Friedrich Nietzsche

L'État , c'est ainsi que s'appelle le plus froid des monstres froids et il ment froidement, et le mensonge que voici sort de sa bouche : « Moi, l'État, je suis le peuple. »

Maxime Gorki

Le mensonge est la religion des esclaves et des patrons

vendredi 20 juillet 2007

Histoire brève et désopilante de l'Afghanistan *



2000 av JC : les Aryens s'installent en Afghanistan.

Les Perses Achaménides, alors maîtres du monde, s'y pètent la gueule. On fout la paix aux Afghans.

330 av JC : Alexandre le Grand s'empare du monde entier, mais se cogne à un mur en Afghanistan.

Au premier siècle, les Kushans basent leur empire en Afghanistan.

En 300, les Sassanides les envahissent, mais ne réussissent jamais à soumettre toute la région.

Les Huns pètent la gueule aux Sassanides. Ils sont à peu près maîtres du monde mais... sont applatis en Afghanistan par les Hephthalites au 5e siècle. Les Sassanides (des obstinés) reviennent en 557 et reprennent toute la Perse, sauf... l'Afghanistan.

Les Musulmans s'emparent de Kaboul, mais pas des régions montagneuses, qui restent à peu près souveraines jusqu'au dix-neuvième siècle. Entre temps, les empires Samanides, Ghaznavides, Seljukids, Ghurides, Timurides se succèdent, mais apparemment sans jamais soumettre les montagnes.

1219 : Ghengis Khan met la planète à genoux mais les Mongols ne parviennent pas à établir un état durable en Afghanistan.

En 1709, le gigantesque empire Perse qui domine toute la région, se pète la gueule à... Khandahar. Fâchés, les Khandaharis se rendent même jusqu' à la capitale Perse, Isfahan, pillent la ville et cassent tout. Leçon millénaire à recopier 400 fois : Faut pas faire chier les Afghans !

Finalement, Nadir Shah et son armée prennent Khandahar en 1738. Ils tiennent la région solidement jusqu'en... 1747. Ensuite, après neuf longues années de stabilité, les Afghans l'assassinent et Ahmad Durrani, déchaîné, conquiert toute la région.

Les puissants Britiches (maîtres du Monde) se tapent de bonnes défaites en Afghanistan en 1839-42, 1878-80, et en 1919. La majorité du territoire finit par être sous contrôle de sa bonne majesté Ze Queen, mais pas... les montagnes... insoumises ! Jamais même recensées !

De 1933 à 1973, c'est anormalement tranquille, sous le règne de Zahir Shah.
Marre du roi, une révolution renverse la monarchie en 1978. Un régime socialiste et nationaliste est établi. Ça énarve Washington et Londres.

La CIA créé, arme, entraîne et dirige les Mujahidins. Et les Talibans. Et AL Qaïda.

Les Soviétiques, semi-maîtres du Monde, interviennent pour calmer tout le monde (et s'emparer subtilement des ressources). Ils se font totalement laminer le cul dans les années 80.

Les Talibans prennent le pouvoir. Reagan décrète une journée annuelle des FREEDOM FIGHTERS, aux É-U, dédiée aux Talibans, ces frères, ces amours, ces héros adorés. Même que Hollywood fait un film de guerre capoté dans lequel un Russe intelligent et gentil (il porte des lunettes, joue aux échecs, le Russe raisonnable, quoi) trahit ses amis Russes pour combattre aux côtés de bons Talibans. Le gentil Russe tue ses amis d'hier et à la fin, tout le décor rocheux du plateau "Roche 4" de Universal est libre et en liesse. Petit clin d'oeil politique, ce sont les femmes Afghanes qui terminent le boulot, malgré l'interdiction de leurs maris, elles se mettent aussi à tuer des Russes (décidément, ces Russes !) et même, elles tuent le chef des Russes et aussi cassent le tank des Russes (il n'y en avait qu'un seul en raison d'un budget plutôt court. Ils ont failli utiliser des noix de coco !).

