Friedrich Nietzsche

L'État , c'est ainsi que s'appelle le plus froid des monstres froids et il ment froidement, et le mensonge que voici sort de sa bouche : « Moi, l'État, je suis le peuple. »

Maxime Gorki

Le mensonge est la religion des esclaves et des patrons

samedi 10 mars 2007

Mal-rêve



Alors, après tout ça, hébété, stupide de colère, je me suis endormi que vers les 4h.

En rêve, j'aspire une araignée.
Je me réveille assis dans mon lit, suffoquant. Un truc coincé juste à l'entrée de ma trachée, suspendu entre l'estomac et les bronches. Ça bascule d'un côté, je meurs à cours d'oxygène. De l'autre, ça se dissout dans mes acides gastriques. Une grande tristesse me submerge, la ferme impression de partir sans avoir terminé mes trucs.

Je me suis extirpé du lit. J'ai fait les trois pas qui me séparaient de ma chaise sur le plancher glacé. Et là, scillant, sifflant, je me suis forcé à tousser, je me suis râclé la gorge. Pendant de longues minutes, j'ai lutté contre l'asphyxie. J'avais parfois L'impression que la plume, le cil, ou le grain de poussière, bougeait. Je me suis assis à mon bureau, et bizarrement, tout en pleurant de rage, de désespoir et d'angoisse, j'ai relevé mes courriels. Je sais que ça parait impossible, mais c'est ce que j'ai fait.

Je suis ensuite allé, ô comble du ridicule, voir les stats de mes deux blogues. Soudain, je me suis senti partir !… Comme toute la pièce sombrait dans un nuage, une quinte de toux profonde et violente m'a strié les bronches. Une masse est remontée dans ma bouche. J'ai craché sur le papier hygiénique immaculé. Curiosité morbide ? J'ai regardé.

Je le jure sur tout ce qui m'est cher !
Dans ma main, sur la blancheur recyclée d'un papier cascade équitable, bio, nourri au grain… Parmi quelques matières jaunâtres, je vois trois pattes. Trois pattes articulées, reliées par un petit morceau d'abdomen. Je prends mes lunettes pour mieux voir. Incrédule, je pousse du bout du doigt. Je dégage le cadavre. Je le retourne. J'examine. Je pense à prendre une photo. Finalement, boaahff ! Coup de tête, je chiffonne le tout et je lance ça à la poubelle. Je me recouche.

Toute la journée d'aujourd'hui, j'ai recraché de petits morceaux de son corps. Le corps de cette sale petite bête qui a involontairement attenté à mes jours. Pas par méchanceté, pas par intérêt, simplement parce que je l'ai aspirée durant mon sommeil. Ensuite, dans le combat qui nous a opposés, la petite chose luttait pour sa vie, c'était sa nature, et je luttais pour la mienne. Tout en lisant mes courriels.
Elle se câlissait bien de la prétendue supériorité de mon espèce. Elle ne se rendait pas compte que pour elle, tout était scellé. Sucs gastriques ou ventricules des bronches, point de salut pour l'arachnide. À sa place, aurais-je la sagesse de baisser les bras ?! De me laisser glisser jusqu'au fond de la fournaise ?! Saurais-je reconnaître la sérénité qu'il y a à lâcher prise, quand de toute façon tout est perdu ?

Ou alors, au contraire, est-ce qu'à sa place je lutterai jusqu'à mes dernières forces, jusqu'au bout de la nuit, pas seulement parce que c'est ma nature, mais surtout, parce que c'est le fun en tabarnak !?

3 commentaires:

Mary-Céramike Placard a dit…

Le Crachoir d'araignées.

Ton histoire me fait un peu vomir, elle confirme l'espèce de statistique bizarre qui dit qu'on bouffe 3-4 araignées par années.

Esti que ça m'écoeure.

& a dit…

DE KESSÉ ?! TU ME NIAISE ?! C'EST QUOI CETTE HISTOIRE ?! Des acariens... Allons, MCP, dis que ce sont des Acariens, pas des... Araignées ! Yueuehhhhhrrghhgkkkg...

Ah. Bienvenue chez nous, pogne-toi une bouteille pis un cig en bas de la page. :O)

xx
É.

Anonyme a dit…

Monsieur, ce que bien égoïstement vous prenez pour une involontaire tentative d'assassinat, serait plutôt à mes yeux attentifs, un malheureux suicide.
Le taux de suicide chez les arachnides augmente tous les ans.