Friedrich Nietzsche

L'État , c'est ainsi que s'appelle le plus froid des monstres froids et il ment froidement, et le mensonge que voici sort de sa bouche : « Moi, l'État, je suis le peuple. »

Maxime Gorki

Le mensonge est la religion des esclaves et des patrons

mardi 3 juillet 2007

Le Mauvais Siècle, annexe 1
Les Tampons


Les tampons naissent dans les bureaux de relations publiques. Le tampon est une façon de faire accepter à la population un concept ou une idée allant à l’encontre de ses intérêts, irrecevable, ou dégoûtante. Le tampon est utilisé afin de vendre un produit à ce même public, qu’il s’agisse d’un objet, d’une politique, d’un comportement, ou d’un personnage public.
Le consultant en relations publiques qui fait bien son travail trouvera toutes sortes de façons de faire courir son tampon dans toutes les strates de la société. C’est Bernays, qui a inventé le placement de produit, mais d’abord et avant tout, il a inventé le placement de tampons.
Lorsqu’une émission de tivi reprend de façon parodique le tampon «tchiquetchik » de la campagne d’une célèbre carte de crédit, elle contribue, non pas à détruire cette campagne, mais à la galvaniser. À ce stade, le spectateur aura reçu le tampon directement dans la pub télé, visuellement dans son journal, sur la rue, sur les panneaux publicitaires et dans son lit par la bouche d’un ou d’une partenaire de bisous.
Bien vite, on entend partout sur la rue, dans les endroits publics ou dans les soupers de famille, l’expression «tchiquetchik», utilisée à divers degrés (premier degré par les gens âgés «cools », second par les jeunes branchés révoltés qui récitent la parodie, troisième par les intellectuels cyniques qui se moquent des deux autres groupes, etc). Peu importe, pour que fonctionne le tampon, il suffit qu’il soit repris. Il importe de savoir que les groupes de relations publiques, et ce dès les débuts du cinéma, ont cherché sciemment à placer leurs tampons dans les répliques dites à l’écran par les personnages du film. Souvent, ce phénomène n’était même pas rémunéré. Bernays et ses potes ont réussi à faire intégrer d’innombrables scènes de « cigarette » dans les films hollywoodiens, avec l’idée de faire accepter le produit au public, les hommes croyant la cigarette l’apanage des mauviettes (par opposition au cigare), et les femmes trouvant vulgaire de fumer en public.

Les médias vont adopter et glisser constamment les tampons dans leurs textes. Éventuellement, le tampon sera repris par le public de façon inconsciente, et répété à l’intérieur même des conversations, en toute liberté, de façon volontaire. Un tampon efficace est celui qui ne fait jamais l’objet du texte lui-même, mais est planté dans le décor comme un fait accompli, une réalité indiscutable.

C’est ainsi que la CIA est parvenue à accoler le tampon Lider Maximo à côté du nom de Fidel Castro. Cette expression ne vient pas de Cuba ni des Cubains. C’est un tampon associant Castro à un despote. Pour cette raison, on publie souvent des articles insignifiants sur Cuba (l’arrestation d’un cycliste en état d’ébriété à Camaguey, disons) ayant pour simple but de mettre encore une fois le public en présence du tampon, Lider Maximo.

Tampons populaires :

Faire rouler l’économie : c’est le tampon parfait, qui contient sa propre logique et sa propre justification. L’expression n’a à peu près jamais fait l’objet d’analyses destinées à en disséquer le contenu, à en extraire les vagues promesses, ou à en préciser le fonctionnement. Il suffit de l’évoquer pour susciter l’enthousiasme. Les armes nucléaires… T’occupe ! Ça fait rouler l’économie ! Tend à se voir remplacer par la nouvelle version du même concept, d’une atroce vacuité, Créer de la richesse.