Années 90 : Halliburton (son VP et actionnaire important s'appelle Dick Cheney) et UNOCAL décident de construire un Oleoduc et un Gazoduc pour aller vendre en Asie les ressources (pétrole et gaz naturel) de la Mer Caspienne (Baku). Pas impressionnés par le contrat offert, les Talibans décident de l'octroyer à Petrobas, la Nationale Argentine. Les Talibans sont déclarés au Congrès des É-U "ennemis de la démocratie". Le FMI entre full pin dans l'Argentine, les ÉU financent un Mario Dumont argentin du nom de Carlos Menem, l'Argentine sombre dans le désastre et privatise son pétrole, son Hydro, puis privatise tout pour éponger ses dettes grandissantes. Le monde entier félicite l'Argentine à pleines pages pour son virage vers la liberté économique ! C'est chantonnant de bonheur que le mendiant jette jusqu'à ses jambes et ses bras ! Il ne sera que plus léger ! Lucien Bouchard jouit dans sa baignoire.**

Septembre 2001 : des Talibans fous de haine pour tout ce qui est bon dans la vie (les SUV, les hot-dogs, les femmes-à-poil sans poils et les pubs de Club Piscine) volent sur des tapis volants de Kaboul jusqu'à NY, où ils apprennent en quelques mois à piloter des jumbojets mieux que des champions et aussi à dissimuler des exactos dans leurs barbes. Le 11 septembre, ils fuckent toutes les lois de la physique et de la science, grâce à de la magie, tuent plein d'innocents et surtout plantent les cotes d'écoutes de Seinfeld, La Petite Vie et la Mutuelle d'Omaha. On voit à plein écran que le pénis bandé et métallique des chasseurs cueilleurs viole la pureté miroitante de la cité alanguie, innocente et... Fragile. Le monde CIVILISÉ tremble, mais ne se rendra point ! L'occident doit se venger. Dick Cheney propose, comme ça, histoire d'aller faire chier les Afghans, de parachuter plein de bombes sur les villages, le long d'un éventuel parcours d'un hypothétique pipeline, dont les Martineau de ce monde ont déjà trop entendu parler.

Après la victoire éclatante de nos forces libres, démocratiques, blanches d'âme, de peau et de coke dans les trous de nez, après avoir bien écrapouti nos néo-ex-alliés Talibans, armés et entraînés par nous, un premier ministre est NOMMÉ, comme ça se fait en démocratie. C'est Hamid Karzaï, ancien VP (ou alors consultant, selon les bios) de UNOCAL. Il déchire le contrat argentin et octroie le projet, sans appel d'offres à... UNOCAL. Halliburton a sa part du gâteau, faut pas s'en faire, y a une justice. On m'assure cependant qu'en 2006, tant Unocal que Karzaï auraient affirmé au cours d'une conférence de presse commune ne jamais avoir entendu parler ni de l'un ni de l'autre. Dans un même ordre d'idée, la balle que Dick Cheney a tiré (accidentellement) dans le visage d'un vieillard de son entourage au cours d'une partie de chasse en jeep dans une pourvoierie où les bêtes sont attachées aux arbres aurait finalement été retrouvée dans les rues de Kansas City où elle se faisait passer pour prostituée Sioux dotée de deux rectums. Une affaire à suivre.

De son côté, tout est terminé en Argentine, qui sombre alors dans la faillite. Les enfants errent nus dans les rues. C'est leur faute, mais ils n'ont plus rien à privatiser ! Qu'est-ce qui reste à vendre quand t'as tout vendu ?! Ce qui est particulièrement marrant, c'est que les nouvelles compagnies, achetées par des géants transnationaux, sont presque en faillite d'année en année, et les dirigeants obtiennent des... SUBVENTIONS pour garder les entreprises à flot, histoire de ne pas perdre les derniers emplois restant. Quant aux montants (équivalents à de minuscules fractions de la valeur comptable) payés par les multinationales pour mettre la main sur le pétrole et l'electricité argentine... Ils ne furent jamais transférés ! Tu vends ta montre pour payer l'épicerie, le gars qui l'achète te fait payer des nouvelles piles, une réparation d'entretien, un nouveau bracelet, pis finalement, disparaît sans te refiler ton 5$.

2004, nos bons québéco-boys arrivent à Khandahar pour civiliser la région, on va régler ça, nous autres.
On est ben là ! On aime ça de même. C'est la bonne vie. On connaît ça !

Go, Canada.
Go habs.
Support our troops.


&.




Post-scriptum marrantissimum....................
En 2002, j'ai publié Antarctique, avec en épigramme une citation de Rudyard Kipling :
La pointe primitive de cette lance brutale pénètre la poitrine du soldat le mieux entraîné du monde et celui-ci s'effondre parmi tout son dispendieux attirail.
— Rudyard Kipling, Afghanistan, 1880.

