Friedrich Nietzsche

L'État , c'est ainsi que s'appelle le plus froid des monstres froids et il ment froidement, et le mensonge que voici sort de sa bouche : « Moi, l'État, je suis le peuple. »

Maxime Gorki

Le mensonge est la religion des esclaves et des patrons

samedi 28 avril 2007

GLADIO, ça vous dit quelque chose ?

By Jove !
Que Vishnou bénisse cette increvable et infiniment étonnante BBC.
Après avoir visionné ces trois documents, sauf vot' respect, très chers cracheuses et cracheurs, si votre vision du monde n'a pas été un tantinet réajustée, je veux bien danser tout nu sur une tortue venimeuse au sommet d'un volcan en écoutant du Paul Piché.



jeudi 26 avril 2007

Le Mauvais Siècle 6 ; Les Warburg



Nous aurons un gouvernement mondial, qu’on le veuille ou non. Reste à savoir si le gouvernement mondial sera établi par consentement ou par conquête.
— James Paul Warburg, 17 février 1950, au Conseil des Relations Internationales des États-Unis

Origines
Quittant l’Italie au 16e siècle, cette famille prend le nom de sa ville d’adoption, Warburg. Ils déménagent encore un siècle plus tard, cette fois à Altona, près de Hambourg où ils demeureront jusqu’en 1945.

C’est en 1798 que les frères Gerson et Moïse-Marcus Warburg fondent une banque, la M. M. Warburg & Co. qui deviendra une des grandes banques d’Europe et existe encore aujourd’hui. Ce sont les Warburg qui feront le pont entre les intérêts banquiers européens des Rothschild et les capitaux états-uniens des Rockefeller, Morgan, Ford, Harriman et Vanderbilt.

Jacob Henry Schiff
Il nait à Francfort, d’une famille confinée au minuscule ghetto où le décret datant de Frédérick III force encore les juifs à s’entasser. Il faut savoir que la plupart des villes d’Europe traitent les juifs comme des animaux et les cantonnent à des sections définies des agglomérations, souvent murées. Il est bon également de rappeler qu’à l’époque, la majorité des confessions chrétiennes limitent les transactions financières et découragent le commerce. C’est pour cette raison sans doute que dans l’Europe post-médiévale assoiffée de capitaux, l’on tolére les juifs. Pour leur utilité économique ! Cela a pour effet, paradoxalement, d’enrichir quelques-unes de leurs familles tout en attisant les haines, peurs et jalousies des bourgeois chrétiens, ressentiments qui vont mijoter durant des siècles, jusqu’à nos jours, propagés par l’ignorance, la désinformation et la simple connerie humaine, ultime énergie renouvelable. C’est dans ce contexte que la famille Schiff se retrouve à partager une étroite maison avec les Bauer, dont l’emblème familial est un écu rouge, en allemand : Rothschild.


Jacob Schiff déménage aux É.U. en 1865 et, irrigué des capitaux de ses maîtres les Rothschild, devient rapidement le dirigeant de Kuhn Loeb & Co., qui grossit jusqu’à représenter une des plus importantes banques de l’hémisphère. Il rachète l’immense chemin de fer Union Pacific, le plus imposant réseau ferroviaire d’Amérique. À la suite d’une manœuvre classique, il réussit à faire élire quelques représentants au Congrès qui, en retour de parts dans l’entreprise, subventionnent lourdement les achats de terrains de la compagnie. Cette affaire éclate au grand jour et est connue comme le Scandale du Crédit Mobilier de 1872. Comme c’est souvent le cas, les responsables s’en tirent sans anicroches et quelques boucs émissaires se contentent de faire semblant de jouer à la chaise musicale. Résultat : un profit net de 21 millions (63 milliards en dollars d’aujourd’hui). Schiff et les Warburg organisent en 1898 la cession de la Union Pacific Railroad à un certain spéculateur du nom de E.H. Harriman.


Pogroms
Les attaques contre les communautés juives remontent aux croisades. Il y eut le massacre du Château de York, en 1190. Puis lors de la Peste Noire de 1348, une hystérie mystique se déchaîna sur l’Allemagne et des exterminations eurent lieu dans une dizaine de villes, jusqu’à 100 000 morts en quelques mois. Cependant, on appelle «pogroms» les attaques ciblées, répétées, et ambitieuses, perpétrées contre les juifs au 19e siècle. Le terme passe dans le vocabulaire occidental vers 1881, alors qu’une vague de massacres engloutit le Sud-ouest de la Russie Impériale, après l’assassinat du Tzar Alexandre II, dont un des meurtriers était, accessoirement, d'origine juive. Maisons brûlées, tortures, viols, enfants battus, meurtres, des milliers de victimes. Histoire de calmer les esprits, le nouveau Tzar, Alexandre III fait porter la responsabilité des ces horreurs sur… Les Juifs eux-mêmes !… Étrangement, les pogroms se poursuivent pendant trois longues années. Le mouvement Sioniste naît dans ces circonstances-là. Beaucoup de Juifs entreprennent d’émigrer aux États-Unis, alors que l’idée fait son chemin d’un retour à la Terre Ancestrale, dans le contexte où aucun pays (le Canada non plus, en passant) ne semble prêt à les considérer comme des citoyens à part entière.

Les choses ne s’améliorent pas sous Nicolas II, elles s’enveniment !… En 1903, plusieurs milliers de Juifs sont tués et des dizaines de milliers d’autres blessés dans une nouvelle flambée de pogroms qui dure jusqu’en 1906. L’armée impériale, non contente de laisser les émeutes se produire, participe activement à certains massacres, comme également la police tsariste, la sinistre Ochrana. Il n’est donc pas inexplicable que certains Juifs puissants aient eu une petite dent contre le Tzar et sa Russie Impériale. La famille Romanov va finir par passer à la caisse.

Jacob Henry Schiff consent donc un prêt de 200 millions de dollars au Japon en 1904 pour soutenir les ambitions nippones en Chine. Les territoires visés par le Japon sont occupés par… la Russie. C’est l’époque où toutes les puissances mondiales se tapent la Chine, dévastée et impuissante. Les navires ultramodernes de la flotte japonaise viennent d’être livrés par la Vickers, directement d’Angleterre. C’est un désastre humiliant pour Nicolas II, qui doit retirer ses troupes, abandonner ses places fortes et pleurer sa flotte, coulée par le fond jusqu’au dernier navire, réduite à néant.

Dans les années 10, Schiff va armer les puissances centrales, ennemies de la Russie, Allemagne, Autriche, Hongrie, mais aussi l’Empire Ottoman, en prévision de la première guerre. Lorsque le conflit éclate en 1914, il prête aussi de l’argent à la France pour qu’elle s’arme contre ces mêmes puissances centrales, tout en recommandant à tout le monde de faire la paix le plus tôt possible. Il usera finalement de son influence sur Woodrow Wilson pour pousser les États-Unis à intervenir à leur tour.

Jacob Henry Schiff préparait depuis une dizaine d’années, en collaboration avec le Kaiser allemand, le financement de la révolution Russe. En 1917, la rébellion embrase toute la Russie et paralyse le front de l’Est, ce qui a pour effet de rallonger la guerre de deux ans. Les états d’Europe sont ruinés ? qu’à cela ne tienne, on va leur prêter encore quelques centaines de millions. Schiff investit massivement dans le gouvernement Bolchevique de Lénine, favorisant sa victoire sur les autres factions révolutionnaires. La dette Bolchevique, contractée à Wall Street, sera honorée dans les années 20 et je vous expliquerai comment. La fille de Jacob Schiff devient l’épouse de son partenaire chez Kuhn et cie, Félix Warburg.