La tolérance : je me suis pris bien des vestes à tenter d’expliquer ce point-là, qui est si profondément ancré dans le système moral de la population qu’il est presque impossible d’en démontrer la subtile trahison. Simplement, la tolérance (supporter avec patience, souffrir, endurer, admettre) est très éloignée de l’harmonie fraternelle. Si les élites de notre société avaient voulu promouvoir la bonne entente, le tampon aurait été curiosité, fraternité, ou même… amour ! Je vous fais remarquer qu’à la même époque dans les mêmes médias on revient constamment avec un autre tampon, tolérance zéro, qu’on associe toujours à la drogue, aux gangs de rue, à la violence conjugale ou à la pédophilie. Il est donc indubitable que l’objet de la tolérance est systématiquement « moralement mauvais ». Ergo, lorsqu’on nous montre une bridée, un kebla et une musulmane sur une photo où on évoque la tolérance, on renforcit la notion selon laquelle les cultures et les bagages génétiques différents des nôtres sont mauvais mais doivent être soufferts, endurés, admis.

Guerre contre la terreur : bon. On va pas s’étendre là-dessus longtemps. Ça roule en boucle. Suffit de se promener le long d’un vaisseau de guerre (à fortiori un porte-avions) pour savoir ce que c’est que la véritable terreur. Combattre l’inondation en versant de l’eau par-dessus, sauver un homme de la noyade en lui tirant un balle dans la tête, éviter à un enfant de souffrir en l’assoyant devant la télé… C’est de la blague. Assez rigolé.

Terrorisme : assez marrant, celui-là. Il me semble que ce sont les Israéliens (à l’époque où ils étaient dans le rôle des Palestiniens d’aujourd’hui), qui les premiers ont dit du terroriste qu’il est celui qui livre sa bombe à main, plutôt qu’aux commandes d’un appareil supersonique. Quoi qu’il en soit, l’expression vient de la Révolution française et représente une phase politique durant laquelle l’État (!) faisait régner la terreur (en coupant des têtes, notamment). Il s’agit à la base de l’emploi systématique par un pouvoir ou par un gouvernement de mesures d'exception et/ou de la violence pour atteindre un but politique. Étonnamment, cette définition est complètement disparue du vocabulaire pour laisser place à la seconde et plus moderne, l’ensemble des actes de violence qu'une organisation politique exécute dans le but de désorganiser la société existante et de créer un climat d'insécurité tel que la prise du pouvoir soit possible.

Dire les vraies affaires : il suffit de prononcer cette imbécile phrase pour que tout ce qui suit soit pris comme du solide. On va se dire les vraies affaires tout de suite, drette icitte, le gros, Mario Dumont est un lézard de trois mètres !

Les insurgés : c’est le nom que la presse capitaliste donne à deux groupes radicalement opposés. Le premier est formé de tous les citoyens des pays récemment conquis par nos armées démoncrassiques et qui ne dansent pas tout nus dans la rue pour manifester leur appui à nos pillages. L’autre est l’ensemble des pseudo-terroristes chargés par la CIA de montrer aux téléspectateurs la méchanceté de ceux qu’on écrase militairement, leur sauvagerie, leur… barbarie.

Gaspiller l’eau : esti. Lisez lentement, je touche à votre vertu la plus profonde. Oké, on respire, un, deux, trois… L’EAU NE PEUT PAS DISPARAÎTRE. L’eau est une molécule formée de trois atomes, deux d’hydrogène, un d’oxygène. Lorsque vous tirez la chasse, que vous laissez couler le robinet, que vous prenez un bain ou que vous arrosez votre trottoir en béton armé, vous ne faites pas disparaître l’eau ! Vous la déplacez. Arroser ses chaises de plastique ne détruit pas l’eau ! Ce n’est pas un geste contre l’environnement, pas plus que de faire pipi ou laisser couler le robinet. Gaspiller l’eau est plutôt, disons, anti-social, dans ce sens qu’il met une pression accrue sur les ressources techniques de l’aqueduc municipal. Cependant j’insiste, mes amours, lorsque vous tirez la chasse de votre cabinet d’aisance, les molécules d’eau restent bel et bien sur la planète Terre. « Mais alors ? » demandent les foules de visionnaires trépignants, « de kessé ? » Eh bien. En nous inculquant cette notion totalement débile du gaspillage de l’eau, on nous passe plusieurs sapins à la fois.
Primo, on nous habitue à considérer l’eau comme un produit, comme une denrée d’une grande valeur. Ça c’est parce que d’ici peu, on a l’intention de vous la VENDRE.
Secundo, l’eau potable acheminée à votre lavabo est une des richesses de la cité, qui aime bien que ses accomplissements soient envisagés avec respect.
Tertio, et là je sens que le cercle des amis qui me restent va se restreindre encore, une certaine industrie a avantage à empêcher autant que possible le développement hydroélectrique. Cette industrie, celle du pétrole, représente un des plus puissants lobbys de toute l’histoire de l’humanité. Tous les kilowatts qui ne seront pas produits par l’hydroélectricité le seront par des centrales thermiques, ou nucléaires, qui ont comme caractéristique de polluer infiniment l’eau douce. C’est aussi simple que ça. En plus, et particulièrement dans le cas du pétrole de l’Alberta Saoudite, l’extraction même du carburant consommé dans ces centrales polluantes cause des dommages indescriptibles aux rivières. Désolé, Roy, tu travailles sans le savoir pour Esso.
Quatro, on a réussi à nous hypnotiser suffisamment pour nous faire oublier que la terre est couverte aux trois quarts d’eau, que l’eau de mer est tout à fait potable à condition de la désaliniser, ce qui s’accomplit simplement par distillation, une technologie à la portée de n’importe quelle bouilloire.