* Ce fabuleux texte en est à sa troisième révision. Je crois sans pouvoir l'affirmer que je l'améliore à chaque fois, mais il est possible que je perde plutôt mon temps à le rallonger inutilement dans l'espoir de séduire une certaine dame de mes pensées, qui, je crois, aime ça gros.

** Y tambien, Addendum argentinuum
En 2005, le Venezuela, sous la coupe dictatoriale (tellement dictateur qu'il arrête pas de gagner ses élections, ce qui est bien la preuve de sa perversité) du très horrible, très amérindien et très vilain vlimeux ouache-caca Hugo Chavez, ÉPONGE la dette argentine au FMI dans le cadre d'un échange de technologie, de main-d'oeuvre et tout et tout. Aujourd'hui, l'Argentine est en voie de remonter la pente, et créé des millions d'emplois par année. Vite une balle pour arrêter ce malade de Chavez avant qu'il ne vienne éponger nos dettes à nous. Imaginez ce qu'on souffrirait. Le Venezuela a réglé les derniers sous de sa propre dette nationale en 2002. Mais le socialisme, c'est économiquement poche. Tout le monde le sait.

8 commentaires:

'nique. a dit…

J'aimerais ça un truc sur la situation actuelle en Argentine justement.
C'est rare qu'on en entend parler.

McDoodle a dit…

On entend pas parler de grand chose, à la surface. On est toujours en train de fouiller dans les grottes souterraines pour une pépite d'info à s'mettre sous la dent.

Merci Mekski, j'avais justement les yeux secs en m'levant.

Parctagas soon...

& a dit…

Vos souhaits sont exaucés !

Paix, mamours, crocs affilés !

É.

Anonyme a dit…

En forme ce Éric aujourd'hui ! Tiens !La Presse a pas publié ton papier. Surprenant !

J

gomeux a dit…

Calisse de tabarnac!
Je m'extirpe lentement des limbes du cyberespace, j'ai été un mois sans inteurnet. Me suis refait une belle flore à écouter TQS et TVA et Autre Radio-Cran. Je ne me suis heureusement pas rendu à Martineau, j'ai été vacciné. Me suis contenté de Lagacé, y est plus dynamique.

Je fais donc une courte pause au crachoir aussitôt rebranché, j'ai soif, tsé, pis je tombe sur ce texte.
Spa pour licher, mais quand t'es faché 'Nrique, tu torche l'univers.
Si j'avais encore de l'encre dedans mon imprimante, je l'imprimerais ce petit graillon, et je l'insèrerais dedans les journeaux de mon dépanneur.
Jusse pou rire.

En passant, nous, notre oléoduc, notre Pipe-Lyne, on l'a déjà. Vous puvez explorer à:
Transcanada.com.
C'était bâti bien avant qu'ils commencent à nous enfourner leur dildos-projets-méthanier bien luisant dans le cul. Et on a rien eu à bombarder, ça c'est fait tout seul dans une cordiale atmosphère bien canadienne.

J'ai pas encore trouvé à qui ça appartient c't'affaire, transcanada, je m'attends à bien rigoler.

Go Mario
Go Jean
Go Rabaska
Go Cacacouna
Go toute asti.

gomeux a dit…

La bonne blague!
Dans le bored of director de transcanada, y ce monsieur, pris au hasard, je le jure, j'ai pas fini de lire toute les bios:
"Derek H. Burney, O.C.
Age: 67
Ottawa, Ontario, Canada
Director Since 2005
Independent
Mr. Burney is a senior strategic advisor at Ogilvy Renault LLP (law firm) and Chair of CanWest Global Communications Corp.(...)Mr. Burney was the lead director at Quebecor World Inc. (communications and media) until November 1, 2005. Mr. Burney held various positions with the Canadian Foreign Service, including serving from 1989 to 1993 as Canada’s Ambassador to the United States. From 1987 to 1989, he was Chief of Staff to the Prime Minister and was directly involved in the negotiation of the Canada-U.S. Free Trade Agreement In 1992, Mr. Burney was awarded the Public Service of Canada’s Outstanding Achievement Award. He was named an Officer of the Order of Canada in 1993. "

C'est un gars parmi tant d'autres.
Baissez vos culottes sans craintes, ça fra pas mal, le spp.

Monjihad a dit…

Je découvre ton blogg...et ce texte!
Bravo,j'espère que tu vas continuer...
Tes articles passeraient super bien sur futurquantique.org.

É. a dit…

Merci MonJihad, Je vais passer voir ça. En attendant, je glisse ton lien dans ma liste.