Friedrich Nietzsche

L'État , c'est ainsi que s'appelle le plus froid des monstres froids et il ment froidement, et le mensonge que voici sort de sa bouche : « Moi, l'État, je suis le peuple. »

Maxime Gorki

Le mensonge est la religion des esclaves et des patrons

vendredi 23 mars 2007

Bring it on fucker


Contrairement à certains estimés confrèresoeurs bloggineurnettes, je ne vous ferai pas souvent l'affront d'un titre en anglais. En fait, tout petit-fils de Liverpoolien que je sois, je tente de freiner autant que possible à l'écrit la facilité de la formule anglaise, you know, on the go, day to day, like it or not, take it or leave it, shape in or ship out. Aujourd'hui fait exception, parce que je ne m'adresse pas à vous, gentils lectrices-teurs habituelles-els. Non, je m'adresse aux truies. Aux porcs. À ceux qui ont la complaisance de sous-estimer la souffrance qui a fait de moi ce que je suis aujourd'hui, et qui, de ce douteux promontoire érigé d'ignorance, se berçent de la conviction qu'ils peuvent m'intimider.
Je ne parle pas ici des bourgeois qui ne conçoivent les luttes de classes que comme des inventions de pseudo-révolutionnaires. Je ne parle même pas des néo-inquisiteurs de pacotille qui se satisfont de la volupté suprême que leur procure le moindre verrouillage des possibilités de dissidence.

Non, mon titre s'adresse au petit club d'appenties-brutes qui menace aujourd'hui de... me faire bobo.
Si ultimement tout n'est question que de rapport de force, je vais me soumettre. Non pas me soumettre à votre règne, mais me soumettre à votre manière de lutter. J'ai appris dans ma chair, et c'est quand même pas par choix, comment gérer la rencontre importune d'une douzaine de ces petits chiens de poubelles. La fuite ne fonctionne pas. La discussion ne fonctionne pas.

Sous-entendue dans ces menaces, venant toujours (quand on résout l'équation) du même point bien précis de l'Imperium, se trouve inéluctablement l'holocauste, au demeurant nucléaire. Parce que ce sont eux qui ont the means, the will and the motive, parce que ce sont eux, promotionneurs de la Shoah, de la famine Ukrainienne, de l'abatoir asiatique, et plus récemment du massacre Rwando-Congolais, qui téléguident les coups ou les promesses de bastonnades, on doit se rouler en boule et se mettre à trembler.

J'ai fait ça, moi, me rouler en boule et me mettre à trembler, pleurnicheur, en imploreuse, hoquetante. Ensuite, invariable saynète, c'est l'eau sale, la boue, la salive, la pisse, les glaves, puis les coups de pied. Ils finissent par partir, puis c'est le silence, le silence autour, et les geignements qu'on ne peut s'empêcher de laisser fuser des tréfonds et qui consomment, couronnent, perfectionnent la totalitarité de l'humiliation. Naaan ! Je connais bien. J'ai assez joué dans cette pièce que j'ai appris comment en changer la fin. C'est trop tard pour moi, chers ennemis de toujours. Trop tard. Better get it through your thick fucking skulls.

Je termine (dans la langue du power) en entonnant avec un de ces sales juifs du Plateau que vous détestez tant :
Oh, the wind, the wind is blowing
through the graves the wind is blowing
freedom soon will come
then we'll come from the shadows



É.

Addendum du 25 mars : j'ai atteint des camarades avec ma giclée de rage fumante et ça me fait sentir assez poche. Swan (et d'autres dans son cas), de façon totalement fortuite. Dompierre, tout à fait injustement, à la suite d'une méprise. Souvent, j'englobe, j'amalgame, je mélange. Je fais mal aux gens pour rien, stupidement, par incompétence littéraire, par ivrognerie, et aussi, par médiocrité. Je demande pardon à toutes les personnes qui ont pu souffrir de mes propos. J'ai la conviction que nous vivons une période charnière de l'Histoire et je crois souvent ma sainte colère justifiée. Je souhaite sincèrement me tromper là-dessus comme je me suis trompé dans le reste.

19 commentaires:

Anonyme a dit…

Cool blog !!! I'm Max a 33 years old french canadian from Montreal . I invit you to my virtual irish pub (jukebox , arcade , drink recipes...)
So, see you there ! ,Max

http://McDuffPub.blogspot.com/

You can let me a comment in my guest book ...

& a dit…

Chouette, du spam comme premier comm de mon post anti-fasciste. Ce Monde m'épatera toujours.
La grèle sur les bannières de verre, on s'en souviendra de cette planète.

Doparano a dit…

Un petit bonjour de samedi ensoleillé non-agrémenté de menaces de points sur la gueule ou de jointures qui saignent ça te tentes tu plus??

