qu’il est en Normandie. On dit à Patton que c’est sa grande gueule qui pose problème et on lui fait promettre de la boucler. Ce dingue fonce alors dans le front Allemand comme un piranha dans un jeu de quilles et le découpe en frisettes à une vitesse ahurissante, démontrant une capacité presque surnaturelle à trouver les points faibles de l’ennemi. Le commandement Allié, alarmé par son avancée trop rapide, encore une fois, lui ordonne de s’arrêter pour attendre Montgommery (un autre favori des historiens blaireaux comme Yergin) et les autres corps d’armée qui rampent comme des limaces. Patton, tout passionné par son travail, est parti pour Berlin ! On lui coupe les vivres. Le diable attaque les raffineries nazies et s’empare du pétrole qui lui manque pour poursuivre son avancée. Finalement, c’est Bradley lui-même qui doit aller le prévenir que s’il ne s’arrête pas, sa carrière est terminée. Patton comprend que la guerre doit s’étirer le plus longtemps possible, il se calme. On l'envoie même se faire tuer dans les Ardennes où les nouveaux tanks General Motors des Allemands dépecent le 101e para, autre unité en punition. Patton surprend tout le monde et casse le front ! Il fout aux Allemands de leur propre recette à la gueule et les taillade au blitzkrieg. Ça saigne ! Patton adore ! Là c'est reparti, on file à Berlin pour vrai, y a plus d'orchestre, plus de théâtre, plus de rue, rien. Patton va encore ouvrir sa gueule une dernière fois en 1945, suggérant aux journalistes que l'armée États-Unienne devrait enfoncer tout de suite la Russie, tandis qu'elle possède l'avantage du bombardement atomique.


Gros Crimes de Guerre bien Coûteux/Payants



Entre le 13 et le 15 février 1945, Churchill ordonne aux bombardiers alliés de raser Dresden, qui grouille de blessés allemands, de réfugiés et de prisonniers de guerre Russes, causant directement 135 000 morts en quelques heures. Les historiens ne s’entendent pas, apparemment, à savoir si les attaques de Hiroshima, Nagazaki, Cologne, Essen, Francfort, Hambourg et Dresden constituent des crimes de guerre. C’est surtout parce que ce sont des estis de morons. Rien que pour nous faire rire, au début du conflit, Roosevelt avait dit des bombardements de populations civiles — faisant référence à ceux de Guernica en Espagne par la Luftwaffe au profit de Franco, des villages agricoles Éthiopiens par Mussolini et de Coventry par les Allemands, constituaient des « crimes de guerre, une inhumaine barbarie ayant profondément choqué la conscience de toute l'humanité ». Après une petite réunion à Casablanca en 1943, il est décidé par Churchill et Roosevelt de piétiner toute l'Europe sous le talon de ces mêmes bombardements aériens et, tant la France que l'Allemagne, ainsi que tous les pays annexés seront visés sans pitié par des raids menés de nuit sans le moindre prétexte de précision ou de stratégie militaire, dans le but de semer la terreur, et de saper l'envie de combattre des forces ennemies ainsi que de la population civile.



J’ai discuté cet hiver avec un vieil Allemand de Hambourg (oui, j'ai parlé avec un hamburger), qui a accepté de me décrire la scène à laquelle il a assisté, lorsqu’à l’âge de 15 ans il s’est précipité dehors au cours de la première attaque, en 1943. Il habitait un petit village situé à quelques kilomètres du centre de la ville. Les bombes incendiaires avaient déversé tellement de phosphore sur la ville que les eaux de l’Elbe étaient enflammées jusqu’à chez lui. Les habitants épouvantés avaient tenté d’échapper aux brûlures en se jetant dans le fleuve et leurs cadavres jonchaient les berges, encore en flammes. Des familles entières ont été retrouvées collées dans l’asphalte des artères, qui avait fondu sous la chaleur. Les rues étroites de la vieille cité avaient constitué de parfaits corridors de convection pour les rivières de feu qui se sont ensuite mises à serpenter dans tous les quartiers. Pour être bien certains de ne pas se tromper, les alliés ont bombardé Hambourg 187 fois entre 1943 et 1945.