Les Frères Banque
Au début du Mauvais Siècle, les quatre frères Warburg se séparent. Aby Moritz Warburg quitte la planète bancaire et part à Florence où il devient collectionneur et se passionne pour l’histoire de l’Art. Les frères Paul et Félix vont s’installer à Wall Street New York, où il s’achètent une participation dans l’affaire Kuhn, Loeb & Co de Jacob Schiff. Max reste derrière et dirige la banque paternelle, M. M. Warburg & Co., à Hambourg. Il est un des conseillers importants du Kaiser Wilhelm II, et à l’orée de la première guerre mondiale, finance et organise son armement.

En 1913, Paul Moritz Warburg dirige le petit groupe sélect qui réussit un des plus gros hold-ups de toute l’histoire de l’humanité : la création de Federal Reserve Bank. Il y avait déjà près de 75 ans que les banquiers de toutes les moutures tentaient le coup. Les présidents Lincoln, McKinley et Garfield ont été assassinés pour s'y être opposés. Je vais tenter de vous expliquer la chose.

Petite histoire du fric mou
À l’origine, les possédants déposaient leur or dans la voûte d’un orfèvre. Pour chaque dépôt, celui-ci remettait une quittance, équivalente au poids de l’or qui lui était confié, d’où le nom de Livre, Pound, Peso, Lira, etc. Rapidement, les gens se mirent à s’échanger ces quittances, plus pratiques à transporter que des kilos de métal encombrant, pour régler leurs achats ou leurs dettes. Éventuellement, les orfèvres se rendirent compte que plus personne ne venait chercher cet or, qui changeait de main de nombreuses fois mais dormait tout ce temps à la cave. Ils eurent l’idée d’acheter des propriétés à revenu avec cet or, puisqu’il ne servait à rien. Puis, ils réalisèrent qu’ils pouvaient prêter plusieurs fois l’équivalent du véritable magot en leur possession et en tirer un intérêt, sans jamais se faire prendre. La banque était née. Cependant, lorsqu’un orfèvre possède 10 livres d’or et met en circulation 100 livres de quittances, il dévalue la quittance de 90% dans le monde réel. C’est-à-dire que si tous les dépositaires viennent un après-midi reprendre leur or, leurs 100 livres de quittance ne leur permettront pas d’obtenir un kopek de plus que les 10 livres d’or reposant sur la tablette du coffre et il y aura ce qu’on appelle un Crash.

Là où ça devient franchement dingue, c’est quand on crée une banque centrale, ou fédérale. Cette institution est censée émettre des notes (les billets) représentant la valeur du trésor en possession du gouvernement. Pour simplifier, si le gouvernement a un actif de 100 livres d’or, de lampadaires, ou de bouteilles scotch, il peut théoriquement émettre 100 billets d’une livre, qui serviront aux citoyens dans leurs transactions quotidiennes. Mais la réalité est toute autre.

Les banques fédérales n’appartiennent jamais aux gouvernements (donc à la population), mais aux banques les plus influentes du pays. Voici comment ça fonctionne : le gouvernement sera actionnaire à 20 % de la banque, et déposera donc 20 livres d’or. Quatre banques seront également actionnaires, à part égale avec le gouvernement. Cependant, seul l’état déposera véritablement son or, puisque les banques se prêteront à elles mêmes le montant de leur mise de fond, en investissant les 20 livres que le pauvre blaireau de peuple vient de leur donner. Donc, dès le départ, le capital qui devait être de 100 livres n’est en réalité que de 20. Dévaluation. Il y a pire. Cette banque fédérale a maintenant le droit d’imprimer de la monnaie. Elle va décider du nombre de billets à imprimer. Eh bien, ces dénominations représenteront la somme totale de la DETTE que le gouvernement aura envers la banque centrale. Si, si ! Ils fabriquent une piastre en papier pour quelques sous, puis la louent au gouvernement pour la somme nominale inscrite sur sa face, soit 1, 2, 10, 1000 livres, etc. « Pourquoi, bon sang, paierions-nous ce montant absurde ? » C’est ainsi. Les peuples de la Terre le permettent. C’est simplement une subtile continuité de la monarchie héréditaire, avec un masque souriant.

Bon, combien de billets vont-ils émettre, ces experts de la finance ?! Le trésor prétend posséder 100 livres (alors qu’il n’y en a que 20), vous vous dites : « simple ! ils impriment 100 billets de 1 livre ». Eh bien… Euh… Non. C’est à eux que revient le choix de la quantité de devises en circulation. Ce qui veut dire qu’une fois les 100 premières notes distribuées, la banque fédérale peut à loisir en imprimer 900 nouvelles. Avec comme résultat que votre pinte de lait qui coûtait 2¢, vaut maintenant 20¢. Le lendemain, nos amis de la banque centrale peuvent décider de garder dans la voûte 95% de l’argent qui leur passe entre les mains. Au bout de quelques jours, il n’y a plus que 50 notes de 1 livre en circulation. La même pinte de lait s’achète désormais 1¢, parce que chaque note représente le double de la somme symbolique représentée au départ. Vous trouvez ça scandaleux ? Pensez-y, ces messieurs peuvent sans ambages profiter de leur contrôle de cette respiration de l’inflation et de la récession pour constamment acheter la pinte de lait à 1¢ et vous la revendre à 20 ! Tout le monde a travaillé très fort ? Plein d’heures supplémentaires ?! Vous êtes devenus riches ?! Il suffit à la banque d’imprimer encore 1000 billets et de les mettre en circulation, c’est-à-dire d’acheter eux-mêmes des valeurs sur le marché (le camion de lait, par exemple), alors qu’ils ne possèdent pas un traître sou d’actif, pour que les 10 billets qui dorment dans votre poche perdent la moitié de leur valeur. Dans les faits, la banque vient d’aller prendre 5 livres dans votre poche. C’est un hold-up subtil. Le hold-up international de tous les habitants de la Terre par un petit groupe de banquiers et d’industriels.

Vous ne me croyez pas, hum ?! je sens que j’ai besoin d’aide… En voici : L’inflation aux États-Unis depuis 1913, année de la création de la Federal Reserve Bank par Paul Warburg, JP Morgan, Rockefeller et leurs potes : 2950% !

La plupart des Américains ne comprennent pas vraiment l’opération des prêteurs d’argent internationaux. Les comptes du Système de la Réserve Fédérale n’ont jamais fait l’objet d’une vérification. La FED opère sans le moindre contrôle du Congrès et manipule le crédit des Etats-Unis.
— Le Sénateur Barry Goldwater (Rep. AR)

C’est une bonne chose que les gens de la nation ne comprennent pas notre système bancaire et monétaire, parce que s’ils y arrivaient, je crois qu’il y aurait une révolution avant demain matin.
— Henry Ford, industriel

Les banques fédérales ne sont pas des agences gouvernementales mais sont des corporations privées, indépendantes, contrôlées localement.
— Lewis contre le gouvernement des États-Unis, 1239, procès du 9e circuit, 1982

Nous avons, dans ce pays, une des institutions les plus corrompues que le monde ait jamais connues. Je parle de la Federal Reserve Bank. Cette institution maléfique a appauvri le peuple des États-Unis et a pratiquement ruiné le gouvernement. Ce crime a été commis par les charognards de fric qui la contrôlent. Il n’y a pas un seul homme ici, à portée de voix qui ignore que ce pays est gouverné par des banquiers internationaux.
—Louis T. McFadden, Congressman 1932 (Rep. Pa)