La Surpopulation : En nous faisant croire que ce tampon était le résultat de la mure réflexion des opposants aux régimes que nous détestons, on nous a privé de notre capacité de réflexion. Il y a infiniment assez d'eau sur Terre pour faire boire tout le monde ! Tout au plus faut-il en désaliniser une partie, ce qui n'est quand même pas équivalent à envoyer une équipe de golfeurs sur la fucking lune ! Pour ce qui est de l'espace physique, me faites pas rire, c'est vide ! La bouffe, la bouffe ! Beh, au-delà des gaspillages évidents, je rappelle à mes chéris les humains qu'un gramme de protéine de soja coûte un millième des ressources consacrées à la production d'un gramme de protéine de viande de boeuf. Ce qui veut dire qu'en conservant à peu près les mêmes méthodes pourries d'exploitation agricole et de distribution des terres, uniquement en tournant notre production vers le soja, nous pouvons nourrir 1000 fois plus de gens qu'aujourd'hui. Donc huit trillions. Oui madame. Si vous trouvez que c'est "trop", arbitrairement trop, pointez du doigt ceux dont vous n'acceptez pas la descendance, prenez un gun, pis allez-y !

La lucidité : la droite, l’extrême droite et les fascistes chantent ce refrain décérébré. Les pazzi des prétendus partis de gauche se chargent eux-mêmes d’opposer ce tampon à la solidarité, qui devient par le fait même l’inverse de la lucidité dans l’esprit du public.

La barbarie nazie : ce tampon suprême me fait toujours grincer des dents et m’arracher les poils de cul. Il n’y a rien d’innocent à l’utilisation endémique de cette expression. Il importait après la seconde guerre de détourner la responsabilité des horreurs du Troisième Reich. Le Reich et le fascisme sont l’aboutissement de l’hyper urbanité, de la civilisation au sens impérial et romain du terme, de l’asservissement de toutes les ressources, de tous les corps, de toutes les âmes et de tous les groupes, au service de l’État tout puissant. Notez l’ironie, c’est exactement l’inverse de la barbarie, qui représentait pour les Romains l’autre forme de civilisation qu’a connu l’humanité, le nomadisme (et par extension cynique et distorsion littéraire, l’ensemble des sociétés vivant à l’extérieur des frontières physiques de l’Empire). En associant les horreurs du fascisme (hyper-cité) à la barbarie (rapport direct à la nature), on crée un effet d’inversion des culpabilités et on préserve de la souillure un système social inhumain poussé à son aboutissement, celui de la cité impériale, au détriment de ses ennemis jurés, le nomadisme et l’anarchie fédérative (le modèle Celte, disons).
En partie grâce aux bons soins d’Edward Bernays, l’Amérique d’après guerre va donc détourner (to spin) et exploiter le sentiment de dégoût profond, de terreur et d’écoeurement que ressent toute la planète pour le système fasciste. De façon incompréhensible, un consensus semble se former d’un bout à l’autre de la Terre sur l’impératif d’un retour, d’un recul, d’un resserrement de la… morale, idéalement judéo-chrétienne. Les années 50 seront les années de la pureté, de la piété, de la bonté chrétienne, de la famille, du travail, de la patrie. C’est la victoire éclatante des valeurs fascistes !
Le gouvernement États-Unien de Dwight Eisenhower inaugure en 1955 une Loi sur la Santé Mentale grâce à laquelle de gigantesques armées de travailleurs sociaux et de psychologues se déploient à travers l’Amérique. Leur rôle consiste à servir de rempart entre la nature humaine (prétendument responsable des pires horreurs lorsque laissée libre) et la bonne société — il est sous-entendu que l’Allemagne Nazie et l’Italie Fasciste étaient des sociétés où la population courait nue dans tous les sens, libre de toutes entraves ! Accessoirement, ils auront à gérer les débordements causés par l’imposition d’un mode de vie particulièrement invivable, dans l’immense étendue de la Suburbia. Un fort pourcentage de la population, en particulier chez le hommes, se trouve incapable de supporter sa condition. On invente un terme pour les catégoriser, il sont les inadaptés (misfits). Les pharmaceutiques (la plupart appartenant aux divers groupes de Rockefeller) se feront un plaisir de les bourrer de pilules, ce qui les rendra plus aptes à se carrer dans le moule d’acier trempé qu’on a créé pour eux.