En tout, on estime que les raids aériens alliés ont causé 600 000 morts et 800 000 blessés parmi les populations civiles Allemandes au cours de la guerre. Des villes millénaires sont rasées. Le chef du Bomber Command, Arthur Harris, a dit de l’époque : « Nous avons toujours travaillé à partir du principe que bombarder n’importe quoi en Allemagne était mieux que de ne rien bombarder du tout. » La technique du tapissage de bombes (Carpet Bombing) vient de cette époque. Selon l’Histoire officielle de la RAF : « le niveau de destruction de l’Allemagne à la fin des hostilités aurait dégoûté jusqu'à Genghis Khan. » La campagne d'anéantissement s’arrête en avril 1945 lorsque l’armée de l’air de Sa Majesté rapporte à ses supérieurs qu’« il n’y a essentiellement plus une seule cible digne d’être frappée dans toute l’Allemagne ». Le pays est à toute fin pratique pulvérisé. Chaque bombe a été payée en entier par l’argent du peuple des pays Alliés et le sang des peuples d’Europe. Chaque bâtiment à reconstruire représente un alléchant contrat pour les banquiers qui se présenteront par la suite avec de grands sacs vides, n’attendant que les milliards pour couvrir les vallées de leur joli ciment tout neuf, socialiste d'un côté, démocratsssique de l'autre.

L’Union Soviétique avait obtenu des accords de Yalta le droit de prélever 500 000 esclaves en Allemagne et 200 000 en Roumanie, en guise de réparations. Après tout, il faut bien leur donner une bonne leçon. Ça leur apprendra, à ces chenapans, à habiter cette région.


Les Lendemains qui Chantent



Parlant de l’Union Soviétique de Staline, peu de temps après la guerre, Churchill regrette : « Nous n’avons pas dépecé le bon cochon. »

Churchill a été un ardent promoteur de l’Union Européenne... à laquelle il ne voulait absolument pas que l’Angleterre appartienne !

Une des obsessions qui anime ses vieux jours est l’alliance objective des pays de langue anglaise et il préconise une proche collaboration entre les membres du Commonwealth (Empire British version 2.0 sous un nouveau nom cool) et les États-Unis (Empire British version 3.1 sous une pseudo démocratie cool).

En 1951, Churchill revient pour une dernière balade au sommet du gouvernement British. Il propose d’interdire l’immigration indienne, suggérant en 1955 le slogan « Gardons l’Angleterre blanche ». En 1951 il envoie l’armée défoncer la révolte des Mau Mau au Kenya, puis la rébellion Malayan en Asie du Sud Est. Par chance pour les peuples aborigènes du monde, sa santé péréclite rapidement et il quitte enfin la barre du Royaume Uni en 1955. Il passe le reste de ses jours à peindre et à rédiger les milliers de pages de ses innombrables bouquins, ainsi qu'à accorder des heures et des heures d'entrevues à ses biographes, qui en retour produiront également des milliers de pages et d'innombrables bouquins.


Héritage

On doit à Churchill l’expression Le Rideau de Fer. On doit le Rideau de Fer à ses potes les grands banquiers de la City, amateurs de Monopoly grandeur nature. Tant que tout le monde s'amuse !

En 1953, sa littérature reçoit l’ultime consécration sous la forme du prix... Nobel.





—————
Sources :




Apocalypse 1945: The Destruction of Dresden ; David Irving

The Rise and Fall of the Third Reich: A History of Nazi Germany ; William L. Shirer

The Prize ; Daniel Yergin

The Unauthorized biography of George Herbert Walker Bush ; Webster Tarpley

A people's History of the United States ; Howard Zinn

The Transfer Agreement ; Edwin Black

Un Homme ; Oriana Fallacci

Rethinking Churchill ; Ralph Raico.

Dreadnought: Britain, Germany, and the Coming of the Great War ; Robert K. Massie.

Roosevelt and the First Shot: A Study of Deceit and Deception ; John V. Denson

Despotism Loves Company: The Story of Franklin D. Roosevelt and Josef Stalin ; John V. Denson

Reassessing The Presidency: The Rise of the Executive State and the Decline of Freedom ; Yuri N. Maltsev et Barry Dean Simpson

Omnipotent Government ; Ludwig von Mises

Le Cigare, Guide du Connaisseur ; Anwer Bati

LewRockwell.com

http://nobelprize.org/nobel_prizes/literature/laureates/1953/churchill-bio.html

http://en.wikipedia.org/wiki/Winston_Churchill

http://en.wikipedia.org/wiki/Hamburg#Bridges_and_tunnels

http://en.wikipedia.org/wiki/Bombing_of_Hamburg_in_World_War_II

http://measuringworth.com/calculators

27 commentaires:

rwatuny a dit…

Je savais que c'était un salaud, mais pas à ce point.