Lorsque vous et moi signons un chèque, les fonds suffisants doivent être présents dans votre compte pour couvrir le montant du chèque, mais lorsque la Réserve Fédérale signe un chèque, il n’y a pas de dépôt bancaire y correspondant. Lorsque la Réserve Fédérale signe un chèque, elle crée de l’argent.
— Manuel d’utilisateur des services, Federal Reserve Bank de Boston

De toutes les inventions imaginées pour voler les classes ouvrières de l’humanité, aucune n’a été aussi efficace que celle qui les mystifie grâce à l’argent de papier.
— Daniel Webster, secrétaire d’État, É.-U., 1841


14-18
Une des idées du Kaiser Wilhelm II, toujours conseillé par Max Warburg, est d’accéder au pétrole mésopotamien en construisant une ligne de chemin de fer reliant Berlin à Bassora (l’Irak d’aujourd’hui). La Couronne britannique, dont la flotte a abandonné le charbon en 1904 au profit du pétrole, ne peut laisser le monopole de sa Royal Dutch Shell s’effriter. En 1914, quelques mois avant que le projet ne soit complété, la guerre est déclarée sous un prétexte bidon, l’assassinat du Duc Franz Ferdinand. Les banquiers de toutes parts se frottent les mains. Pour eux, c’est noël !…


Alors que les Bolcheviques ne contrôlent qu’une fraction infime du territoire Russe (parcelle qu’ils passent près de perdre à l’été 1918), la American League to Aid and Cooperate with Russia est organisée à Washington D.C. pour augmenter le support offert au groupe de Lénine et Trotski, déjà soutenu par Jacob Schiff. Il s’agit d’un consortium regroupant General Electric, Baltimore & Ohio Railroad, et surtout, la Federal Reserve Bank, bref, un lobby des Warburg.

Lors du traité de Versailles en 1919, des réparations sévères sont exigées par les alliés à l’Allemagne et à ses alliés. Parmi celles-ci, mentionnons que Royal Dutch Shell, pétrolière appartenant à la Couronne britannique, reçoit les champs pétroliers de tout le Moyen Orient en cadeau. 75 % des liquidités nécessaires aux lourds paiements imposés à l’Allemagne sont prêtés au gouvernement Berlinois par des banques US dont la Federal Reserve Bank dirigée par Paul Warburg. C’est donc le peuple américain qui va payer avec ses impôts les réparations allemandes de la première guerre aux grandes entreprises qui ont organisé le conflit d’un bout à l’autre. Cette situation contribue à créer la lourde dette nationale qui assure aux banques leur ascendant sur la politique américaine. Voilà qui jette un éclairage prosaïque sur le « miracle » de la reprise allemande, et sur la légendaire efficacité du régime nazi, qu’on continue de nous vanter jusqu’à nos jours sous diverses formes.

1920 : malgré les cendres encore chaudes et l’horreur cuisante avec laquelle le Monde regarde l’hécatombe qui vient de s’achever, Wall Street commence déjà à faire la promotion d’une politique de la revanche en Europe Centrale et à préparer l’avènement d’une nouvelle guerre entre la France, l’Allemagne et la Russie.

Création à New York du Council on Foreign Relations (sorte de ministère américain des affaires étrangères, échappant à tout contrôle gouvernemental, appartenant à des banques et des trusts industriels). Sa direction est confiée à Paul Moritz Warburg. Il en reste un membre influent jusqu’à sa mort, en 1932. Il fonde également en 1921 la International Acceptance Bank of New York (banque de réception de capitaux étrangers), qui fusionne ensuite avec la Banque de Manhattan. Il est de surcroît fondateur, actionnaire important, et directeur de I.G. Farben USA, compagnie soeur de la I.G. Farben allemande, dirigée par son frérot Max Warburg. I.G. Farben et Vereinigte Stahlwerke ont produit à elles deux 95 % des explosifs utilisés par les forces de l’Axe au cours de la seconde guerre mondiale.

La Hamburg-Amerika line a pour banque (donc créancier) la M.M. Warburg de Hambourg. Dans le cadre des « réparations », c’est donc Warburg lui-même qui organise son transfert au trust de Averell Harriman et George Herbert Walker, dont le bras américain de sa banque, détenu par ses frères Félix et Paul Warburg, est partiellement propriétaire. Résumons le trajet du fric. Le blaireau américain paie son impôt, qui se ramasse à la Federal Reserve Bank de Paul Warburg et cie. Cet argent passe ensuite en prêt à l’Allemagne, en réalité à la Reichsbank de Max Warburg et cie. Le fric transite encore une fois vers la Union Bank de Harriman, dont Felix Warburg est un actionnaire important. Cet argent (ou ce qu’il en reste) est ensuite utilisé pour compléter la transaction cédant une immense flotte de navires, la Hamburg-Amerika, de la M.M. Warburg à la Union Bank, toujours propriété partielle des Warburg. Résultat, l’argent volé à un blaireau, l’Américain, a servi à déposséder un autre blaireau, l’Allemand, et les gouvernements des deux pays encourent de lourds intérêts, alors qu’une gigantesque flotte de navires a semblé changer de mains. Pour compléter la boucle, en 1933, le même Max Warburg devient le directeur du conseil d’administration de la Hamburg-Amerika line.


La Montée des Crapules
James Paul Warburg, fils de Paul Moritz, oeuvre aux postes de vice-président, puis président des banques de son papa, les International Acceptance Bank, et Manhattan, de 1921 à 1934, tout en devenant conseiller auprès de divers présidents des États-Unis dont Franklin Delano Roosevelt.

En 1922, Max Warburg offre son concours à l’établissement à Berlin d’un réseau d’investissement aussi puissant que discret. Les dirigeants en sont Averell Harriman, fils de E.H. Harriman, et George Herbert Walker.

Dans les années 20, les banquiers de Wall Street cherchent en Europe Centrale sur qui miser pour s’assurer d’une guerre le plus tôt possible. Paul Moritz Warburg se rend en Allemagne en 1929 et en 1930, pour y représenter la International Acceptance Bank, intéressée à financer et organiser le parti National Socialiste de Adolf Hitler. Il représente également le Guaranty Trust de J.P. Mogan dans le même contexte.

CRASH



En 1929, les banquiers en contrôle de la Federal Reserve Bank organisent un coup d’état économique en créant de toutes pièces un effondrement de la bourse. Les principales entreprises impliquées se sont discrètement retirées du marché boursier au cours des mois précédents. Ils en profiteront ensuite pour reprendre les affaires les plus profitables, liquider les autres, et mettre la main sur d’immenses terres (plus des deux tiers des fermes indépendantes à l'Ouest du Mississippi), que les fermiers états-uniens sont forcés de laisser aller, faute de liquidités. C’est sur ces terrains que sera construite la grande utopie américaine de la planète Suburbia, au cours des 30 années suivantes.
Le crash de 1929 n’a rien eu d’accidentel. C’est un événement soigneusement planifié. Les Banquiers internationaux ont cherché à engendrer ici une condition désespérée, de façon à devenir nos maîtres à tous.
— Louis T. McFadden, Chairman of the House Banking and Currency Committee, 1933.

PRISE DE POUVOIR
Imbibé de fonds et d’appuis provenant de toutes parts (Wall Street, la City de Londres, les Thyssen, les Schacht, les Krupp), Adolf Hitler et ses S.A., armés de 400 000 mitraillettes par Rockefeller et J.P. Morgan, s’emparent du pouvoir après un coup d’état déguisé, en janvier 1933.