Cependant je n'offre pas de drink recipes....

Got to talk to you 'bout something je te Email.

Basduck a dit…

Hey! je viens de commencer à lire Antarctique... c'est bon!! Pourquoi il y a un tigre pis un gamin sur la photo?

;-)
xx


P.S.: Je ne le finirai pas par contre; j'ai autres choses de plus "important" à lire; (Hermann Broch par exemple); mais je te promets d'y passer ma journée de demain.

& a dit…

Eh Bad !
Stie, man... Si y a un tigre et un gamin sur la couverture d'Antarctique, c'est sans doute la version de M'boula Djeebda Mousharif, un Antarctique qui se passe aux Indes, mais vu sous l'angle d'un Africain ayant servi sous San Martin dans la bataille de Lima.

Ou alors t'en as trouvé du crisse de bon, pis partage ek les chums, simonac. J'ai pas fumé depuis mille ans.

Pis sinon, ben... Si tu réussis à pas le finir, j'ai pas réussi à l'écrire.

swan_pr a dit…

j'ai de la misère avec ça, attribuer à une langue des... préjugés? (on se rapelle? écrire=dur, soyez indulgent, mon vocabulaire joue à la cachette) enfin. je comprend le point, l'expérience personelle, les douleurs, les vies dures, c'est une chose. et c'est un beau cri du coeur (et non pas un avis que le scribe est un tough qui en a vu d'autres, right?... non? oh. ok. un avertissement alors).

mais l'optique de la langue me gosse... est-ce que c'est propre aux bilingues, trilingues et plus? c'est vrai que l'anglais c'est facile, c'est trash, c'est right out of the oven. est-ce que ça diminue la qualité de ce qui est écrit? (et là j'insiste, je crois vraiment que cette façon de voir, seul quelqu'un qui parle plus d'une langue pourrait l'avoir). et le fait d'écrire en anglais sur un blog québécois est-il vraiment un affront? pouquoi?

remarque, je ne me sens pas visée personellement. mais tes propos soulèvent tout de même des questions chez moi. parce que mon premier amour, c'est les mots. et qu'ils soient en français ou en anglais ne m'obscure pas la vue (et si j'étais pas si paresseuse je m'empresserais d'apprendre l'espagnol, l'allemand et le fucking swahili tu vois, juste pour pouvoir entendre la musique et voir les mouvements, tout ces mots à découvrir, ces saveurs, ces parfums!).

est-ce ton cas, est-ce le cas des lecteurs francophones? est-ce que je devrais freiner mon inspiration ou le flux de mes idées dans le seul but de préservation, représentation de la langue? j'ai tu un devoir en tant que francophone, québécoise, de mettre en valeur ma langue maternelle au détriment de ce qui monte en moi et gueule pour être écrit?

je sais pas, je demande.

Basduck a dit…

Moi je seconde Swan dans son questionnement.

+ +

Si tu échoues tu seras pas le premier : Mélikah a échoué (deux fois), Sébastien Chabot (deux fois), Stéphane Dompierre (une fois), etc. etc.

Je te fais confiance en même temps je te mets pas la barre trop haute; tu es loin de Hermann Broch, tu sais; il est beaucoup plus beau.


Cela dit, moi non plus je n'ai pas fumé depuis longtemps; je dois justement voir Gueule d'ange (un ami plus ou moins blogueur, plus ou moins Crotté, qui laisse des commentaires ici et là) bientôt; va voir le lien..

Non non, la couverture que je décrivais c'était Life of Pi, je trouvais ça drôle et surtout de très bon goût comme blague; mais j'avoue qu'elle était facile et qu'il fallait le savoir; moi-même c'est tout ce que je sais de ce livre... (pourtant ce n'est pas faute de pression hein).

Ah et j'ai trouvé le rapprochement entre Antarctique et Afganistan super si tu veux tout savoir.

+ +

tiens, je vais te lancer une fleur moi aussi : hier je suis allé aux Deux Pierrots avec Marine (Marie, Marie-Christine) et j'y ai dit :

«tu vois, le gars là, sur scène, (il y avait un chansonnier), me fait penser à McComber; m'est avis que l'air de rien c'est le type le plus intelligent dans place (excepté toi et moi bien sûr); beaucoup plus que son public.»


voilà, figure mythique.

Salut!

xx
Bastien

& a dit…

Swan :

Hum... Heureux que tu prennes le temps de me faire part de ça. Tu me fais voir que je me suis mal fait comprendre.