—————

Sources


Terrorism and War : Howard Zinn

The Father of Spin ; Larrry Tie

Propaganda ; Edward Bernays

Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales
http://www.cnrtl.fr/lexicographie/tolérer
http://www.cnrtl.fr/lexicographie/adapté

22 commentaires:

Anthony Naglaa a dit…

Je découvre cette littérature Québecoise et ce McComber dont un ami a fait la critique sur un site.

Fort agréable.

Bientôt, je tomberais Sans Connaissance.

rwatuny a dit…

Salut,

Peux-tu expliciter ton point tertio sur l'eau ?

Je veux dire en quoi le gaspillage/non-gaspillage de l'eau potable et courante est-il lié aux intérêts des pétroleux via le développement ou non de l'hydroélectricité ?

cedagl !!
crlhunv !!

Anonyme a dit…

En forme ce Éric aujourd'hui... George Orwell a abordé à plusieurs reprises dans ses livres le thème de la perversion du sens des mots. Un très bon exemple du genre est la première guerre du Golfe. On y meurt plus vraiment alors, plutôt on devient : "missing in action" On ne craérise pas tout une zone à l'envers en la bombardant, désormais on "conditionning the area" et aussi l'emploie du terme "allié" pour qualifier ceux qui sont avec les américains dans cette opération. C'est un rappel de la coalition des pays qui ont lutté contre l'Allemagne nazie dans la guerre que nous connaissons.
Daniel

& a dit…

Anthony, soyez le bienvenu dans le crachoir.

Rwatuny, on entend souvent dire les adversaires du développement hydroélectrique qu'il s'agit d'un immense gaspillage d'eau. En fait, il s'agit d'une destruction massive de l'habitat d'une région donnée, j'en conviens. Très souvent, de superbes paysages sont défigurés par les barrages, et d'innombrables specimens de vie végétale et animale périssent dans l'aventure. Cependant, les dommages causés tant aux rivières qu'à la nature par les centrales thermiques sont encore plus élevés ! Donc, hors une utopique réduction de la consommation, c'est hydro ou nucléaire ! Voilà ce qui bloque la voiture électrique en Europe, le potentiel hydroélectrique a été en totalité harnaché ! Conséquemment, la voiture électrique fonctionnera au nucléaire ou... au thermique, donc au pétrole, au charbon, ou au gaz. Ceux qui me connaissent savent que je suis de ceux qui croient au praxis de la réduction de la trace écologique. Reste que dans la réalité bien concrète de la Terre qu'on habite ici maintenant, les choix ne sont pas infinis. Vivement le solaire, l'éolien, le thalasso, mais là aussi, le lobby du Big Oil veille au grain.