À compter de 1933, Max Warburg participe à la direction financière de l’état Nazi en siégeant au CA de la Reichsbank, sous Hjalmar Schacht de qui il est très proche. Il est parallèlement un des grands actionnaires et dirigeants de la partie allemande de l’immense conglomérat chimique nazi I.G. Farben (américano-germanique), tristement célèbre pour la création et la vente du Zyklon B (le poison employé dans les camps d’extermination), mais également fournisseur de l’armée allemande en gaz toxiques, ersatz pétroliers et produits divers, dont évidemment, des explosifs. I.G. Farben a un parti pris très clair dans la guerre qui se prépare, puisque la branche américaine de la firme bloque l’accès de l’armée U.S. à ses brevets comportant des applications militaires, en réservant l’exclusivité au côté Nazi.

Le 29 mars 1933, Erich, le fils de Max, envoie un télégramme à son cousin, Frederick Warburg, alors directeur d’une branche du réseau ferroviaire des Harriman. Il y demande à Frederick d’user de toute son influence pour stopper les activités anti-nazies en Amérique. En fait, les Warburg ont le contrôle politique et financier du American-Jewish Committee et du B’nai B’rith, qui publient en 1933 une déclaration commune déconseillant toute action de protestation ou de boycott envers l’Allemagne Nazie et allant jusqu’à proposer d’empêcher la tenue de réunions, de manifestations et de toutes formes d’agitation à l’encontre du régime de Adolf Hitler.

La même année, Max Warburg négocie un important pacte pour la création d’un trust chargé de l’exportation de tous les produits Allemands vers les États-Unis. Ce trust regroupant 150 entreprises est mené par la Harriman International & Co., dirigée par Oliver Harriman, cousin de Averell. Les tractations réunissent Hjalmar Schacht, le ministre nazi de l’économie, Max Warburg, Kurt Von Schroeder et l’avocat attitré des principales banques nazies tout au long des années 30, un américain nommé John Foster Dulles.

Opposé au New Deal de FDR, James Paul Warburg quitte le gouvernement des États-Unis en 1934. Il réintègrera le gouvernement en 1942 en tant qu’assistant spécial au Coordonateur de l’Information, William Joseph Donovan. Il aura alors l’occasion de travailler en compagnie d’un certain Edward Bernays, de qui on reparlera.

Seconde Guerre mondiale
En 1938, il devient étrange pour les racistes Nazis d’exhiber un banquier juif à la tête de leur complexe économique, militaire et industriel. Max Warburg est « chassé » d’Allemagne, cesse de siéger sur les conseils d’administration des entreprises nazies, abandonne ses fonctions dans l’appareil d’état du Troisième Reich et part s’installer à New York. Cette année-là, Erich Warburg, le fils de Max, fonde Warburg Pincus à New York.

Le réseau construit par les Warburg, les Harriman et leurs acolytes continue d’opérer, jusqu’en 1942 dans certains cas, et jusqu’en 1945 dans d’autres. Le profits engrangés sont astronomiques. Contrairement à Schiff, résolument ému par le sort de ses congénères et toujours prêt à se porter à leur secours, les Warburg semblent dotés d’une indifférence ahurissante aux souffrances des êtres humains en général, mais des juifs en particulier. Ont-ils été dupés ? Peut-être étaient-ils anti-sémites eux-mêmes ?! Ou alors plutôt détachés de leur admirable culture ancestrale et simplement avides de capitaux, de contrôle, de puissance. Abasourdissant mystère.





Erich Warburg s’engage dans l’armée américaine pendant la guerre, avec le grade de lieutenant-colonel. Malgré sa place modeste dans la hiérarchie militaire et les graves risques d’apparence de conflit d’intérêt, on le laisse déployer son influence pour garder Hambourg, la ville familiale, dans la zone Britannique lors de la partition de l’Allemagne. C’est lui qui sera chargé de l’interrogatoire de Herman Göring en 1945. Cette année-là, le dirigeant par intérim de la banque des Warburg depuis le départ de Max en 1938, Rudolf Brinckmann, redonne le contrôle de la M.M. Warburg à Erich.

Max Warburg s’éteint à New York en 1946. La même année, en Angleterre, le petit-fils de Moïse Warburg, Siegmund George Warburg, fonde la S.G. Warburg & Co.

Erich M. Warburg consacre le reste de sa vie au rapprochement entre l’Allemagne et les États-Unis après la seconde guerre mondiale. Pour ses efforts en ce sens, on lui octroie en 1988 une récompense prestigieuse, le prix Erich M. Warburg !… La liste des autres récipiendaires inclut quelques grands hommes, dont le Dr. Henry Kissinger (architecte du génocide cambodgien), le général Klaus Naumann (en charge des bombardements de l’OTAN dans les Balkans) et Monsieur George Herbert Walker Bush.





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Sources :

The Warburgs: The Twentieth-Century Odyssey of a Remarkable Jewish Family ; par Ron Chernow

WALL STREET AND THE RISE OF HITLER ; par Antony C. Sutton

Histoire de la Révolution Russe, Volume Un : Le renversement du Tsarisme ; par Léon Trotski.

Jacob Henry Schiff: A Biographical Sketch ; Adler, Cyrus (1921).

Year of Crisis, Year of Hope: Russian Jewry and the Pogroms of ; Stephen M Berk.

Wall Street's Fascist Conspiracy ; John L. Spivak

What Really Happened
http://www.whatreallyhappened.com/ARTICLE2/doodoo.html

Wikipedia

jeudi 19 avril 2007

Le Mauvais siècle 5 ; Les Morgan


Un homme a toujours deux raisons de faire ce qu'il fait. La bonne et la vraie.

Je n'ai nul besoin d'un avocat qui me dise ce que je n'ai pas le droit de faire. Je les paie pour me dire comment faire ce que je veux faire.

— J.P. Morgan

John Pierpont Morgan
Un jour, dans un bar, J.P. Morgan hurle au serveur en commandant sa bière : « Quand Morgan boit, tout le monde boit ! » Tous les clients prennent une bière. Morgan vide son verre et plaque une pièce de 10¢ sur la table, vociférant : « Quand Morgan paie, tout le monde paie ! »

Son papa, Junius Spencer Morgan, dirigeait la firme J.S. Morgan & Co à Londres. Il offrit à fiston la branche New-Yorkaise de sa compagnie, qui prit éventuellement le nom J.P. Morgan & Co. (aujourd’hui JPMorgan Chase). Au moment de la guerre de sécession, il parvint à éviter la conscription en payant une décharge de 300 $. Il eut l’idée de faire l’acquisition de 5000 fusils défectueux qu’il paya 17 500  $ et de revendre le lot tel quel à l’armée Fédérale pour 110 000  $. Comme les soldats voyaient leurs mains exploser à l’usage, Morgan fut poursuivi, mais un juge confirma la validité du contrat. Il utilisa son profit à bon escient et acquit le contrôle de nombreuses firmes, dont Drexel, Peabody, et Carnegie.

En 1891, Morgan fusionna Edison et Thomson pour former la General Electric. En 1895, il s’empara de la flotte Leyland, ainsi que de nombreuses lignes navales, créant la White Star, constructeurs et opérateurs des vaisseaux Britannic, Olympic et… Titanic. En 1899, J.P. Morgan possédait et/ou contrôlait quatre des cinq principales compagnies de chemin de fer d’Amérique, regroupant, entre autres, les intérêts des Rockefeller, Vanderbilt et… Harriman.