Man, tu les déboulonnes un par un.

Si c'était pas si triste, j'en prendrais presque plaisir.

hurktyst !!

Simon G. a dit…

Bis à ce qu'en dit Rwatuny. Vous y mettez beaucoup d'effort, ça parait.

Salutations.

Mistral a dit…

J'interromps ma lecture en 1923. J'ai besoin d'un break. J'y reviendrai. Manifestement, tu ne partages pas mon opinion: que des posts trop longs étouffent le propos et nuisent à sa réception. Tu es, que je sache, le seul blogueur à s'être engagé solennellement à ne jamais effacer les commentaires. N'empêche qu'en crissant vingt pages d'un coup comme une tonne de briques, tu exclus toute possibilité de réagir autrement que par Bravo, comme ci-haut, ou par Fuck. Y a pas moyen de commenter ici point par point sans torcher cinq cent lignes. Dans une conversation mano a mano, tu serais confronté à mesure, et ce serait mieux à tous égards.

Ce dixième chapitre, je le déteste. Il dénature les neufs premiers. Il ne tient aucun compte du contexte historique, contrairement aux autres. Il est hystérique, il est de mauvaise foi. Churchill n'était pas un valet du pétrole. Pas un homme riche. Pas un hypocrite. C'était une figure immensément fascinante, un homme de son temps avec des couilles en diamant et dont ce que tu persistes à appeler le Mauvais Siècle, je ne sais pas pourquoi, se serait encore plus mal sorti sans sa valeur.
Ton livre est important! Mais sans mesure, sans compréhension de l'ennemi, ça ne sera qu'un énième exercice futile de doctrine passionnelle. Je ne saurais souscrire à ça. Back to work, vieux bestiau.
Ton vieux pote, valet du sucre.

& a dit…

Eh eh... Je sais, je sais... Ce sont de longs chapitres... Je coupe, je coupe... Je pense bien à ces commentaires sur la longueur... Je créé des annexes... Mais bon... Ce Winston... Zut. J'ai évacué toute la guerre froide, par exemple, dont il est l'un des artisans.

Mais vraiment, chers amis, et M. Mist en particulier, Chuchill était non seulement immensément riche, mais totalement un pazzi des Rothschild et du pétrole. Avec panache, couilles, ambition littéraire et historique... Mais sans projet social autre que la domination de sa caste, celle des aristos, et sans projet politique autre que la liberté industrielle et banquière, celle-même de ses potes et financiers, les grands argentiers du siècle, les grands filouteurs, ceux dont on ne parle jamais. Ceux dont les noms sont sans cesse estompés. Ceux qui ont fait caca dans le lit. Cassé la cafetière. Pissé dans le pichet. Ceux-là.

C'est pas une race, ni une ethnie, ni un mouvement politique... Non... Le livre noir du millénaire... C'est les banques. Les Grandes Banques. Qui ne sont plus humaines.
Qui sont devenues des machines divines.
Et qui n'ont plus d'autre but que de survivre et pulluler. Se reproduire. Et reproduire leur reproduction.

My god, voilà Nelly Arcand, nue. Et laide.
Eh oui.

C'est sec.

Mistral a dit…

Churchill vivait de sa plume. Pour assurer la subsistance de sa famille, il écrivait. La fortune ne lui est pas venue avant la publication de ses Mémoires. Certes, il défendait une certaine idée de l'Angleterre, surannée aujourd'hui, mais il le faisait dans les règles de la démocratie, et le jeu viril des opinions au Sénat de Rome vers la fin de la République n'était guère différent en substance. Valider l'idée de puissances méphistophéliques omniscientes, créditer les Rockefeller et les Rothschild du pouvoir de décider en secret des destinées du siècle, c'est déresponsabiliser les hommes, les infantiliser, leur ôter ce qu'ils ont réalisé par eux-mêmes.

Il se trouve que oui, une guerre mondiale peut être initiée par le trivial assassinat d'un archiduc. La plupart des conflits commencent comme ça. Que ça fasse vendre de l'huile, je n'en disconviens pas, mais c'est l'orgueil de quelques mecs, tsar ou kaiser ou président ou roi, qui pètent les ballounes militaires. Pas de sinistres génies financiers motivés par la piasse.