Danonyme, on peut en ajouter une tonne, cadeaux de l'armée-riche médiaterrible :

armes de destruction massive
Ouaaaah. Faut surtout pas que les autres mafiosi de la bande portent des gourdins ! Y a que Mononc Sam qu'y a le droit ! Ouk ouk ouk.

Peak oil
Cette crise annoncée en catastrophe pour la première fois en 1900 et ramenée à un public amnésique tous les dix ans pour faire monter les cours)

Peacekeepers
Des missiles ballistiques à ogives nucléaires. Ça garantit la paix. Comme une camisole de force garantit le calme.

Contracteurs militaires privés
120 000 sont actuellement déployés en Irak. Valeur annuelle déclarée de cette industrie ? 100 milliards U$. Pas des mercenaires, non. Non, non, non. Oui-non-oui = noui noui oun oun mbl mlbl. Bleble.

Guerre asymétrique
Grosso modo, c'est quand un gang de joueurs de rugby pleurniche après que la fillette de 8 ans qu'ils tentaient de violer leur ait tous pété la gueule. Cette petite garce devient alors une insurgée. On menace alors de changer son pays en terrain de stationnement. Chez nous, la menace n'aurait pas l'effet dissuasif escompté (Laval, Longueuil, Trois-Rivières).

École des Amériques
La Escuela de las Americas, dont j'ai décrit la mise en pratique des enseignements au Honduras (voir mon insupportable nouvelle Escuadron), malgré son joli nom full équitable genre, est en fait un collège de la torture et de la répression fasciste. Marrant, non ?

Dictateur
Saddam/Hitler/Noriega/Staline/Bokassa/Mobutu
...est un sale dictateur.
Non, un partenaire de business !
Non, un despote sanguinaire !
Non, un allié nécessitant notre aide financière et militaire contre notre ennemi commun, le DIABLE !
Non, un tyran à renverser immédiatement parce qu'il désosse les bébés chats à mains nues et mange tout crus les petits chrétiens blonds de sa propre bouche !

Franswa P. a dit…

J'applaudis des deux mains (ce qui me donne l'air très con, mais j'assume).
Le principe, évidemment, puisque depuis cette histoire de ti-crisse de glossaire concluant un-certain-bouquin, j'aime bien vos énumérations.
Le fond, ensuite, c'est à dire l'élément théorique initial qui sert de prisme à l'énumération.
Le fond du fond, enfin, puisque je souscris à plusieurs développements sans hésiter.
...
Et ce commentaire sent le sale gosse bien puant, ça n'est pas faux de le penser.
...
Et Anthony, lis Sans Connaissance, allez hop hop hop.

& a dit…

Bienvenue dans le Crachoir, Franswa P.
Je suis depuis longtemps fan/lecteur de votre fabuleux site web, et c'est un honneur que de recevoir votre auguste visite.
Sans compter la critique, avec laquelle, rengorgé, j'ai tapissé les murs de mon logement !

Tiens, je vous mets en liens partout, tiens ! Stie.

&.

Anonyme a dit…

"Support our troops... " on en est rendu là chez nous aussi. En ce sens il y a eû les éditoriaux de La Presse, autrement appelée La Pressda", il y a eu la chronique de Richard Martineau et celle de Gil Courtemanche. Il y a eu la colère du probable prochain chef du parti libéral du Québec, monsieur Couillard parce que certains députés du bloc n'ont pas eu l'idée de se lever d'un seul bond et avec enthousiasme devant la venue de représentants de l'armée candadienne à l'Assemblé Nationale. Il y a eu la super opération de "PR" de l'état canadien durant tout le mois de juin en ce qui concerne l'envoie en Afghanistan du contingent du 22ième régiment, le régiment par excellence du Québec. Et il y a eu l'envoie de ses troupes en pleine SainT-Jean-Baptiste. C'est symboliquement assez troublant.
"Support our troops" comme dans une logique de fait accompli qu'il faut désormais entériner et même supporter puisque cela a déjà lieu.
Daniel

Anonyme a dit…

Non pas les députés du Bloc mais ceux du Parti Québécois vous l'aurez compris...
Daniel

Franswa P. a dit…

Oh ben alors là, si je m'attendais.
Si je peux (collectivement) vous amuser/intéresser de temps en temps, et (individuellement) contribuer à la décoration intérieur de votre appartement (un quelque-chose-et-demi si je me souviens bien? (en même temps je ne prends pas de risque, du coup)), peut-être serais-je encore assez en forme après tout ça pour réussir à finir la présente phrase.
...
Ah ben oui, j'ai réussi, en fait. En tout cas, et pour la faire simple, au risque de faire un peu gnangnan, je suis bien bien fan aussi (mais ça, vous l'aviez compris en lisant mon papier, je pense.)
Bonne suite à vous, je reste dans le coin tout en essayant de rester discret quand même, et de ne pas trop l'ouvrir systématiquement.