Un épisode m’a toujours fait rigoler. En 1900, Morgan finance les recherches de Nikola Tesla, le véritable inventeur de la radio (mais non, pas Marconi !), un génie scientifique aujourd’hui méconnu à qui l’on doit notamment le courant alternatif, la distribution polyphase et le moteur AC, ainsi que de fortes contributions à la cybernétique, au contrôle à distance, au radar, à l’informatique, à la balistique, à l’aéronautique (il invente le décollage vertical dans les années 20  !), à la navigation (le propulseur sans hélices) et à la physique nucléaire. Lorsque Tesla, débordant d’enthousiasme, montre à Morgan qu’il a réussi à créer un système qui permettrait la distribution gratuite d’électricité, sans fils ni câbles, sur toute la planète, le gros J.P. se gratte. Il ne voit absolument pas le profit à tirer d’une telle connerie. Il coupe les vivres au projet.

En 1904, J.P. Morgan fondit neuf aciéries en une seule et monstrueuse United States Steel Corporation, la première entreprise du monde à posséder des actifs d’un milliard. En 1912, le comité Pujo, chargé d’enquêter sur les activités douteuses des banques américaines évalua que les trois groupes que J.P. contrôlait, J.P. Morgan & Co., First National, et National City Bank, possédaient une somme de 22 trillions de dollars, l’équivalent de toutes les possessions et ressources publiques, personnelles et privées des 22 états à l’Ouest du Mississippi.

En 1913 J.P. Morgan réussit un de ses plus grands coups. Après avoir placé son homme à la tête du pays, un certain Woodrow Wilson, Il fait créer par un de ses associés, le sénateur Nelson Aldrich, une entité carrément diabolique, la Federal Reserve Bank. Essentiellement, il s'agit d'une entreprise privée, propriété de quelques grands trusts bancaires (dont le sien), et détenant le pouvoir d'imprimer, distribuer, contrôler, restreindre ou accroître la circulation des devises des États-Unis. Autrement dit, ce petit groupe pourrait (s'ils étaient retors et malhonnêtes) savoir d'avance quand se produiront certaines récessions, inflations, ou crises boursières. Au-delà de celà, il leur revient d'émettre la monnaie, qu'ils louent ensuite au gouvernement américain contre intérêt et profit.

John Pierpont mourut cette année-là, au cours d’un voyage en Italie, et ne vit jamais se réaliser le second de ses deux chefs d'oeuvres, la Glorieuse 14-18. Son fils Junior hérita de la majeure partie de sa fortune.

Détail amusant, les photos connues de J.P. Morgan sont toutes retouchées. Il détestait son nez, sévèrement déformé par la rosace, et ne permettait à personne de le photographier. Le portrait ci-haut est le seul que j’ai trouvé montrant son visage dans toute sa splendeur.



John Pierpont Morgan, Jr.
J.P. Morgan Jr. aimait se vanter d’être le digne descendant du pirate Henry Morgan. Il baptisa son yacht personnel le Corsaire et y faisait flotter le Jolly Roger (crâne sur tibias croisés) au-dessus du Stars & Stripes. Il nomma un de ses fils Junius Spencer (du nom de son grand-papa) et l’autre Henry.

En août 1914, Morgan Junior signa un contrat avec la Bank of England, lui assurant le monopole de l’émission des obligations de guerre de l’Angleterre et de la France. Tel un devin, il avait fait en sorte que ses firmes investissent massivement dans la fabrication d’armes, dont il détenait maintenant l’exclusivité de l’approvisionnement aux alliés de l’Entente Cordiale (France et Angleterre). Ses banques prêtèrent 12 millions à la Russie et 50 millions à la France pour leur permettre d’acheter des armes… à ses propres armureries ! La totalité des munitions états-uniennes et britanniques achetées durant la première guerre mondiale furent manufacturées par les compagnies de J.P. Morgan. En cours de conflit, Morgan organisa un groupe de 2200 banques et prêta 500 millions supplémentaires aux gouvernements alliés qui s'empressèrent de lui retourner le chèque pour étancher leur soif d'acier, d'explosifs, de plomb, de machines.

En 1920, le président du conseil de W.A. Harriman & Co., un certain George Herbert Walker, arrangea une fusion monstre entre son entreprise et Morton & Co., devanture de Guaranty Trust Co., elle même un vestibule de la J.P. Morgan. Harriman représentait déjà une des plus grandes flottes de navires du monde depuis que le gouvernement des États-Unis lui avait fait cadeau de la gigantesque ligne Hamburg-Amerika, confisquée à l’Allemagne parmi les innombrables compensations aux vainqueurs à la fin du cataclysme.

Le 16 septembre 1920 à midi, une bombe explosa devant la banque J.P. Morgan & Co., située au 23, Wall Street. On retrouva une note dans une boîte aux lettres située à proximité disant «  Souvenez-vous que nous n’en tolérerons pas plus. Libérez les prisonniers politiques ou ça sera la mort assurée pour vous tous. Signé  : American Anarchists Fighters.  » Les responsables ne furent jamais découverts. La facade de la banque porte encore les marques de ce bizarre d'attentat, que les responsables n'ont jamais voulu effacer.

Régulièrement embêté par des citoyens ulcérés, le Sénat mena encore une fois une enquête sur les pratiques bancaires, en 1929, pour se rendre compte qu’une longue liste de personnages officiels du gouvernement avaient reçu, à très bas prix, des actions dans les entreprises de J.P. Morgan. Cette liste incluait de gros noms tels que Calvin Coolidge (président des ÉU), William Woodin (secrétaire du trésor sous Roosevelt), McAdoo (secrétaire du trésor sous Wilson), Adams (secrétaire de la Marine), Bernard Baruch (président du conseil des industries militaires de Wilson et Roosevelt), etc. Il y eut très peu de suites.

En cette même année 1929, J.P. Morgan Junior a une inspiration géniale et se retire du marché boursier. D'autres le suivent, tels les Rockefeller, Harriman, et Vanderbilt. Juste à temps. De façon totalement imprévisible, la Banque de la Réserve Fédérale fondée par papa Morgan entreprend de restreindre les devises, ce qui cause un crash boursier sans précédent. C'est une aubaine pour les barons, qui ont l'occasion de racheter pour des cacahuètes la quasi-totalité de l'industrie indépendante américaine qui leur échappait encore, ainsi que les deux tiers des terres agricoles à l'Ouest du Mississippi*. Les pauvres blaireaux qui n'avaient pas été prévenus s'effondrent, se jettent par les fenêtres, c'est la Grande Dépression. La classe moyenne est pratiquement liquidée. La classe ouvrière, jetée à la rue. Les rois rigolent et se construisent des palais fantastiques. Ils ont enfin les budgets pour entreprendre une oeuvre grandiose.
C'est le début des années trente et le soleil brille comme jamais sur Wall Street.





* C'est sur ces terres-là que se construira le plus grand piège à fric de toute l'Hisoire humaine, une sorte de pays/parking qu'on appelle parfois Suburbia. C'est un Vanderbilt qui l'inventa, il aura son propre paragraphe dans l'histoire du mauvais siècle.