& a dit…

Je suis d'accord !
Winston Churchill a vécu de sa plume. Mais en PLUS de ses droits d'auteur, il avait les milliards de sa mère, la fortune des Marlborough, et pouvait compter sur un petit coup de pouce éventuel de ses amis Rothchild, Harriman, Montagu Norman...

Je suis encore plus d'accord :
La plus part des conflits ont commencé autour de bêtes événements triviaux pour dégénérer dans l'apocalypse sanglante. Du moins, en fait... Ma posture est désormais que la guerre, toutes les guerres, sont des estis de rackets. Ma posture est que ces petits machins nonos dont se servent les trompettistes du PR et du spin pour "expliquer" le massacre qui s'en vient, ne sont jamais que ça, des blagues de guignols. Du spectacle.

Suffit de chercher dans l'histoire. Toutes ces nounouneries de guerres déclenchées par un verre qui se brise ou un "avis favorable des Dieux"... De la fucking poutine ! On attaque quand on est prêt et qu'on a des gains à faire. Puis on trouve une explication à donner en pâture au peuple, tandis qu'il revêt l'uniforme, évacue sa ville en laissant tout derrière, ou hurle en vain entre six policiers au fond des bois.

Pour ce qui est des génies financiers, on en parle jamais. Reste qu'aucun roi de l'histoire a pu faire monter à cheval le moindre escadron sans payer pour. C'est ça, la facture. Le bill. Pis ensuite, on doit des services. L'usufruit de la guerre, c'est la souveraineté.

Lichettes, croquettes, phosphore !

É.

Anonyme a dit…

Salut à tous.
Ici se trouve le noeud gordien de la compréhension des événements du 20ème siècle. Si on lit les nationalistes américains ou britanniques, ils s'accusent mutuellement d'avoir vampirisé l'autre. Et comme par hasard, la confrontation entre Shell-BP et Exxon semble au coeur de tous les conflits. Les américains accusent les britanniques d'avoir réussit à garder la structure de l'empire intact à travers l'indépendance américaine. D'avoir fait jouer à la FED le rôle de grands méchants alors que Londres callaient les shots (C'est la position de Tarpley). Les anglais comme Sutton vont plutôt mettre la faute entièrement sur Wall Street.

Quoiqu'il en soit, toutes ces tentatives d'explication supposent une main adroite qui guide les événements. Et c'est précisément là-dessus que toutes les "théories du complot" sont constamment attaquées. J'aimerais partager l'avis de Monsieur Mistral et me sentir relié au monde à travers le prisme conventionnel du récit des événements. Et je garde toujours la porte ouverte au doute. Mais je crois que la position extrême dans laquelle se trouve les USA aujourd'hui sur le plan économique et militaire amène les élites à faire preuve d'une arrogance de moins en moins subtils. Le jupon dépasse. J'attends encore des arguments convaincants pour défaire les assertions contenues dans ce chapitre.
Jean-François

Mistral a dit…

La guerre sert avant tout à dominer sa propre population. Ça occupe les jeunes mâles ailleurs, qui ainsi ne casseront pas la baraque. Ça justifie les taxes et les impôts d'exception, qui bientôt deviennent les taxes et les impôts ordinaires. Ça stimule l'agriculture, les forages, l'industrie, les chantiers, le commerce, le showbiz et les hormones. De toujours, on est parti en guerre sans certitude de gagner, la plupart des guerres anciennes qui ont forgé notre civilisation, aucun historien n'en dégage les tenants, seulement les aboutissants. L'argent, Éric, c'est comme les putains: ça suit l'armée, ça ne la précède pas. Je ne m'attends guère à ce que tu voies les choses ainsi, mais c'est quand même comme ça qu'elles sont.

Mistral a dit…

Jean-François: Winston Churchill n'a pas besoin de moi pour le défendre, me semble. Qu'est-ce qu'il faut avoir fait de bon et de grand dans sa vie pour qu'il en reste quelque chose d'estimable aux yeux des générations futures? Cette idée qu'on ne puisse rien faire d'assez bon pour éloigner les charognards est profondément décourageante. Pour ma part, je n'insulterai pas la mémoire de Winnie en me faisant son avocat. Lisez, faites-vous une idée, concluez ce que vous voudrez: c'est pas les sources qui manquent.