& a dit…

Bon sang de bonsoir, trop c'est trop ! Vous êtes à un micron de bannissement pour cause de flagornerie. Bon, je me masturbe dans mon égo et je reviens.

Essayez de ne pas trop ne pas l'ouvrir, surtout pas systématiquement. J'ai si peu de fans, ça serait dommage. Savez qu'en voulant vous linker sur SansConnaissance, je me suis rendu compte que je l'avais fait, mais alors, y a une éternité. Marrant, non ?! Chu crampé drire, asti.

Bien à vous,

&.

Franswa P. a dit…

D'accord, je me rattrape. Je n'ai pas du tout aimé le deux mille sept cent quatre-vingt quatorzième mot que vous avez utilisé dans Sans Connaissance.
Vraiment pas. Il était très mal choisi.
...
Bordel, ce qu'il faut pas dire pour éviter de passer pour un flagorneur, de nos jours !
A bientôt.

& a dit…

Vous avez raison, Franswa ! Ce mot (« pas ») est très faible ! « Une larme, SANS plus » aurait été plus agréable à l'oreille. Merde. J'abandonne tout ! Ou alors non... Je me jure de travailler plus fort à l'avenir. Merci du fond du coeur.
Je pars dans la baignoire, mais je reviendrai.
Plus fort ! Plus déterminé que jamais.
Et même, peut-être, plus doux aux mollets.

Amour, patrie, fluorure !
&.

Anonyme a dit…

Pour revenir sur le fuorure et I G Farben,(inventeur du zyclon b, du Sarin et de la fuoration de l'eau dans les camps) c'est quand même incroyable que le building d I G Farben est aujourd'hui une université incluant les départements de "Philosophy, History, Theology, Classical Philosophy, Art and Music, Modern Languages and Linguistics, Cultural and Civilization Studies, the Center for North American Studies and the Fritz-Bauer-Institute." (Wiki)

Jean-François

rwatuny a dit…

Vaudou, zombies et magie noire, ou pourquoi c'est correct d'aller taper sur Haïti car ce sont tous des vilains.

Le gouvernement des USA, avec l'aide des média, en particulier le cinéma hollywoodien, a en effet utilisé la bonne vieille technique de démonisation :

Claims-Making and Typifications of Voodoo as a Deviant Religion: Hex, Lies, and Videotape

«In this paper, I use key insights from social constructionism to examine three different typifications of voodoo as broadcast by the U.S. news media. I begin by outlining the constructionist perspective, focusing most pointedly on the nature of claims-making and its relationship to typifications (i.e., distinctive constructions) of a social problem. Then, I examine in detail three specific typifications of voodoo as promulgated by various sets of primary and secondary claims-makers in recent years. These respective typifications portray voodoo as (1) a religion based on black magic and witchcraft; (2) a melange of superstitious beliefs used for deceptive purposes; and, (3) a cult religion which sanctions human torture and sacrifice. I conclude by discussing the implications of my findings for claims-making and media representations about unconventional religious groups.»

Book of the Dead: The Complete History of Zombie Cinema

«The first chapter, “Caribbean Terrors”, establishes the Haitian voodoo background of the creature and the importance of colonialist and racist themes: as an independent black nation born out of an uprising against the white masters, Haiti fundamentally could not be allowed to succeed by western powers who found voodoo useful as a way of proving the ‘innate’ savagery and backwardness of the island's population and thereby the need for their ‘benevolent’ interventions.»

vqafza !!
ittig !!