I got absofuckinglutely nothin' gainst english, hon. Eh eh. Je lis beaucoup plus en anglais qu'en français, à un ratio de 10 pour 1 (j'ai même comme un potiron mou lu mon premier Simenon en anglais !). Je pense en anglais presque tout le temps, sur les 40 000 chansons qui traînent chez nous, le français arrive tout juste après le portuguais, donc loin derrière l'espagnol et surtout, l'angliche , bon premier !… Qu'on comprenne bien que je l'adore, cette langue. En fait, j'ai même jamais songé à toi en critiquant ce phénom. Mais tu vois, poster en anglais, c'est une chose. Publier en anglais, bon sang, ça me décoiffe pas le mont-de-mars pantoute. On the contrary! Ce qui me met des cailloux dans les souliers, c'est la petite dérive délétère qui amène les branchés à formuler tout le temps des trucs en anglais qui sont si faciles à exprimer en français, comme dans le cas de ce monumental crétin de Patrick Lagaçé qui ne peut s'empêcher de tousser des petits one-liners that kill, you know, that's it, en plein milieu de ses triviales truanderies en français, for the heck of it, fuck the rest and smell the coffee.

Je songeais aussi à ces innombrables-blogues-blagues-blancs dont les titres sont presque systématiquement en anglais, tu sais, ou en anglais-joke, « Ze titre of ze post ». À croire que c'est moins valide, que c'est moins percutant si y a pas une bonne dose d'anglichisme à la couille dans le procédé narratif. Ça me navre. Hope we grok.

C'est très personnel, comme truc. Justement parce que ma première pensée est souvent articulée en anglais, surtout dans un contexte d'oralité. C'est une superposition de l'usage dans mon environnement (no use in denying it), mais aussi de ma propre culture et de mes antécédents familiaux. Mon grand-papa n'a à peu près jamais prononcé un mot de français dans toute sa vie. Il se forçait, plein de bonne volonté, mais bon… C'était une autre époque. Bref, quand les correctrices de Triptyque ont eu mon livre entre les mains, elle s'arrachaient les poils de noune devant la forteresse de tous mes emprunts spontanés, machinaux, gauches.
Donc j'ai appris à me méfier un ti-peu de l'apparition fortuite ou involontaire de termes, locutions, expressions anglaises ou américaines dans mon écriture.
Truc marrant, j'ai commis un roman en anglais (presque unanimement proclamé merdique par un cercle d'amis cruels et sans pitié) et un des commentaires qui revenait le plus m'insérer des cure-oreilles dans le yau-de-poêle, c'était que ceci et celà n'était pas de l'anglais, mais des calques du français. C'est donc dire que mes deux langues se sont pourries l'une l'autre. Whatcha gonna do?! Ceci dit, je comprends que dans le monde trépidant de l'informe-trique, pour chaque "courriel" qu'on s'invente, il apparaît trois ou quatre "wannabe", "post", ou "killer app".

Et puis toi, ben, dis-donc, j'ai toujours cru que t'étais anglo, ou très mixmatch, je voyais bien de légers francicismes low brow dans tes textes, mais ma pote Brit qui n'est ici que depuis 6 ans fait la même chose off the cuff à peu près sciemment on purpose. Enfin. C'est autre chose. I mean, da world is our freakin' oyster, right?! Seize the day. Let's go. Genre.

Je posterai peut-être un jour en anglais, mais bizarrement, j'aurais sans doute le réflexe de faire un autre site complètement... euh... Séparé. Ou du moins, souverain.

Su amigo siempre,
Besos,
É.

Doparano a dit…

Moi je me force à écrire mes trucs plates en Français alors que y,a des maudits bons bouts que je dois traduire avant même de les tapper parce qu'ils m'arrivent en anglais dans la tête. Comme si j'Étais possédée par les deux langues et qu'elles s'entrechoquaient à la sortie.

swan_pr a dit…

euh... Do... pourquoi te forcer à écrire des trucs plates? je ne comprend pas.

Éric, je pense que tu mélanges un peu les choses là. je (parlant pour moi seule ok?) ne me suis pas sentie atteinte. j'avais quelques questions, réflexions à propos de la langue c'est tout. ta réponse à mon comm clarifie bien ce que tu voulais dire par l'usage de l'anglais dans les blogues et je suis plutôt d'accord avec toi. et je crois que ceux et celles qui se sont sentis atteints par ce que tu as écrit vont bien comprendre s'ils se donnent la peine de lire ta réponse. t'as pas à te sentir poche.

pour le reste de ton mea culpa par contre, y a que toi qui sait s'il est justifié ou non.

Ed.Hardcore a dit…

Iiiish ! J'ai pas juste écrit des titres de blogues en anglais, j'ai shooté un film au grand complet.

Justement, je m'attendais à me faire chauffer les oreilles par toi, É avec mon teaser (mon allumeur).