Anonyme a dit…

Des charognards comme des, vautours?

Chux

Un hyène mangeant le cul de Churchill a dit…

Chomp chomp chomp.

Mistral a dit…

Salut bastien.

Simon G. a dit…

Est-ce l'hérésie totale que de suggérer qu’il y a du vrai dans tout ce que vous dites, en ce sens que tous vous peignez des facettes de ce qu'on appelle "la Guerre" (ou ce qu'on appelle "Churchill"), et que pour les humains aveugles et aveuglés que nous sommes, il est préférable de s'éclairer d'autant d'angles que possible?

Par exemple, il me semble que c’est concevable que l’argent puisse à la fois *précéder* et *suivre* l’armée. Non?

Quoi qu'il en soit, tout ça est fascinant.

Bon vendredi à vous tous.

Mario Magnifique a dit…

Churchill et un grand homme et vous etes tout des hostie de crisse de théotie de complot de marde touvez vuos des jobe au lieu de critiqué les plus beaux exploits.

& a dit…

Bienvenue dans le Crachoir, Chux et euh... Hyène et Mario. Gênez-vous pas pour y mettre de la substance !
Ehg ehg ehg.

En tout cas, ce chapitre fesse dans un nerf, on dirait. Chouette.


É.

Ps. Mario, êtes-vous le vrai Mario Magnifique, ou un admirateur de Mario le Magnifique ? En tout cas, si vous êtes vous, je tiens à vous dire que je vous aime. Vous avez besoin d'un petit cours d'orthographe, mais je vous aime.

& a dit…

Aaaah Bastien... J'avais oublié qu'il pouvait frappé à tout instant ! Allo Bast.

& a dit…

Simon, oui. C'est de l'hérésie.
Ça me plaît.
Buvons.

Bon, je pars au soleil... Pas de chicane pendant que chus parti. Du construcif ! De l'amouumummouuur.

Vive tout !

&.

Anonyme a dit…

Christian

Le dossier de Churchill, je n'en connais pas grand-chose. Mais le fait qu'il envoie la toute première troupe qui entre dans la première guerre mondiale (à Bagdad) et qu'il est associé directement aux intérêts pétroliers Brittish allume des lumières rouges. Pour son rôle dans la seconde guerre. Là, je suis extrêmement perplexe...La position d'Éric sur la deuxième guerre va assez loin et ça pose des problèmes immenses d'interprétation de l'histoire.

Quand à vouer toute action des hommes d'état occidentaux à la vindicte éternelle, il y'a un pas que j'essaie de ne pas franchir. Par exemple, De Gaulle semble avoir été un authentique résistant. De nombreux indices tendent à prouver qu'il a été la cible de nombreuses tentatives d'assassinat de la part de la CIA parce qu'en jetant l'OTAN hors de la France (quand il a compris que les attentats terroristes en sol Européen émanait de cette organisation) il s'est mis la "big buisness" anglo-américaine à dos. Pourtant, sur le dossier de l'Algérie ou des revendications sociales, il était un colonialiste classique et un conservateur plutôt répressif. Mais un résistant pareil. Churchill, un authentique résistant ? J'ai de fortes réserves.

On peut me suggérer des lectures pour confronter ces doutes.Mais pas ses propres écrits.

Jean-François

& a dit…

Les écrits de Churchill sont excellents ! J'ai fait un peu de sarcasme, à la fin de mon truc, parce que ses hagiographes m'irritent un peu le pouel gauche du chancre mou, mais du Winston (comme du Kipling, d'ailleurs, ou du Walter Scott) ça torche !

Quant à ma bibliographie, qui est dûment alignée à la fin des chapitres, dans le cas de Sir Winnie, elle est à 99% tout à fait officielle, reconnue, authorisée par les grands bourgeois capitalos et tout et tout. Shirer, Fallacci, Massie... Yergin... Spa le comité journal du parti Commmunisss... C'est du monde assez tranquille. Ça pue le pupupu pullitzer in da house !

Pour ce Tarpley, bien que porteur de thèses nouvelles et souvent bouleversantes, son travail méticuleux d'archivage et de références, son analyse profondément pragmatique et concrète des mouvements sous-terrains, font que son boulot est acceuilli dans un silence malaisé par les médias officiels. C'est par contre objectivement une des sources solides de "réinformation" sur l'Histoire du siècle.