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Sources  :
J. P. Morgan, Jr., John Douglas Forbes, 1981
The man who invented the twentieth century : Nikola Tesla, forgotten genius ; Lomas, Robert, 1999
The unauthorized Biography of George Bush ; Webster Tarpley
Wikipedia  : http ://en.wikipedia.org/wiki/Jp_morgan
Roosevelt Betrays America ! Robert Ley, 1942
Howard Zinn p. 249 "A People's History of the United States"
The Federal Reserve Fraud ; http://www.geocities.com/northstarzone/FED.html

Les propriétaires de l'argent

mardi 17 avril 2007

Petit cours d'économie moderne

Première partie (106 min)


Seconde partie (103 min)

dimanche 15 avril 2007

La Lune a échappé à un bombardement nucléaire !



Par Jean Etienne, Futura-Sciences, le 30/11/2006 à 10h12


L'armée américaine avait l'intention de faire exploser une charge nucléaire à la surface de la Lune en démonstration de sa puissance durant la période de la guerre froide, révèle un ancien scientifique aujourd'hui à la retraite.

Le Dr Leonard Reifel exerçait comme physicien pour le compte de l'Armour Research Foundation de Chicago, laquelle fait aujourd'hui partie de l'Illinois Institute of Technology, au service notamment de l'armée de l'air américaine à l'époque de la guerre froide. Agé de 78 ans, il confirme certains faits jusqu'ici considérés comme des rumeurs.

Reifel rapporte qu'après le choc subi par les Américains suite au lancement par les Soviétiques du premier satellite artificiel, l'armée de l'air était prête à utiliser n'importe quel moyen pour regagner la confiance de la population. Malheureusement la toute jeune Nasa n'arrivait pas à égaler les exploits spatiaux du bloc de l'Est et enchaînait échec sur échec, un grand nombre de ses fusées explosaient au décollage ou s'écrasaient. Plus grave, l'opinion publique américaine était persuadée que les Soviétiques étaient capables de lancer une arme nucléaire vers le territoire des Etats-Unis alors que ceux-ci ne possédaient pas la technologie nécessaire pour riposter.

Le chercheur et son équipe se sont alors vu confier la mission de réaliser une charge nucléaire suffisamment compacte pour être lancée vers la Lune et y exploser, mais dont la puissance aurait rendu l'explosion aisément visible à l'œil nu depuis la Terre. Elle devait produire un cratère lunaire ainsi qu'un nuage de poussière qui, suite à l'absence d'atmosphère, se serait répandu très rapidement dans toutes les directions au lieu de former l'habituel nuage en forme de champignon.

De mai 1958 à janvier 1959, Reifel a produit plusieurs rapports sur les effets du souffle ainsi que l'ensemble des effets possibles, y compris l'impression visuelle depuis la Terre, selon qu'elle se produise sur la partie éclairée ou non de notre satellite. Parmi les différents projets, la bombe à hydrogène a été retenue, car cette formule autorisait la conception d'une charge à la fois peu volumineuse et légère.

Il était prévu que la bombe soit emportée par un missile balistique intercontinental tel ceux que les Etats-Unis ont commencé à déployer sur tout leur territoire à partir de 1959.

Finalement, les fonctionnaires de l'armée de l'air ont réalisé que les risques de l'opération l'emportaient sur les avantages, notamment en cas d'échec au lancement ou de retombée du missile sur une zone habitée, et ont abandonné l'idée. Mais l'argument décisif fut qu'il n'était absolument pas souhaitable, d'un point de vue scientifique, de ruiner l'environnement naturel primitif de la Lune.

Après cette période, le Dr Reifel a travaillé à l'Université de Chicago avec le physicien Enrico Fermi, puis plus tard a été nommé directeur adjoint de la Nasa durant le programme Apollo. Mais on peut affirmer que la Lune l'a échappé belle !



http://www.futura-sciences.com/news-lune-echappe-bombardement-nucleaire_10037.php
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Autre source, pardonnez l'anglais :

PHYSICIST: U.S. MULLED MOON NUCLEAR DETONATION

New York Times News Service May 16, 2000
The United States weighed a plan to detonate a nuclear bomb on the moon as a show of military and technical strength during the feverish post-Sputnik days of the Cold War, according to a physicist involved in the plan.

Physicist Leonard Reiffel, 72, said Monday that he was in charge of a highly classified study of the blast's visibility, its possible scientific benefits and its effects on the moon's surface.

His research got under way in 1958, sponsored by the Air Force special weapons center in Albuquerque and involved up to 10 people on his staff, including Carl Sagan, then a young astronomer and later the popularizer of science.

"The foremost intent was to impress the world with the prowess of the United States," Reiffel said.

"It was a PR device, without question, in the minds of the people from the Air Force."

The nuclear flash would have been widely visible from Earth, he said, and would have produced a lunar crater and dust cloud that, because of the moon's lack of atmosphere, would have flown out in all directions rather than in the usual mushroom shape.

He said the project ended when Air Force officials decided its risks outweighed its benefits. A spokesman said the Air Force would not comment until it could review records.

Reiffel said the Air Force plan was seen as a way to bolster national confidence after the Soviet Union launched the world's first satellite, Sputnik, into orbit in October 1957.

The United States had a hard time catching up, exploding many rockets and succeeding in orbiting a satellite in January 1958 that weighed just 101/2 pounds. National esteem was low for years, because much of the world assumed that the Soviets could launch a nuclear weapon at the United States but that the U.S. was unable to reply.

Reiffel said his research was done at the Armour Research Foundation in Chicago, which did work for the Air Force and is now part of the Illinois Institute of Technology. He was the head of physics for the foundation and also led the secret study.

Reiffel made his role in the project public in a letter in the May 4 issue of the journal Nature. The letter addressed the bomb study and Sagan's role. He said he had Sagan investigate whether the blast could be used to identify the presence of organic molecules on the moon.

In 1959, the Soviet Union became the first nation to crash a probe into the moon. After several failures, the United States did so in 1962.

"As these things go, this was small," Reiffel said of the bomb project. "It was less than a year and never got to the point of operational planning. We showed what some of the effects might be.

"But the real argument we made, and others made behind closed doors, was that there was no point in ruining the pristine environment of the moon. There were other ways to impress the public that we were not about to be overwhelmed by the Russians," he said.

jeudi 12 avril 2007

Le Mauvais Siècle 4 ; Les Rockefeller


La façon de faire de l’argent est d’acheter quand le sang inonde les rues.
— John D. Rockefeller.

— Combien d’argent est suffisant, monsieur Rockefeller ?
— Juste encore un petit peu.





William Avery Rockefeller Senior
Charlatan, vendeur itinérant de médicaments miracles (pétrole dilué, huile de serpent, etc.), plutôt polygame, un peu gambler, il abandonna sa famille à son sort. Deux de ses fils se hissèrent parmi les hommes les plus puissants de l’Histoire.

John Davidson Rockefeller
De tous les grands héros que la terre ait porté, nul doute que John D. Rockefeller, premier milliardaire de l’Histoire, fut celui animé des meilleures intentions. Il pourchassait candidement l'objectif d’amasser le plus d’argent possible et l’on peut sans ambages déclarer : « mission accomplie, Johnny Boy ! ». Comme tous les grands capitalistes de son époque, il croyait fermement à la démocratie, aux lois du marché et au capitalisme, mais en tant que fables utiles !… Tartines populaires ! Bonnes pour les journaux ! Idéales pour abrutir les ouvriers ! Bercer leurs enfants ! Meubler les dimanches !… La meilleure preuve de l’autorité de ces mythes et galéjades est l’écrasante proportion de nos contemporains qui y croient encore de nos jours, tant à gauche qu’à droite, d’ailleurs !… Notre bon John D. fut sans doute celui qui dépensa le plus d’énergie et d’oseille à renforcer la merveilleuse légende des bienfaits de l’Industrialisation.

