Friedrich Nietzsche

L'État , c'est ainsi que s'appelle le plus froid des monstres froids et il ment froidement, et le mensonge que voici sort de sa bouche : « Moi, l'État, je suis le peuple. »

Maxime Gorki

Le mensonge est la religion des esclaves et des patrons

lundi 26 mars 2007

Le Mauvais Siècle 1
William Walker





William Walker, petit-fils du lieutenant Lipscomb Norvel, et cousin du Sénateur John Norvell, débute sa vie comme journaliste, mais se fait vite remarquer en 1854 en se lançant, à la tête d’une armée de mercenaires, à l’assaut des provinces mexicaines de Baja et Sonora. Il s’en proclame ensuite le président, jusqu’à ce que l’armée mexicaine le repousse en Californie.

Qu’à cela ne tienne, tentant de profiter de la guerre civile financée par l’angleterre au Nicaragua, notre héros s’embarque avec les hommes qui lui restent et part à l’assaut du pays d’amérique centrale, qui représente à l’époque la seule route reliant New York et San Francisco. Il sera financé dans son projet par Cornelius VanDerBilt, qui transportera ensuite gratuitement renforts et équipements. Le premier septembre 1855, son immense et glorieuse armée de 350 hommes s’empare du pays. Après quelques mois à jouer les montreurs de marionnette, il se déclare président de la République du Nicaragua.

Walker, un sérieux visionnaire pour l’époque, s’empresse de rétablir l’esclavage (interdit en 1824), de réduire toute dissidence et opposition à néant et de céder tous les droits nationaux possibles à ses copains de Wall Street. Il organise même une élection au cours de laquelle il n’affronte aucun autre candidat, qu’il remporte haut la main (« si la tendance se maintient… »).

Son destin bascule lorsqu’il trahit VanderBilt pour favoriser ses rivaux Garrison et Morgan, qui achètent sa loyauté contre des livraisons d’armes et d’or. Garrison et Morgan reçoivent une lettre de VanDerBilt : « Chers messieurs, vous avez entrepris de me flouer. Je ne vous poursuivrai pas, la justice est trop lente. Non, je vais vous ruiner. Bien à vous, Cornelius VanDerBilt »

Le puissant Cornelius réussit rapidement à écraser Walker en organisant une coalition des gouvernements voisins, qui resteront ensuite éternellement de fidèles et serviles polichinelles de Wall Street. Notre héros se réfugie encore impunément aux États-Unis. Cependant, au cours d’une ultime tentative de conquête, l’infatigable William Walker sera capturé par les Britanniques, livré au Honduras, puis exécuté.
Voilà au moins une histoire qui finit bien.



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Sources :
Les Armes de la Conquête de l’Ouest; Michel LesPart
Wikipedia : William_Walker_(soldier)
War in Nicaragua ; William Walker
Globalsecurity.org/military/ops/walker.htm


2 commentaires:

Anne Archet a dit…

1824, pas 1924.

Il ne faut pas oublier que Walker a été engagé par les libéraux de la ville de León pour les aider à évincer les conservateurs de la ville de Granada du pouvoir.

(Ce n'est pas dédouaner les bourreaux que de montrer la complicité habituelle de leurs victimes.)

& a dit…

Oaaaahhh ! Bénie soit cette coquille, qui me vaut mon tout premier commentaire de Dame Archet, dont j'admire la plume et que je lis boulimiquement.

Chère Anne :
Cette précision est effectivement totalement pertinente, surtout pour la suite, puisque d'un bout à l'autre de cette belle aventure techno-impérialiste, la même triste pièce va se rerererejouer ad nauseam.