Quant à Zinn, un peu comme Chomsky, ce sont des auteurs héros des travailleurs et de la gogauche, dont les oeuvres sont à peu près inattaquables au niveau factuel, et plutôt très conservatrices au plan de l'interprétation. Chomsky se touche encore le grelot sur le 11 septembre, par exemple, alors bon... Faut pas être trop radical pour voir les cordes des petits guignols dans celle-là !

Mon projet à moi, c'est autre chose, vous l'aurez remarqué. Je suis pas de gauche, pas de droite (ces blagues !). Encore moins de centre ! Pas mal pro-planète, pro-humanité. Disons que chu d'en dessous. Par contre, je déteste pas grand chose au monde autant que le fascisme et ses ersatz divers. J'ai beaucoup lu l'Histoire, depuis toujours. Et je me suis largement fait niquer par des phrases qui m'énervaient dès l'école primaire, du type L'armée de Napoléon s'étant retirée du pays, le Khalife réinstaura son régime. Quoi ?! Pourquoi, comment, par qui ?! Et qui paie ? Qui collecte après ?

Aujourd'hui, quand je réussis à arracher une de ces gales-là... WOW ! C'est une jouissance. Et puis oh ! J'ose le dire... C'est une jouissance sans entraves ! C'est comme... C'est léger ! C'est doux. C'est frais.

Je me sens bien,


Minouche, patouches, napalm,

&.

gomeux a dit…

J'ai lu ces posts il y de cela deux semaines et j'essaie encore de m'expliquer ce qui a bien pu provoquer toutes ces réactions Pro-Churchill.
Peut être parce que j'étais malade ce jour là, mais on ne m'a jamais trop vanté les exploits du Churchill au secondaire, encore moins au primaire.
Ainsi, du plus loin que je me souvienne, ce qui m'a marqué le plus de lui, outre ses innombrables citations qu'on nous envoie dans le fond de la gorge périodiquement, est cette phrase "questionnaire" plutôt facho qui nous demande:
"choisiriez comme dirigeant vous un homme sobre ou un alcoolo" et ainsi de suite, la chute étant que tout le monde fini par choisir Hitler au lieu du gros saoulon.

Bon.

Tout ça pour dire que le mythe du sauveur du monde civilisé ne m'a jamais atteint et c'est pourquoi je suis surpris par de si virulente opposition de la part de Mistral. Je ne vois pas en quoi le chapître sur Churchill dénature tous les autres, il s'embrique, je pense, plutôt naturellement dans le grand puzzle que Mek est en train d'assembler. J'étais infiniment plus boulversé par la lecture du chapître sur Morgan que celui ci. Allez savoir pourquoi, que Churchill ait été riche et valet de BP me choque moins que l'équation: planification du crash de 29 et Suburbia.
Enfin, je suis peut être naif.

Toujours est il que je recommande vivement, si je peut me permettre, le visionnement et le revisionnement de History of Oil par Robert Newman, sur Youtube ou google vidéo, whatever gets you through the night.
C'est pissant de rire, et très fin comme humour.
Oui oui.
Humour. Comme dans énoncer des faits oubliés d'une façon vaudevilesque.
Le bon Winston doit être nommé 5 fois en 45 minutes.
Deux et deux égale quoi déjà?

& a dit…

Le truc avec Winston, c'est qu'il est irrésitible. Je me souviens de cette députée rivale qui a dit un jour aux journalistes : « Si Churchill était mon mari, j'empoisonnerais son thé ! » Ou quelque chose dans le genre, je ne retrouve pas la chose précise. En tout cas, Sir Winston répond du tac au tac : « Si elle était ma femme, je le boirais ! »

Si Harper avait cet humour génialement morbide, je songerais moins à fuir mon pays. Au moins, le fascisme en voie d'installation aurait l'avantage d'amener un petit gag ou deux par semaine, on se détendrait, dans les camps de la mort.

Entéka. J'ose à peine imaginer la tempête de marde que mon chapitre sur les Roosevelt va m'apporter !



Lichettes, flatous, sarin

É.

ipz a dit…

C'est donc cela, la canine revancharde du jeune historien frustré par ses professeurs pointe férocement sous cette sombre chronique du XXe siècle ^^

Voyons.
Me voici donc rendu à la fin de ce mauvais siècle, pour l'instant, j'ai faim, j'ai soif, ma main tremble sur la souris et le clavier me fait de l'œil. Mais pourquoi ne suis-je pas vraiment surpris ? La longue nuit du cynisme ou l'anesthésie bourlingueuse de la blogopshère...