Après avoir érigé son empire sans la moindre corruption, répression, piraterie, tricherie ou malhonnêteté (toujours selon le folklore hollywoodien), il consacra ses jours à la quête de sa quasi christique philanthropie, beurrant avec dévotion la planète des miasmes pléthoriques que sa dégorgeante générosité. Non seulement se baladait-il les poches bourrées de pièces de 10¢ qu’il jetait en aumône aux badauds sur sa route, mais il finança également d’innombrables entreprises de bienfaisance, Églises, hôpitaux, écoles, etc. Son altruisme et sa bonté ayant fait l’objet de trillions d’hagiographies dithyrambiques, je vous parlerai plutôt ici de quelques-unes de ses passions plus discrètes, mais qui eurent sur le siècle naissant une influence remarquable.



Ayant réussi à accumuler un petit butin en spéculant sur des stocks de grain, John D. défraya les 300$ qu’il en coûtait à l’époque pour être exonéré de la conscription, et éviter la guerre civile de 1863. En lieu et place, il fit fortune en approvisionnant les troupes fédérales en whisky à des prix usuriers. Comme le camphène de presque toutes lampes états-uniennes venait des états du Sud, une pénurie menaçait. John eut l’idée géniale d’investir ses profits dans les raffineries de kérosène. Il fit des affaires d’or. En 1865, Rockefeller racheta tous ses partenaires et fonda Standard Oil. C’est là qu’il inventa l’intégration verticale. L’idée est simple, il faut posséder tous les maillons de la chaîne, la source, la transformation, les transports, les autorités. À son pinacle, en 1880, Standard contrôlait 95% du pétrole des Etats-Unis. 70% du marché de Standard se trouvait en Europe et en Russie. Vous vous ennuyez ? Ces chiffres vous endorment !? Rappelez-vous les principes de l’intégration verticale. Là où allait le pétrole de Standard, les chemins de fer, les flottes de navires et les gouvernements devaient également tomber sous le contrôle de Standard.


Bakou. Bakou est une petite ville dont on ne parle ni dans nos livres d’histoire, ni aux bulletins de nouvelles. Malgré tout, au tournant du siècle, la moitié du pétrole de la planète était sorti de Bakou. Bakou sur la mer Caspienne. Tout près de l’Afghanistan. On y reviendra, évidemment. En 1880, un boom pétrolier se produit dans la région, sous l'impulsion des frère Nobel de Suède et des Rothschild de Paris. Standard a déjà investi massivement dans la Russie Tzariste. Rockefeller tentera par tous les moyens de stopper la production ou de s'en emparer. Nicolas II, rébarbatif et loyal envers les Nobel, fidèles serviteurs de pères en fils, refusera de céder. Les champs des Nobel et des Rothschild sont la cible d'attentats. La Turquie et la Russie entrent en guerre. Le Japon attaque la Russie. Au tournant du siècle, on fera payer les Tsars pour leur arrogance.

Bakou devient rapidement un des principaux objectifs stratégiques du 20e siècle. La Turquie tente de s’en emparer en 1914, trouvant sur son chemin l’armée Russe et l’Arménie. Dommage pour les Arméniens. Le Kaiser y rêve en 14-18. Hitler rate mystérieusement l'occasion de s'en emparer, alors qu'on la lui offre sur un plateau. Bakou ?! Les pétrolières américaines ont mis la main dessus dans l'effondrement soviétique. Bakou ?! Pour transporter ses ressources vers l'Asie, on doit traverser l'Afghanistan. Oui, l'Afghanistan.

De très intenses contacts reliaient l’élite de Wall Street à la Russie dès la fin du 19e siècle. En fait, Rockefeller et ses collègues n’allaient prendre aucun risque et s’assurer de financer et d’armer les deux côtés de la révolution Bolchévique. Quand la révolution Russe se stabilisera autour de Staline au début des années 20, celui-ci fera cadeau de Bakou à un collègue et partenaire d’affaire de Rockefeller, un certain Averell Harriman, dont une des banques, la Brown Brothers Harriman était présidée par Percy Rockefeller.

En 1902, on évalua que Rockefeller possédait à lui seul les deux tiers de la production mondiale de pétrole, 1/500 de toute la richesse états-unienne et 1/2000 de la richesse mondiale. La cyclopéenne Standard Oil, enfreignant notamment la loi anti-trust, fut démantelée en 1911 à la suite d’une série de poursuites fédérales. On la divisa en 34 parcelles dont les plus connues sont Conoco, Chevron, Esso, et Mobil. Rockefeller et sa famille conservent le contrôle effectif de chacune des parties de l'Empire, qui n'a simplement plus le droit de s'avouer amalgamé. Quant à la scène internationale, les lois anti-trust ne s'y appliquent pas. Standard va donc continuer comme si rien n'était arrivé, à la différence qu'aux États-Unis, elle devra maintenir une spectaculaire charade de compétition.




Célébrons maintenant, tel que promis, la partie plus discrète (disons plus spécifique) de l’amour de son prochain dont fit preuve monsieur Rockefeller. Il acheta par exemple une église à son pasteur Baptiste, un personnage du nom de Thomas Dixon qui se rendit célèbre en publiant une vingtaine de livres, odes au Ku Klux Klan, dont le plus connu restera The Clansman. Rockefeller finança en 1902 la création du Conseil Général de l’Éducation (General Education Board), qui pendant plus de quarante ans eut une très forte et controversée influence raciste sur les institutions scolaires américaines. Toujours en 1902, John D. Rockefeller et E.H. Harriman font don de 11 M$ au Cold Spring Harbor Laboratory. Cet institut, construit sur un terrain appartenant aux frères Dulles (John Foster et Allan), est le tout premier laboratoire d’études eugénistes. C’est de là qu’apparaîtront les toutes premières lois de l’hygiène raciale. Enthousiaste, Rockefeller créé ensuite en 1909 un laboratoire d’Eugénisme sur un lopin voisin appartenant à son ami Harriman. Puis, en 1910, il finance et organise l’Association pour la Recherche Eugénique. Et encore, la même année, l’Office des Données Eugéniques. C’est une passion !… En 1911, son ami et avocat John Foster Dulles résume ainsi la science eugéniste : « en éliminant les membres plus faibles de la population, une race plus pure pourra être créée »

C’est de ces instituts eugénistes américains que migreront les thèses de la pureté de la race qui donnèrent sa couleur si particulière au milieu du Mauvais siècle. En 1928, Rockefeller fonde en Allemagne l’Institut Kaiser Wilhelm d’Eugénisme, d’Anthropologie et d’étude de l’Hérédité Humaine. Parmi les sommités qui dirigeront les recherches de ce laboratoire, on retrouve les noms de Josef Mengele et Otmar Verschuer.



Percy Avery Rockefeller
Tout au long de l’admirable carrière de son frangin, Percy Rockefeller poursuivra une course parallèle. Il dirigera et possédera en partie les Anaconda Copper, Bethlehem Steel, Biltmore Hotels, Cuba Company, Chile Copper, Westen Union, Brown Brothers Harriman, Edison, et surtout, Remington Arms. Il vendra des armes aux deux côtés pendant la première guerre mondiale et fera partie des plus ardents faucons en faveur d'une intervention américaine, qui aura finalement lieu en 1917, équipée en grande partie par Remington, évidemment. Ensuite, en pleine dépression économique, c’est le petit Percy qui offrira 400 000 mitraillettes légères Remington aux Sturmabteilungs (SA), le bras armé du parti Nazi d’Adolf Hitler.