& a dit…

Fortichon, Rwa ! Mégafortichon !

gomeux a dit…

Vous me pardonnerez d'entrer dans la danse un mois en retard, je suis comme ça, gêné.
Simplement pour noter que:

Le beau Roy Dupuis qui est porte parole de Sauvons nos rivières et qui possède apparament un shot du poignet à déshabiller n'importe quel goaleur, prête aussi sa voix, incidement, aux publicités télévisuelles de Ford Motors Canada INC. Je ne juge pas. Je constate.

Que Deuxio, pour les chars électriques, si on enlève les bâtons dans les roues des concepteurs de chars électriques, ben, y vont en faire qui seront auto-suffisant, si je peux me permettre le jeu de mot.

Tertio Françoise David se faisait un point d'honneur de contester le projet Eastmain pendant la dernière campagne éléctorale. Je ne juge pas. J'observe.

Et finalement, on parle énormément du nucléaire pour désaliner l'eau de mer, notamment en Libye.
Constatez vous même.

& a dit…

Strong shit, mon Gom. Strong fucking shit.

roland a dit…

bravo! en particulier je remarque que dans le paragraphe "barbarie nazie" vous prenez la même conscience que Zygmunt Bauman que les horreurs nazies n'étaient le fruit simplement du racisme, à lui seul il n'avait jamais produit ça, mais de cette (je cite de mémoire) cette tendance typiquement moderne à la maîtrise totale, à la gestion parfaite, une fois que cette tendance ne rencontre rien qui l'arrête". c'est là l'idée centrale de son livre "Modernité et holocauste; et aussi qu'on trouve également dans votre texte, l'idée que contrairement aux préjugés des sociologues, la source de la morale ne se trouve pas dans la société - il suffit de passer en revue quelques sociétés et quelques moments de l'histoire, (l'Allemagne nazie par exemple si on est paresseux et veut rester sur le même sujet) pour bien voir à quel point c'est vrai! - mais dans les réactions de la conscience individuelle. Thèse qui est également au centre de l'excellent livre de Michel Terestchenko "un si fragile verni d'humanité".
en 1700 toute la société trouvait que de faire bruler vifs des chats au sommet d'un poteau mis entouré d'un bûcher c'était un spectacle très réjouissant, seul l'individu curé Meslier, tout à fait déphasé avec la morale sociale de son milieux, trouvait ça horrible...

Un troisième auteur à découvrir, j'en profite pour ajouter son nom, est Bernard Charbonneau. Il était très en avance sur son temps car ses diagnostiques dataient de 1939, alors que personne ne le croyait, on a commencé à le prendre au sérieux à partir de la vogue écologiste, et encore plus maintenant.

& a dit…

Merci Roland. Je chercherai ces auteurs.

Paracelse a dit…

Pour le tampon « tolérance », tu devrais préciser que sa promotion a pour but la docilité. Ça renforcera la compréhension de son sens étymologique.

& a dit…

Il s'agit plutôt de canaliser la révolte, en réalité. La docilité est acquise, mais elle se paie aussi au salaire d'une intense confusion, surtout dans les périodes de restriction.

François-David a dit…

Un tampon très efficace : "L'Iran veut rayer Israel de la carte". On le trouve partout, on nous le balance à chaque fin d'article. Or le président iranien Amadinedjad (je ne sais jamais ou est le H) n'a jamais dit ça. Il a dit texto : le gouvernement actuellement en place à Jerusalem ne restera pas dans la page des temps. Traduction faite par une amie perse pourtant anti-regime. C'est l'agence Reuter qui a falsifié la traduction d'un discours et depuis tous les journalistes reprennent ca en coeur. Ca confirme pour moi que rien ne sert de controler la presse, il faut controler les agence de depeches ! Qui se souvient aujourd'hui qu'en 1963, la British United Press basée à Londres à balancé à la presse du monde entier un dossier complet sur Oswald avant même qu'il soit arreté ce qui a permis à un journal néo-zélandais de paraitre 4h après les tirs avec la thèse Oswald. (soit 2h45 après son arrestation au cinema le Texas). Pareil pour l'AFP aujourd'hui qui n'a jamais publié les depeches des journalistes arabophiles viré par Mme Ockrent pour avoir critiqué Mr Kouchner.