& a dit…

Non, non, non, Ed.
En plus, là... Cette note ne parle pas de ça, mais de ces marioles de La Force qui viennent nous menacer dans le dernier média qu'y contrôlent pas encore totalement. Cette histoire d'anglouillerie, c'est périphérique. J'ai fait le choix d'écrire en français. Pour le moment c'est le cas. Qui sait, si je retravaille six mois, mon livre en anglais verra peut-être le jour ! J'ai écrit 600 tounes en anglais. J'aime l'anglais ! Au secours !

J'aurais pas engueulé Kerouac en lui reprochant d'avoir écrit en anglais. C'est juste à l'intérieur d'un texte... Des expressions complètes, anglaises, quand des meilleures sont là dans notre langue. That's it that's all. Damnit. You know.

D'ailleurs, je suis adepte de l'oralité, et des fusions, je trouve rigolo de checker mon mail, même si quelque part, j'ai été content un jour de me mettre à relever mes courriels.

Peut-être aussi ais-je été échaudé par le temps que j'ai vécu à Paris à l'époque de la cyberbulle, alors qu'on n'arrivait pas à sauvegarder nos plans d'affaires, nos réunions, nos planifications, qui devenaient des biznessplans, mitinges, plannignes, sous peine de pendaisons à l'aube « le franssébizness, ça fait pas chiadé, ça raye pas les parquets, virez-moi tout ça ! »...

Ahhh... Plus je tire sur cette charette pour la sortir de la boue, plus elle s'enfonce ! @#$**#&$
Je vais essayer avec une autre carabine, voir.

J'aime tout le monde*.
Vive tout !
Allez, les Habs !

xx
É.



*Sauf les fascistes, vraiment, non. Pas eux.

Ed.Hardcore a dit…

Tu m'as pas fait souffrir (réf. à ton addendum), t'inquiètes.

Je te le dis : faut vraiment aller se descendre une coup'de pintes ensemble. T'as beau être grognon sur tes notes, avoir le jpg du profil Blogger des plus destroy, chuis certain que t'es charmant.
Tiens ! Le vingt-neuf, ça te dit pas le lancement de L'Ascaris ? Hehe.

Mistral a dit…

Cool, anyway, de constater comment les commentaires bien utilisés peuvent contribuer à cristalliser notre pensée. Raison de plus pour tout garder.

Eu égard à cette idée loufoque de quelqu'un fantasmant de s'en prendre à toi, je confesse que ça m'inquiète. Faudrait qu'il soit fou à attacher, donc acquitté d'avance. Une bonne chance qu'il y a la justice Liverpool style.

Mistral a dit…

Ton addendum, oui, à propos. Never complain, never explain, disent les gens de pouvoir, mais c'est dur quand on est tendre, pacifique et foncièrement aimant. Ce qui est beau, et là je vais me moquer un peu en traduisant l'intraduisible, c'est que tu mets ton argent où est ta bouche: plutôt que supprimer un post, tu y ajoutes. Ta conscience dicte ton geste, pas l'inverse, et puisque ton geste, c'est la parole, sois béni cent fois de plus, débardeur de mon coeur.

Basduck a dit…

(Antarctique : c'est pas mal mais si c'était pas que je faisais les éléctions demain, je le finirais certainement pas.

C'est un travail honnête, c'est loin d'être mauvais, mais ça ne soutient pas de thèse (ni d'histoire, pas d'intrigue)

alors tu peux bien pas le lire et ça change rien

m'est avis

mais c'est sûr qu'il y a des qualités littéraires

je t'en reparle demain

xx
bastien)

& a dit…

Mist ! Eh eh eh... Je regrette vraiment, maintenant, de ne pas être invité à ce salon de Québec, ils auraient pas eu à descendre la 20, si ces petits croutons sont bel et bien de Lévis. Ils auraient pu venir me casser les doigts en personne. Et je suis persuadé qu'ils y seraient parvenus. À coups de fronts, de cages thoraciques, d'arcades et de dents. Je souffle en pleurant sur ces mains qui me donnent parfois des chauchemars, rien que d'y penser, aux deux douleurs, celle bien physique (je suis douillet) et celle de savoir qu'on est pas grand'chose d'autre, finalement, qu'un singe.

Claude a dit…

Ou la ou la ou la ça décape comme quand on se réveille d'un sommeil chimique ce blog. J'adooooooooooore. Je suis tombée dessus parce que tu as laissé un commentaire sur le mien. Je mets le lien de ton blog dans mes favoris, avec une note pour mettre en garde les daltoniens et faibles de la rétine.. Putain c'est sur à lire comme ça sur fond noir

http://cecinestpasunepipe.blogspot.com/

& a dit…

Bienvenue ici, Claude.
Je suis en train d'aspirer votre blogue rapidement. L'art et l'art sont inséparables.