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Sources :
• Unauthorized Biography of George Bush ; par Webster Tarpley, 1991
• Press for Conversion! magazine, Issue # 53, "Facing the Corporate Roots of American Fascism," Mars 2004, publié par Coalition to Oppose the Arms Trade.
• Wikipedia
• The History of the Standard Oil Company ; par Ida Tarbell, 1904
• German Big Business and the Rise of Hitler ; par Henry Ashby Turner, Oxford Press, 1985,
• The Nazi Hydra in America ; par Glen Yeadon et John Hawkins, 2001-2004

lundi 9 avril 2007

dimanche 8 avril 2007

La doctrine fasciste : l'État totalitaire


Il y a des libertés : la liberté n'a jamais existé.

Le fascisme nie que le nombre, par le seul fait d'être nombre, puisse diriger les sociétés humaines : il nie que ce nombre puisse gouverner grâce à une consultation périodique. Il affirme l'inégalité ineffaçable, féconde, bienfaisante des hommes, qu'il n'est pas possible de niveler grâce à un fait mécanique et extérieur comme le suffrage universel.

On peut définir les régimes démocratiques comme ceux qui donnent au Peuple, de temps en temps, l'illusion de la souveraineté La souveraineté effective y repose sur d'autres forces parfois irresponsables et secrètes. La démocratie est un régime sans roi, mais qui le remplace par de nombreux rois, parfois plus exclusifs, plus tyranniques, plus ruineux qu'un roi-tyran .

Le fascisme repousse dans la démocratie l'absurde mensonge conventionnel de l'égalité politique, l'habitude de l'irresponsabilité collective, le mythe du bonheur et du progrès indéfinis. Mais, si la démocratie peut être comprise différemment, si elle signifie ne pas refouler le peuple en marge de l'État, le fascisme a pu être défini par celui qui écrit ces lignes comme une "démocratie organisée, centralisée, autoritaire ".

— Benito Mussolini ; La Doctrine du fascisme, 1930

jeudi 5 avril 2007

Arts canadiens

Allez donc faire un tour là-bas...
Et aidez-moi à faire monter dans le palmarès des activités nounounes celle-ci, très subversive :
Orgasmé pour la paix dans le monde

C'est-ti pas merveilleux ?!
Y a un Canadien qui se vante d'avoir eu une activité artistique : "went to car show".
Buenissimo.

À l'abordage, mes amis !
Faisons un peu de mal à tout ce bien !

Ça lui fera meilleur teint !


Love, suçons, roquettes,
É.

Le Mauvais Siècle 3 ; Samuel Colt et les armuriers


Les bonnes gens de ce monde sont bien loin d’être satisfaits les uns des autres et mes armes sont les meilleurs pacificateurs qui soient.
— Sam Colt, 1852

Sam Colt, était le Bill Gates du 19e siècle. Ce qu’il a inventé, en réalité, était surtout son propre mythe, son personnage. Samuel Colt est le prototype de l’inventeur du futur, celui du mauvais siècle, l’inventeur qui n’invente rien. Le créateur sans créativité, le démiurge qui bizarrement, mettra inversement au monde des machines de mort… Le créateur qui détruit !…

L’anecdote médiatique, mille fois reprise, donc plus vraie que le soleil au milieu du ciel, veut que Samuel Colt, au cours d’un voyage en bateau à vapeur, ait inventé le revolver. Il aurait observé longuement le mouvement de la roue à aube, ce qui lui aurait donné l’idée prodigieuse qui fera sa renommée.

En fait, ce voyage l’avait mené à Calcutta, en 1830. À cette époque, une arme faisait fureur chez les officiers britanniques en poste aux Indes, un pistolet anglais à répétition utilisant un système à barillet, INVENTÉ par Elisha Hayden Collier et breveté à Londres en… 1818 !… Son invention avait été inspirée par un prototype français plutôt commun dans les armureries royales de Louis XIII, datant du début du 17e siècle ! Qu’à cela ne tienne !… Hot damn, there’s top dollar to be made !… Le mythe de l’industriel génial se cherche des Mozarts et ce seront surtout des armuriers, les Colt, Remington, Winchester, et Gatling, que la deuxième moitié du siècle retiendra, peut-être parce que la capacité de donner la mort à grande échelle donne à l’homme un aspect quasi divin dans l’œil de cette petite conne qu’est l’Histoire.

Samuel Colt se faisait appeler Colonel, sans qu’on sache trop dans quelle armée il prétendait avoir servi. Son association avec Walker lui apporta la fortune et la gloire. Il cultiva soigneusement ses contacts dans les gouvernements par la suite et ne manqua jamais une occasion d’offrir à un être puissant un joli cadeau plaqué or (il dédia 2500 coffrets de son vivant). Colt arma les deux côtés durant la guerre de Crimée (Britanniques, Russes, Turcs). Il arma souvent les deux côtés au cours des innombrables guerres d’indépendance, d’unification, de succession, qui secouèrent l’Europe au cours de la deuxième moitié du 19e siècle (Italie, France, Prusse, Auriche, etc.). Il arma même les deux côtés durant les guerres d’extermination aborigènes. Tous les autres suivirent dans la même voie. Smith & Wesson équipa également Russes et Turcs (modèle Russian) durant la guerre de Crimée. Et Winchester arma les deux côtés durant la guerre des Boers. Remington ne fut pas en reste.

Un enfant attardé comprendra facilement l’intérêt des barons industriels de la nouvelle Armistocratie à ce que se multiplient les conflits. Étrangement, c’est exactement ce qui va se produire.

Ces hommes du futur avaient pigé que ce qui compte n’est jamais la réalité, mais ce qui en sera retenu par les blaireaux, et surtout, qu’au poker, pas besoin d’une bonne main, suffit d’avoir tous les joueurs dans sa manche sauf le poulet qu’on veut plumer. Jugez-en par cette anecdote :

Les ingénieurs brillants et innovateurs de Smith & Wesson furent abasourdis en 1870 de voir leur prototype futuriste refusé par l’armée américaine. Ils proposaient un pistolet à répétition révolutionaire, à cartouche métallique, à chargement par canon basculant articulé, à éjection automatique des douilles, montrant facilité d’emploi, durabilité, précision et puissance. Une pure merveille de machine à tuer. En fait, le type même de l’œuvre-revolver achevée, le vrai bon gun, tel qu’il existe encore aujourd’hui, près de 140 ans plus tard. L’armée US, pourtant, opta pour un absurde Remington à un coup, totalement désuet, et en commanda… 8 000 !… Comment ça s'épelle, bakshish ?

Tout compte fait, la véritable innovation de l’époque fût sans doute l’union de la corporation, de l’état et de l’armée. Les descendants des barons de l’Armériche allaient pousser l’idée à sa puissance maximale au cours du siècle suivant. Leurs vrais chefs-d’œuvre se préparaient déjà. Ils allaient donner sa véritable impulsion et surtout, son esthétique, à celui que j'appelle le mauvais siècle.








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Références :
Les Armes de la conquête de l’Ouest ; Michel Lespart
Wikipedia
SimonPure Produtions : COLT: LEGEND & LEGACY (http://www.simonpure.com/colt.htm)
Connecticut Heritage (http://www.ctheritage.org/encyclopedia/topicalsurveys/colt.htm)