Tout va bien.
La division veille sur leurs intérêts et le mensonge protège nos enfants de la versatile nature de nos pairs. Mais en cet instant croissent ceux qui n'en peuvent déjà plus de ce monde stérile se nourrissant des fausses séparations.

Car.
Ces milliardaires sacripants construisent des barrages au milieu de l'océan : ils ont déjà perdus mais l'ignorent encore. Ils sont encore là, qui se réunissent loin des regards comme à leur habitudes. Bilderberg & Co. et toute la clique orgueilleuse des maîtres de la cité.

Maintenant.
Qu'importe le nombre de ces petites lumières composées d'artifices qui nous hypnotisent encore, bientôt nous sortirons de cet âge crétin où règnent les clivages de l'ignorance :D

Je.
Inéluctablement, les anarchos-psychotiques de l'amour fou vaincrons !!! La peur, le mensonge et la force des armes seront impuissants car tous et toutes se lèverons alors pour crier "YA BASTA !!!" Et jeter à la mer leurs vieux habits clinquants devenus inutiles.

Sais.
Non pas comme une foule idiote pour obéir à des choix qui ne sont pas les siens, mais en chacun & chacune par la seule lumière du cœur enfin révélée.

Qu'ils seront détruits par leurs propres ruses !

Fort de cette connaissance le rézo se referma sur l'auteur et nul jamais ne le revit sous ce masque.

& a dit…

iPz :
Eh, eh. Pas historien pantoute, mais bluesman à vélo, avec plumes au cul comme ses ancêtres dans les gravures.

Reviens-nous.
Y a les 10 autres chapitres en ligne, avant le mois de mai.

esteban3012 a dit…

Je ne comprends pas la pruderie que l'on manifeste envers l'utilisation du gaz. Je suis profondément favorable à l'utilisation de gaz-poison à l'encontre de tribus barbares. (ndlr. waoh!)

W. Churchill dans le texte

http://fr.wikiquote.org/wiki/Racisme#Winston_Churchill

Anonyme a dit…

Comment vous croire?

Vous ne fournissez pas les sources
des citations (nr. pages/livre/auteur/éditeur)

par ex. de quel texte de Churchill tenez vous les propos que vous citez ?

É. a dit…

Cher et valeureux anonyme, primo, je ne demande à personne de « me croire ». C'est une idée qui me remplit de stupeur. Secundo, pour les références, il fallait risquer l'épuisement musculaire de votre index et dérouler jusqu'en bas, où vous auriez lu ceci (vous devrez attendre la version papier pour les numéros de pages des références imprimées) :

………

Sources :




Apocalypse 1945: The Destruction of Dresden ; David Irving

The Rise and Fall of the Third Reich: A History of Nazi Germany ; William L. Shirer

The Prize ; Daniel Yergin

The Unauthorized biography of George Herbert Walker Bush ; Webster Tarpley

A people's History of the United States ; Howard Zinn

The Transfer Agreement ; Edwin Black

Un Homme ; Oriana Fallacci

Rethinking Churchill ; Ralph Raico.

Dreadnought: Britain, Germany, and the Coming of the Great War ; Robert K. Massie.

Roosevelt and the First Shot: A Study of Deceit and Deception ; John V. Denson

Despotism Loves Company: The Story of Franklin D. Roosevelt and Josef Stalin ; John V. Denson

Reassessing The Presidency: The Rise of the Executive State and the Decline of Freedom ; Yuri N. Maltsev et Barry Dean Simpson

Omnipotent Government ; Ludwig von Mises

Le Cigare, Guide du Connaisseur ; Anwer Bati

LewRockwell.com

http://nobelprize.org/nobel_prizes/literature/laureates/1953/churchill-bio.html

http://en.wikipedia.org/wiki/Winston_Churchill

http://en.wikipedia.org/wiki/Hamburg#Bridges_and_tunnels

http://en.wikipedia.org/wiki/Bombing_of_Hamburg_in_World_War_II

http://measuringworth.com/calculators

Anonyme a dit…

L’objectif de la Seconde Guerre Mondiale était de ressussiter le statut de l’Homme...je pense que c l objectif de chaque humains surtout...
d'ailleurs les artistes d aujourd'hui ne valent pas plus que lui ...
telle chien telle chat...